Le lundi 19 octobre 2026 à 13:09
Sébastien Lecornu a demandé aux préfets d'instaurer dès ce lundi soir des couvre-feux dans les secteurs touchés par les pillages et les violences du week-end, survenus en marge des manifestations contre la vie chère. Le Premier ministre s'est exprimé à l'issue d'une cellule interministérielle de crise réunie à Matignon. Il a promis une "réponse pénale massive". Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a de son côté annoncé que les effectifs de police et de gendarmerie seront renforcés ce week-end.
"J'ai demandé aux préfets de déclencher un certain nombre de couvre-feux pour ce soir", a déclaré Sébastien Lecornu lors d'un point presse ce lundi 19 octobre. Ces restrictions doivent permettre d'assurer la "protection des biens et des commerces", a-t-il expliqué, avant d'en préciser le périmètre : "Ils seront partiels, ils peuvent être très localisés."Le chef du gouvernement a dépeint une "situation géographiquement très disparate", avec "un bordel très localisé sur les centres urbains".
Une carte des zones concernées dans l'après-midi
Le ministère de l'Intérieur doit publier dans l'après-midi une "cartographie assez précise" des zones visées. Cette carte sera arrêtée après des échanges avec les maires des communes concernées.
Pillages du 17 octobre :
️ "J'ai demandé aux préfets de déclencher un certain nombre de couvre-feux pour ce soir, partiels (...) ils peuvent être très localisés." @SebLecornu https://t.co/7kil8REtTp
— LCI (@LCI) October 19, 2026
Sébastien Lecornu a insisté sur la nature des faits commis ces derniers jours. "On est sur une délinquance générale très spécifique de pillage. Il n'est pas question que les choses s'installent comme ça dans la durée", a-t-il martelé. Selon un dernier bilan, près de 2 400 personnes ont été interpellées samedi, et près d'un millier de policiers et de gendarmes ont été blessés.
«Nous n'avons rien à cacher»
Le Premier ministre a aussi pris la défense des policiers et des gendarmes mobilisés sur le terrain. "Nous n'avons rien à cacher, les forces de l'ordre ont bien travaillé", a-t-il assuré. Il a attribué les violences à un "désordre organisé de manière excessive par l'ultragauche et des délinquants". Ce lundi, Emmanuel Macron a refusé la démission de Laurent Nuñez, remise la veille, et le ministre de l'Intérieur a admis une "perte de contrôle" dans certaines villes.
Sébastien Lecornu a ensuite détaillé le profil des personnes interpellées : "On n'a pratiquement que des hommes, qui sont déjà souvent connus des services de police. La judiciarisation va nous permettre de calmer les choses."
Interrogé sur la possibilité de la mise en place de l'état d'urgence, le Premier ministre a répondu : "Si c'est nécessaire, évidemment que nous pourrions [l'instaurer]. À date, le couvre-feu me paraît davantage adapté à la situation", précisant qu'un état d'urgence est un dispositif "lourd".
Des renforts attendus ce week-end
Laurent Nuñez a annoncé de nouvelles mesures. "Emmanuel Macron m'a demandé des mesures, les effectifs de police et de gendarmerie seront renforcés ce week-end", a déclaré le ministre de l'Intérieur. Il a indiqué qu'une "réflexion" était engagée sur "la doctrine du maintien de l'ordre, la gestion des émeutes, des violences urbaines".
Ce dispositif renforcé intervient alors qu'un acte II des Gilets jaunes est annoncé pour le samedi 24 octobre.