Le lundi 1 juin 2026 à 10:33
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a fait état de plus de 890 interpellations en France lors des célébrations du sacre du Paris Saint-Germain en Ligue des champions, dans la nuit de samedi à dimanche. Invité de France Inter ce lundi 1er juin, il a précisé que ce chiffre était "en hausse de plus de 45%" par rapport à 2025, et que 178 policiers et gendarmes ont été blessés au cours des interventions.
Face aux débordements et aux violences, le ministre a réfuté avec vigueur être "dans le déni". "Moi, je suis ministre de l'intérieur, je suis à la tête de services qui assurent le maintien de l'ordre, qui sont là pour mettre un terme à des exactions, et c'est ce qui a été fait systématiquement", a-t-il déclaré, avant d'ajouter : "Et s'il y a autant d'interpellations, c'est que ce travail a été évidemment bien fait."
Un dispositif «exceptionnel» déployé en amont
Laurent Nuñez a fait valoir qu'un dispositif important avait été anticipé avant l'événement. "Nous savions que cet évènement donnerait lieu à des débordements, nous avions mis en place un dispositif exceptionnel avec des consignes d'extrême fermeté. Systématiquement, il y a eu des interventions pour mettre un terme à ces exactions", a-t-il insisté.
Le ministre a souligné que les forces de l'ordre ont été "soumises à des agressions systématiques, jets de projectiles, tirs de mortier qui ont explosé". À ses yeux, la question qui se pose est celle de savoir "pourquoi des jeunes qui sont des voyous, qui sont des jeunes casseurs, qui ont des comportements inadmissibles, profitent des célébrations, des victoires du Paris Saint-Germain, mais pas que", car "ça peut se produire parfois en marge de la Fête de la musique".
Le ministre pointe les «causes profondes»
Interrogé sur le caractère "inéluctable" de tels débordements, Laurent Nuñez a répondu : "Il n'y a rien d'inéluctable."Il a toutefois reconnu la difficulté de la tâche : "C'est une mission complexe avec des groupes hostiles et très mobiles qui profitent de ces moments festifs pour casser et piller. Les dispositifs policiers visent à les prévenir. Ils ont fonctionné globalement même si je déplore des pillages."
Le ministre a estimé que ce n'était "pas la robustesse du dispositif policier qui devait être interrogée" mais plutôt "les causes profondes" de ce phénomène. "Les causes profondes sont que, profitant de ces moments festifs, vous avez un certain nombre de personnes qui viennent pour casser, pour piller, et ça, c'est une réalité", a-t-il développé.
De nombreux commerces ont été pillés, le périphérique parisien a été envahi et des violences ont éclaté dans plusieurs rues. À Paris, 260 gardes à vue étaient encore en cours ce lundi matin, principalement pour des violences sur des personnes dépositaires de l'autorité publique, des vols et dégradations, ainsi que des regroupements en vue de commettre des infractions.