Corrèze : Deux militaires tirent à blanc vers un gendarme, ils écopent d’une peine de prison avec sursis


Illustration. (NeydtStock/shutterstock)

Commis en fin de semaine dernière, les faits ont été jugés ce lundi, au tribunal correctionnel de Brive-la-Gaillarde (Corrèze). Deux militaires ont été condamnés pour avoir tiré à blanc sur un automobiliste « pour s’amuser ».

Trois militaires du 126ème Régiment d’infanterie (126ème RI) qui circulaient en voiture dans le secteur de l’avenue Bernadette et Jacques Chirac à Brive-la-Gaillarde, ont semé la panique dans la nuit de jeudi à vendredi. Deux d’entre eux étaient ivres. L’un a pointé une arme en direction d’un automobiliste et a tiré à blanc, rapporte La Montagne.

Le hasard a fait que cet inconnu était un gendarme en civil qui venait de finir son service et qui regagnait son domicile. La scène aurait pu virer au drame. Les trois suspects ont été interpellés dans la foulée et placés en garde à vue. Face aux enquêteurs, ils ont reconnu les faits.

Des coups de feu et une course-poursuite

« Ils sont prêts à donner leur vie pour la Nation et ils ont un comportement de voyous », a souligné le procureur de la République. Il a été établi qu’ils ont tiré en l’air avec des cartouches à blanc à au moins huit reprises. Mais les militaires ont aussi pris en chasse un automobiliste qu’ils ont ciblé avec une arme de poing.

« Ils ont fait demi-tour pour me prendre en chasse […], en collant leur véhicule à un mètre du mien. À un feu rouge, leur voiture s’est portée à ma hauteur et le passager m’a mis en joue », a déclaré sur procès-verbal le gendarme pris pour cible, puis un tir a claqué.


Ce dernier, qui est aussi instructeur de tir, ne pouvait pas deviner à ce moment-là qu’il s’agissait d’une arme de défense. Toutefois, il a pris en chasse le trio, qui circulait alors tous feux éteints, afin de noter leur plaque d’immatriculation et donner l’alerte. Le réseau de vidéosurveillance de la ville a permis de repérer les suspects.

L’armée va devoir statuer sur leur avenir professionnel

Le procès de deux d’entre eux s’est tenu ce lundi au tribunal correctionnel de Brive-la-Gaillarde. Le troisième militaire a été mis hors de cause, car il se trouvait à l’arrière de la voiture et il est resté totalement passif.

Les prévenus ont reconnu avoir commis une « grosse bêtise pour s’amuser » s’est-il dit à l’audience. Tous deux ont été dépeints comme de bons éléments par leur hiérarchie. Pour le parquet toutefois, les deux hommes étaient animés par la volonté de voir la peur sur le visage de leur victime.

Le conducteur, un jeune engagé de 18 ans, et son passager, un sergent de 28 ans qui a ouvert le feu, ont été reconnus coupables de « violences volontaires en réunion ». La victime, qui a eu droit à 15 jours d’arrêt de travail, ne s’est pas vu délivrer d’Incapacité totale de travail (ITT).

Une chance pour les prévenus. En effet, des violences volontaires sans ITT ne permettent dans le cas présent de ne retenir qu’une circonstance aggravante à leur encontre. « Sinon, c’était 7 ans de prison ! » a lâché un brin agacé l’avocat de la partie civile.

Les deux militaires ont écopé d’un an et demi de prison avec sursis et devront chacun verser 1 500 euros au gendarme ciblé par le tir. L’armée devra statuer sur leur contrat. Leur avenir professionnel est en suspens.