Le dimanche 12 avril 2026 à 16:05
Calyopé, une fillette de 6 ans enlevée en avril 2025 par sa mère et sa grand-mère maternelle dans le département de la Somme, a été retrouvée le 31 mars dernier par la police catalane sur une plage de Lloret de Mar, près de Barcelone, en Espagne. Les deux femmes, qui faisaient l'objet de mandats d'arrêt européens pour soustraction de mineur, ont été interpellées. L'enfant, qui n'avait pas été scolarisée depuis un an, vivait dans des conditions très précaires.
Les faits sont liés au divorce des parents de Calyopé. La justice française a retiré la garde de l'enfant à sa mère, qui a enfreint à plusieurs reprises les décisions de justice et empêché sa fille de maintenir le contact avec son père en ne respectant pas le droit de visite. Face à cette situation, un juge a ordonné le placement de la fillette auprès des services sociaux. La mère a alors exprimé son intention de quitter le pays si la garde lui était retirée.
Le 8 avril 2025, alors qu'elle devait se rendre à un rendez-vous avec les services sociaux en vue du placement de sa fille, la mère a pris la fuite avec Calyopé et la grand-mère maternelle de l'enfant. Leur itinéraire a rapidement été établi : un départ de Péronne (Somme), puis des passages par Montluçon (Allier), Rodez (Aveyron) et Perpignan (Pyrénées-Orientales), avant de franchir la frontière espagnole via La Jonquera. Selon El Periódico, elles ont passé une nuit dans un hôtel de cette ville frontalière, puis les deux femmes se sont débarrassées de leur véhicule, une Audi A4, pour ne pas laisser de traces. Elles ne donnaient jamais leur véritable identité aux personnes qu'elles côtoyaient en Catalogne.
«Elle n'était pas en danger physique» mais «en danger moral»
Le père de Calyopé a signalé la disparition de sa fille, ce qui a entraîné l'émission de deux mandats d'arrêt européens à l'encontre de la mère et de la grand-mère. Aucune alerte enlèvement n'a cependant été déclenchée. Interrogée par M6 en 2025, l'avocate du père, Me Dorothée Delvallez, a expliqué que plusieurs magistrats avaient estimé que l'enfant "n'était pas en danger physique" mais "qu'elle était en danger moral. Et je pense que c'est ce qui fait que, dans cette affaire, il n'y a pas d'alerte enlèvement".
Après La Jonquera, la trace des trois fugitives a été perdue pendant près d'un an. Fin mars 2026, des connaissances les ont aperçues à Blanes, une commune voisine de Lloret de Mar sur la Costa Brava, selon El Periódico. Les Mossos d'Esquadra, la police catalane, ont alors intensifié leurs recherches et leurs contacts avec la Gendarmerie française. Les enquêteurs ont d'abord vérifié si l'enfant était scolarisée dans la zone, puis, constatant que ce n'était pas le cas, ont élargi les recherches aux localités environnantes. Le 31 mars, les agents ont repéré la mère, la grand-mère et l'enfant sur la plage de Fenals, à Lloret de Mar, alors qu'elles revenaient de faire des courses.
«Sans électricité ni eau courante»
Les forces de l'ordre ont constaté que les trois vivaient au rez-de-chaussée d'une maison occupée, dans des conditions très précaires, "sans électricité ni eau courante", selon le communiqué de la police catalane, qui évoque "une situation à risque pour la mineure". La fillette n'a pas été scolarisée depuis son enlèvement en France, "ce qui aggravait sa situation de vulnérabilité".
À l'issue de l'opération, Calyopé a été placée sous la tutelle de la Direction générale de la prévention et de la protection de l'enfance et de l'adolescence (DGPPI) en Espagne, le temps d'organiser son transfert. L'enfant a ensuite été remise aux services sociaux français, qui disposent de sa garde par décision de justice. Selon El Periódico, la mère et la grand-mère ont été présentées à l'Audiencia Nacional, la juridiction espagnole compétente pour les mandats internationaux, mais ont été laissées en liberté. Elles sont poursuivies pour soustraction de mineur et la procédure judiciaire se poursuivra en France. Calyopé doit désormais reprendre contact avec son père.