Meurtre d'une femme de 86 ans au Grau-du-Roi : le suspect de 15 ans mis en examen pour assassinat et écroué

Le collégien de 15 ans suspecté du meurtre d'une femme de 86 ans au Grau-du-Roi (Gard) a été mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire, ce jeudi 18 juin. Passé aux aveux, il aurait agi avec préméditation.
Meurtre d'une femme de 86 ans au Grau-du-Roi : le suspect de 15 ans mis en examen pour assassinat et écroué
Illustration. (Victor Velter / Shutterstock)
Par La Rédaction
Le jeudi 18 juin 2026 à 19:48

Mis en cause dans la mort d'une femme de 86 ans au Grau-du-Roi (Gard), un adolescent de 15 ans a été mis en examen pour assassinat ce jeudi 18 juin avant d'être placé en détention provisoire, a annoncé la procureure de la République de Nîmes, Cécile Gensac. Le mineur, qui est passible de 20 ans de réclusion, est passé aux aveux dès les premières heures de sa garde à vue, affirmant avoir tué l'octogénaire à l'aide d'une perceuse.

Au cours de ses auditions, l'adolescent a également précisé aux enquêteurs où se trouvait l'arme. Il a "indiqué le lieu où il a laissé l'arme du crime à l'issue de son acte", a déclaré Cécile Gensac. Sans confirmer l'usage qui en a été fait, la procureure a précisé que la victime est décédée des suites d'une "perforation mortelle" au niveau du cou.

Un crime prémédité, avec gants et masque chirurgical

D'après ses propres déclarations, le mineur ne connaissait pas l'octogénaire et aurait planifié son geste plus tôt dans la journée. Il aurait d'abord dissimulé l'arme dans un buisson, avant de revenir la chercher. Au moment de passer à l'acte, il se serait équipé de gants et d'un masque chirurgical pour ne pas être reconnu, et aurait attaqué la victime dans le dos. Le suspect a déclaré lors de sa garde à vue avoir "saisi la victime par l'arrière, lui avoir asséné des coups d'une perceuse, puis des coups de pied et de poing, avant de l’étrangler", a précisé la magistrate, ajoutant que l'adolescent, qui traversait une crise familiale, n'avait aucun lien avec la victime, "choisie au hasard".

Le corps de l'octogénaire a été découvert le jeudi 11 juin, vers 19h30, à proximité d'un étang et d'un camping de cette commune de la Camargue gardoise. La victime, qui avait l'habitude de séjourner chaque année dans un camping proche de la plage de l'Espiguette, a été agressée alors qu'elle se trouvait sur une promenade, près de l'étang de Salonique, selon une source proche de l'enquête. Les gendarmes de la section de recherche (SR) du Gard et de la compagnie de Vauvert, saisis de l'enquête, ont pu remonter jusqu'au suspect à partir de plusieurs témoignages le décrivant en train de fuir et des images des caméras de surveillance installées dans la commune. Le mineur a été interpellé ce mardi 16 juin. Une autopsie a été pratiquée au CHU de Nîmes.

Un «besoin viscéral de faire mal»

Scolarisé en classe de troisième à l'Institut catholique Emmanuel d'Alzon, au Grau-du-Roi, l'adolescent assistait encore aux cours le jour même des faits. Jamais signalé jusque-là aux forces de l'ordre, il a été décrit par Cécile Gensac comme un "bon élève", un "garçon sans histoire", entouré de "plusieurs copains".

Seul enfant né de la troisième union de son père, le mineur évoluait dans une famille qui "traverse des tensions depuis le début de l'année", des tensions "dont il a été tenu à l'écart", a souligné la magistrate. Interrogé sur ses motivations, il a évoqué un "besoin viscéral de faire mal". À ce stade, aucun élément ne permet d'expliquer son passage à l'acte.

Alertés par son mal-être, ses proches auraient tenté, sans succès, de lui faire consulter un spécialiste. Faute d'expert psychiatre ou psychologue mobilisable à ce stade, son profil psychologique n'a pas encore pu être évalué. "Les actes en cours doivent permettre de cerner le contexte et les causes de commission des faits", a indiqué Cécile Gensac, qui a annoncé que "des informations complémentaires seront données ultérieurement".