Colère dans la police : une cinquantaine de policiers déposent une demande de démission dans la Loire


Des policiers rassemblés place Vendôme à Paris le 23 juin 2020. (Illustration/Actu17©)

Ils estiment avoir été « lâchés » par le président de la République Emmanuel Macron.


La crise dans les rangs de la police nationale se poursuit suite aux déclarations du chef de l’État. Une cinquantaine de policiers de la Loire ont décidé de rédiger une demande de rupture conventionnelle, en vue d’une démission. « Nous sommes tout le temps stigmatisés », a pointé Sylvia Vaudou, secrétaire départementale du syndicat Alliance Police Nationale, à France Bleu.

La syndicaliste met directement en cause les propos d’Emmanuel Macron lors de son interview à Brut, le 4 décembre dernier. « On a l’impression d’être des boucs-émissaires de tous ces politiques, du président de la République. On est un petit peu les fusibles » , estime-t-elle.

Dans le département voisin, en Isère, ce sont près de 200 policiers qui ont fait la même démarche ce week-end. Les fonctionnaires veulent faire entendre leur ras-le-bol et un modèle de rapport circule sur les groupes police, sur les réseaux sociaux et les messageries. Les demandes de rupture conventionnelle pourraient donc continuer à s’empiler dans les prochains jours.

Deux syndicats refusent de participer au « Beauvau de la Sécurité »

Ce mardi, deux syndicats de police – Alliance et UNSA Police – ont annoncé qu’ils refusaient de participer au « Beauvau de la Sécurité » annoncé par Emmanuel Macron la semaine dernière. « Un énième séminaire sans mesure concrète au préalable serait jugé indécent », a jugé Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d’Alliance, dans un courrier adressé au président de la République. L’organisation représentative des gardiens de la paix et gradés réclame notamment une « peine minimale incompressible pour les agresseurs de policiers », le « floutage » des policiers filmés et des « mesures sociales » dont la gratuité des transports.


« Vos propos sur les policiers sous-entendant que nos collègues seraient racistes ou violents, ont suscité un vif émoi, une colère jamais atteinte », a également prévenu Fabien Vanhemelryck dans cette lettre.

 

L’UNSA Police estime de son côté qu’il n’y a pas eu « d’avancées » sur les engagements pris en octobre dernier par le gouvernement. « Les fonctionnaires de police ne se contenteront pas d’une énième réunion », a annoncé le syndicat dans un tract.

Des rassemblements de policiers sont organisés ces derniers jours partout en France, comme sur la place de l’Étoile à Paris ce lundi soir. Ces derniers procèdent également à des contrôles « préventifs » quotidiennement, le matin, le soir et la nuit, à l’origine d’embouteillages.