Donald Trump annonce un blocus naval du détroit d'Ormuz après l'échec des négociations avec l'Iran

Après l'échec des pourparlers avec l'Iran à Islamabad, le président américain a ordonné à la marine de bloquer le détroit d'Ormuz et d'intercepter tout navire ayant payé un péage à Téhéran.
Donald Trump annonce un blocus naval du détroit d'Ormuz après l'échec des négociations avec l'Iran
Donald Trump à la Maison Blanche, le 30 janvier 2025. (Joshua Sukoff / Shutterstock)
Par La Rédaction
Le dimanche 12 avril 2026 à 15:34

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche la mise en place d'un blocus naval du détroit d'Ormuz par la marine américaine, avec effet immédiat. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, il a également ordonné l'interception de tout navire ayant payé un péage à l'Iran pour traverser cette voie maritime stratégique. Cette annonce intervient après l'échec des négociations de paix entre les États-Unis et l'Iran à Islamabad, au Pakistan.

"Avec effet immédiat, la marine américaine, la meilleure du monde, entamera le processus de blocus de tous les navires tentant d'entrer ou de sortir du détroit d'Ormuz", a assuré Donald Trump. Le président américain a ajouté avoir "donné pour instruction à notre marine de rechercher et d'intercepter tout navire se trouvant dans les eaux internationales et ayant payé un péage à l'Iran. Nul ne pourra naviguer en toute sécurité en haute mer après avoir payé un péage illégal".

Le locataire de la Maison-Blanche s'oppose fermement au système de péage instauré par Téhéran au niveau de l'île de Larak, surnommée "le péage de Téhéran", qui impose un droit de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit. Environ 20% du pétrole mondial transitait par cette voie maritime avant le début du conflit, le 28 février dernier.

Deux destroyers américains ont déjà franchi le détroit

Dès samedi, deux destroyers lance-missiles de l'US Navy, l'USS Frank E. Peterson et l'USS Michael Murphy, avaient franchi le détroit d'Ormuz dans le cadre d'une opération préparatoire au déminage, selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM). "On balaye le détroit", avait alors déclaré Donald Trump. Un haut responsable militaire iranien, cité par la télévision d'État, a cependant démenti ces informations. Les Gardiens de la révolution ont quant à eux averti dimanche qu'ils agiraient avec "sévérité" contre les navires militaires transitant par le détroit.

L'annonce du blocus est intervenue dans la foulée de l'échec des pourparlers d'Islamabad. Après vingt et une heures de négociations marathon, les États-Unis et l'Iran ne sont pas parvenus à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. "Nous rentrons aux États-Unis sans être parvenus à un accord", a déclaré le vice-président américain JD Vance lors d'une brève conférence de presse. "Je pense que c'est une mauvaise nouvelle pour l'Iran bien plus que ce ne l'est pour les États-Unis", a-t-il estimé avant de quitter le Pakistan. La délégation américaine, composée de JD Vance, de l'émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre du président, faisait face à une imposante délégation iranienne d'environ 70 personnes, conduite par le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Ces pourparlers, menés sous médiation pakistanaise, constituaient le premier contact direct à ce niveau entre les deux pays depuis la Révolution islamique de 1979.

«L'Iran n'aura jamais d'arme nucléaire !»

Le programme nucléaire iranien s'est imposé comme le point de rupture central. JD Vance a déploré l'absence de "promesse ferme" de Téhéran pour un abandon de son programme d'armement nucléaire. Sur Truth Social, Donald Trump avait été plus catégorique, affirmant que l'Iran "refuse d'abandonner ses ambitions nucléaires" et martelant : "L'IRAN N'AURA JAMAIS D'ARME NUCLÉAIRE !". De son côté, Téhéran a rejeté la responsabilité de l'échec sur les "demandes déraisonnables" des États-Unis. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, a évoqué "une atmosphère de suspicion et de méfiance", précisant que "de nouveaux sujets ont été ajoutés, notamment la question du détroit d'Ormuz et les dossiers régionaux".

Le cessez-le-feu de deux semaines, entré en vigueur le 8 avril, doit expirer le 22 avril. Ni Washington ni Téhéran ne se sont prononcés sur son maintien. Le Pakistan a exhorté les deux parties à continuer de respecter la trêve et a promis de poursuivre son rôle de médiateur. Côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a laissé la porte ouverte à une reprise des discussions. Reste à savoir si l'annonce du blocus naval par Donald Trump ne viendra pas compromettre ce fragile équilibre.