Le samedi 6 juin 2026 à 12:23
Les gendarmes ont mis un coup d'arrêt à un vaste réseau de piratage de chaînes de télévision payantes, lors d'une opération menée le mardi 2 juin. Onze personnes ont été interpellées, huit en France et trois en Belgique. L'enquête a été menée par l'unité nationale cyber de la gendarmerie (UNCyber), sous la direction de la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris. Le bénéfice réalisé par les malfaiteurs a été évalué à plus de 12 millions d'euros.
Les mis en cause commercialisaient une solution illégale baptisée "Noos +". Moyennant un abonnement, ses utilisateurs pouvaient regarder de nombreuses chaînes payantes et profiter d'un service de vidéo à la demande (VOD). Le tout pour un "abonnement annuel entre 50 et 100 euros", quand un abonnement classique au bouquet Canal+ peut dépasser les 110 euros mensuels. La solution est désormais inopérante.
Vingt serveurs et près de 1,4 million d'euros saisis
Lors de cette opération, les enquêteurs ont saisi "vingt serveurs hébergeant la solution à travers la France et en Europe". "Certains de ces serveurs étaient entreposés directement chez les mis en cause", a précisé la gendarmerie.
Les enquêteurs ont par ailleurs mis la main sur "des cryptomonnaies à hauteur de 750.000 euros, des saisies bancaires à hauteur de 380.000 euros, du numéraire à hauteur de 104.000 euros et de biens mobiliers à hauteur de 150.000 euros (voitures, sacs et objets de luxe, matériels informatiques) pour un total de presque 1,4 million d'euros". Le bénéfice du réseau criminel a été évalué à "plus de 12 millions d'euros sur les cinq dernières années".
Une plainte de Canal+ à l'origine de l'enquête
Tout est parti d'une plainte de Canal+ en juin 2024. Le groupe avait constaté que cette plateforme donnait illégalement accès à des chaînes cryptées, dont les siennes.
Dans son communiqué, la gendarmerie a rappelé que "le piratage de contenus audiovisuels à grande échelle conduit à la fragilisation économique des secteurs culturels et sportifs, avec un préjudice annuel de l'ordre de 1,5 milliard d'euros pour la France, et de 400 millions d'euros en termes de recettes publiques non perçues". "Il impacte au premier chef les acteurs les plus fragiles, et nuit fortement à la diversité de la création et à l'équilibre des compétitions sportives", a-t-elle ajouté.