Suspect grièvement blessé, adolescent interpellé : ce que l'on sait des conditions du tir d'une gendarme près de Toulouse

Le parquet de Toulouse a apporté dimanche soir de nouvelles précisions sur l'intervention d'une patrouille de gendarmerie à Escalquens (Haute-Garonne), au cours de laquelle une sous-officier a ouvert le feu sur un homme en pleine crise de violence. Selon le procureur, un adolescent de 15 ans a également été placé en garde à vue pour avoir participé aux violences contre les militaires.
Suspect grièvement blessé, adolescent interpellé : ce que l'on sait des conditions du tir d'une gendarme près de Toulouse
Illustration. (Victor Velter / Shutterstock)
Par La Rédaction
Le dimanche 19 avril 2026 à 19:45

Le parquet de Toulouse a apporté ce dimanche en début de soirée de nouvelles précisions sur l'intervention au cours de laquelle une gendarme a ouvert le feu sur un homme violent à Escalquens (Haute-Garonne), à l'est de Toulouse. Le communiqué du procureur révèle qu'un adolescent de 15 ans, fils du mis en cause, a également participé aux violences contre les militaires, que l'intervention a été filmée par une caméra-piéton, et que l'état de santé de l'homme touché au thorax reste critique, avec un pronostic vital toujours engagé.

Les faits se sont déroulés samedi vers 18 heures, à l'occasion de l'intervention d'un équipage de la gendarmerie de Saint-Orens-de-Gameville, mobilisé pour des faits de violences conjugales. Selon le communiqué, "à l'arrivée des deux gendarmes premiers à marcher", c'est-à-dire les premiers intervenants sur les lieux, "l'individu mis en cause sortait de son domicile, et les prenait à partie verbalement, puis physiquement dans la cage d'escalier de l'immeuble, les contraignant à reculer jusqu'au rez-de-chaussée où il les poursuivait".

Les militaires se sont alors retrouvés bloqués dans le sas de sortie de l'immeuble. "Là, malgré l'usage du pistolet à impulsion électrique, il se ruait sur les gendarmes qui étaient bloqués dans le sas de sortie, empoignant et frappant l'un d'eux à plusieurs reprises. Il continuait malgré les sommations opérées par le second militaire, gendarme féminine, ce qui la conduisait à faire usage de son arme de service", poursuit le parquet. Un tir unique a été effectué pour stopper l'individu qui portait des coups à un autre gendarme.

Un fils de 15 ans également impliqué dans les violences

Information inédite révélée par le communiqué : le fils du mis en cause, âgé de 15 ans, se trouvait aux côtés de son père au moment des faits et a également participé aux violences. "Son fils, mineur de 15 ans, qui l'accompagnait a été placé en garde à vue, et a reconnu avoir participé aux violences. Cette mesure de contrainte a été levée durant la nuit compte tenu de la situation critique de son père. Elle pourra, au besoin, être reprise ultérieurement", précise le procureur.

L'état de santé du quadragénaire demeure effectivement critique. "Touché au thorax, le mis en cause était ensuite secouru par les gendarmes avant l'arrivée des secours. Hospitalisé en urgence absolue au CHU Purpan et opéré durant la nuit, il est à ce stade toujours en réanimation, son pronostic vital restant engagé", indique le communiqué. Dans la matinée, le procureur avait pourtant indiqué que l'état de l'homme semblait s'améliorer après l'opération menée dans la nuit.

Une intervention filmée par caméra-piéton

L'enquête sur l'usage de l'arme par la gendarme, ouverte sous la qualification de violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique, a été confiée à la section de recherches de Toulouse. Les militaires impliqués sont en cours d'audition, sans mesure de garde à vue. "Ceux-ci sont choqués par les faits et le déchaînement de violences dont a fait preuve la victime du tir, qui est confirmé par l'enregistrement de leur intervention par la caméra-piéton d'un des militaires", souligne le parquet.

Le mis en cause sera entendu comme victime du tir mais aussi comme auteur présumé des violences intrafamiliales et des violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique, lorsque son état de santé le permettra. Ces deux autres enquêtes sont confiées à la brigade de recherches de Toulouse-Saint-Michel. "Âgé de près de 40 ans, il est défavorablement connu de la justice pour des délits essentiellement routiers, en lien avec l'abus d'alcool. Des analyses sont en cours pour déterminer s'il avait bu au moment des faits", conclut le procureur.