Le samedi 10 octobre 2026 à 14:17
Près de huit Français sur dix ont des données personnelles proposées à la vente sur le darknet, à la suite de piratages. Le général André Petillot, major général de la gendarmerie, a avancé ce chiffre jeudi 8 octobre lors des Rencontres stratégiques de la Méditerranée, un événement de la fondation FMES qui se tenait à Toulon (Var). "À peu près 80 % des Français ont leurs données en vente sur le darknet à des niveaux plus ou moins importants", a-t-il déclaré, rapporte l'Agence France-Presse.
La quantité d'informations accessibles varie selon les personnes, mais certains profils sont entièrement exposés. "Il y a des gens pour lesquels il y a tout, l'adresse, téléphone, adresse mail, données de santé, etc.", a précisé le haut gradé. Une fois revendues, ces données alimentent de nombreuses fraudes, notamment "des faux dossiers de prêts, des escroqueries de toute nature", a-t-il ajouté.
La France en tête des pays européens touchés
Selon les spécialistes, la France compte parmi les cibles privilégiées des pirates informatiques. Dans une étude publiée en juillet, l'entreprise de cybersécurité Surfshark désigne l'Hexagone comme le pays européen le plus touché par les violations de données. Selon ce document, 43,4 millions de comptes ont été compromis au cours des six premiers mois de 2026, soit une progression de plus de 62 % par rapport au second semestre 2025. Seuls les États-Unis subissent davantage de fuites d'informations, d'après Karim Hamia, expert chez Check Point Software Technologies, qui s'exprimait en août.
Des infrastructures publiques pas «à la hauteur»
Ces derniers mois, plusieurs piratages d'ampleur ont visé des organismes publics, dont l'administration fiscale cet été. Après l'attaque informatique contre la Fédération française de tir, des malfaiteurs se seraient servis des fichiers volés pour retrouver l'adresse de licenciés, avant de cambrioler leur domicile et d'y voler leurs armes. Hugues Foulon, directeur général d'Orange Cyberdéfense, est intervenu lors de la même conférence que le général Petillot. Il a pointé les faiblesses de certaines structures publiques : "Nous sommes dans un monde en accélération permanente, on ne prend pas complètement conscience de la vitesse des choses, et un certain nombre d'infrastructures publiques ne sont pas à la hauteur de ce niveau de protection" exigé.