Bas-Rhin : 14 employés et soignants du CHU de Strasbourg retrouvent leurs voitures fracturées et pillées


Illustration. (Shutterstock / Larina Marina)

C’est un véritable coup dur porté au personnel du CHU Hautepierre à Strasbourg (Bas-Rhin). Déjà épuisés par leurs journées harassantes, passées en service de réanimation pour certains, ils ont été contraints de sacrifier quelques heures de sommeil pour effectuer les démarches administratives consécutives aux vols subis.

Pas moins de quatorze véhicules appartenant aux employés et soignants du CHU Hautepierre de Strasbourg ont été pillés sur le parking de l’hôpital, dans la nuit de mercredi à jeudi, relate le quotidien Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Leurs vitres ont été brisées et l’intérieur fouillé sans ménagement par des malfrats qui ont emporté des objets, sans grande valeur pour la plupart.

Si le préjudice matériel est limité, c’est un coup de massue pour les soignants qui sont très sollicités pour lutter contre le Covid-19 dans cette crise sanitaire.

Mauvaise surprise en fin de service

C’est ce qu’a enduré notamment cette infirmière qui venait de finir sa nuit de travail en réanimation, et qui a constaté les dégâts peu avant 7h30 ce jeudi. La veille, elle avait stationné sa voiture comme à son habitude, sous le parking en silo, réservé au personnel hospitalier muni d’un badge d’accès.

Lorsqu’elle a voulu la récupérer pour rentrer chez elle, une dame à côté attendait déjà l’intervention de la police. Stupéfaite, elle a constaté qu’une vitre avait été brisée, le siège auto de sa fille déhoussé, son sac de sport vidé et la boîte à gants retournée… Sans macaron ni signe distinctif, les voleurs n’auraient pas ciblé particulièrement les voitures des soignants, d’après elle.


Assistée d’une collègue, l’infirmière a dû colmater la vitre brisée « avec un drap » pour « limiter les courants d’air », le temps de regagner son domicile situé à une vingtaine de kilomètres de là.

À peine « trois heures » de sommeil

Outre le préjudice matériel et financier, c’est surtout un coup au moral et de la fatigue en plus, qui sont venus s’ajouter aux difficultés rencontrées quotidiennement dans son travail depuis le début de la pandémie de coronavirus.

L’infirmière a dû déposer plainte au commissariat, faire les démarches nécessaires auprès de son assurance et trouver un garage qui veuille bien – et puisse – réparer les dégâts en pleine période de confinement. Elle n’aura finalement « dormi que trois heures » avant de reprendre du service pour une nouvelle nuit de garde dès le soir-même.

Un suspect incarcéré

La soignante a pu bénéficier de la prise en charge d’un taxi pour retourner travailler, il s’agit d’un service prévu dans le cadre du déclenchement du Plan blanc. Après de longues recherches, elle a trouvé un garagiste qui lui a gracieusement fourni un véhicule de prêt, vendredi, et qui lui a confirmé pouvoir remplacer la vitre brisée dès lundi, relate le quotidien régional.

Saisie de l’enquête, la Sûreté départementale du Bas-Rhin a identifié deux suspects. Ces adolescents de 15 et 17 ans, placés en foyer, ont reconnu les faits qui leur sont reprochés. Déférés devant la justice dès vendredi, ils ont été mis en examen pour « vols en réunion ». Le plus jeune des deux a été laissé libre avec un suivi éducatif, quant au plus âgé, il a été placé en détention provisoire.