Refus d'obtempérer à Perpignan : cinq policiers blessés, le chauffard a pris la fuite

Un automobiliste contrôlé pour usage du téléphone au volant a pris la fuite ce dimanche 9 août à Perpignan (Pyrénées-Orientales), déclenchant une longue course-poursuite qui s'est achevée par une violente collision avec un véhicule de police. Le conducteur a disparu à pied dans les champs.
Refus d'obtempérer à Perpignan : cinq policiers blessés, le chauffard a pris la fuite
Le véhicule de police a été très endommagé. (image Alliance Police Nationale 66)
Par Actu17
Le dimanche 9 août 2026 à 19:28

Cinq policiers ont été blessés et hospitalisés à Perpignan (Pyrénées-Orientales), ce dimanche 9 août vers midi, à la suite d'un refus d'obtempérer sur la voie rapide RD 900. L'automobiliste, dont les fonctionnaires tentaient le contrôle pour un usage du téléphone au volant, a freiné brutalement en pleine chaussée, provoquant une collision avec un véhicule de police, avant de prendre la fuite à pied à travers champs. Il est toujours activement recherché.

Tout commence au niveau du parc des expositions de Perpignan. Les policiers repèrent un conducteur en train d'utiliser son téléphone au volant et tentent de l'intercepter. L'homme refuse de se soumettre au contrôle et démarre en trombe en direction de la RD 900, un axe très fréquenté.

Un demi-tour et plus d'un kilomètre à contresens

Le fuyard remonte la voie rapide en direction du péage Nord. Arrivé à hauteur de Rivesaltes, il amorce une sortie avant de rebrousser chemin sur la voie rapide. Il remonte ensuite la bande d'arrêt d'urgence sur plus d'un kilomètre, face à la circulation, puis emprunte la sortie de Rivesaltes, là encore dans le mauvais sens.

Au rond-point, un second équipage, prévenu dès le début de la course-poursuite, l'attend avec une herse de type stop stick. Le dispositif fonctionne : les pneus se dégonflent progressivement, un procédé conçu pour immobiliser un véhicule sans mettre en danger ses occupants. Mais le conducteur poursuit sa fuite. Sa trajectoire se prolonge par la départementale 12, qui passe sous la RD 900, avant l'avenue des Hourtoulanes. Quelques centaines de mètres plus loin, il freine brutalement au milieu de la route. La voiture de police le percute.

"C'est en pilant qu'il a causé l'accident. Il a pris vraiment des risques inconsidérés", explique à France 3Marc Dufresne, représentant du syndicat Alliance Police Nationale. Dans un communiqué publié sur Facebook, le bureau départemental du syndicat évoque de son côté un conducteur qui aurait percuté "délibérément plusieurs véhicules de police, notamment ceux de la Section d'intervention et des équipages de Police-Secours".

Encore commotionnés, les fonctionnaires assistent impuissants à la suite : le conducteur s'extrait de l'habitacle, franchit à pied les deux fois deux voies de la RD 900 et se volatilise dans les champs, côté ouest. Reste sur place sa voiture. Les enquêteurs comptent remonter jusqu'à son propriétaire pour établir qui se trouvait au volant.

Cinq fonctionnaires hospitalisés

Les cinq policiers ont été transportés au centre hospitalier de Perpignan. Leurs jours ne sont pas en danger, mais les blessures sont sérieuses. "Ils sont sur brancards, avec des minerves. Il y en a un qui, je pense, a une clavicule cassée", a détaillé Marc Dufresne, qui a pu rendre visite à ses collègues. Certains porteraient également des traces de brûlures provoquées par le déclenchement des airbags.

Le bureau départemental d'Alliance indiqué s'être rendu sur place pour apporter son soutien aux blessés. "Au-delà des dégâts matériels, c'est surtout la vie de nos collègues qui aurait pu être dramatiquement mise en danger", écrit le syndicat, qui espère que "le ou les responsables seront rapidement interpellés et que la justice saura se montrer à la hauteur de la gravité des faits".

Contacté, le parquet de Perpignan n'avait pas répondu à notre sollicitation dimanche en fin de journée.

Le phénomène est loin d'être marginal dans ce département : environ 375 refus d'obtempérer y sont recensés chaque année dans les Pyrénées-Orientales depuis 2020, soit plus d'un par jour, rappellent nos confrères d'Ici Roussillon.