Brésil : Une femme tuée lors d'un saut à l’élastique, les employés avaient oublié d'attacher sa corde

Trois hommes ont été placés en garde à vue après la mort d'une jeune femme de 21 ans, lâchée d'un pont sans corde de sécurité lors d'un saut, samedi 13 juin au Brésil. Ils sont poursuivis pour homicide avec dol éventuel.
Brésil : Une femme tuée lors d'un saut à l’élastique, les employés avaient oublié d'attacher sa corde
Maria Eduarda Rodrigues de Freitas a chuté d'environ 40 mètres depuis la Ponte do Esqueleto. (DR)
Par Actu17
Le dimanche 14 juin 2026 à 19:33

Une jeune femme de 21 ans est morte samedi 13 juin au Brésil, lancée dans le vide depuis un pont sans que sa corde de sécurité ait été attachée à son harnais. Maria Eduarda Rodrigues de Freitas a chuté d'environ 40 mètres depuis la Ponte do Esqueleto, un pont désaffecté situé à Limeira, dans l'État de São Paulo (Brésil), à environ 150 kilomètres de la métropole de São Paulo. Trois hommes ont été placés en garde à vue et sont poursuivis pour homicide avec dol éventuel.

La victime participait à une session de rope jumping, une discipline proche du saut à l'élastique mais reposant sur des cordes statiques qui transforment la chute en un mouvement pendulaire. Selon la police, elle a été portée par plusieurs employés jusqu'à la plateforme, puis poussée dans le vide alors que la corde censée la retenir était restée enroulée au sol. Sur une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux, des témoins comprennent trop tard l'absence d'équipement : "La corde", crie une première voix, avant qu'une autre ne lance "Les gens, la corde".

Trois hommes poursuivis pour homicide avec dol éventuel

Les trois hommes, qui apparaissent sur les images en train de pousser la victime, ont été interpellés pour homicide avec dol éventuel, une qualification retenue lorsque les enquêteurs estiment que les mis en cause ont accepté le risque de provoquer la mort, sans intention directe de tuer.

Selon la commissaire de permanence Andréa Dantas, de la Police civile, les suspects n'ont pas su expliquer la défaillance. "Ils sont déboussolés par la situation, parce qu'ils pratiquent cela depuis longtemps et que rien de tel n'était jamais arrivé", a-t-elle déclaré, à G1 Globo. Deux d'entre eux étaient chargés de préparer la jeune femme ; le troisième, appelé en renfort, a affirmé ne pas être responsable de l'installation de la corde, mais la police a estimé qu'il pouvait constater son absence. "La corde est très visible, elle est épaisse, et elle est par terre, on pouvait donc voir qu'elle n'était pas mise", a souligné la commissaire.

La défense évoque une «triste fatalité»

L'avocat des trois hommes, Rafael Gomes dos Santos, a fait valoir que le rope jumping n'est pas réglementé sans pour autant être interdit, et que de tels sauts s'étaient déjà tenus sur ce pont sans intervention des pouvoirs publics. Il a évoqué une "triste fatalité", rappelant que ses clients pratiquent l'activité depuis des années sans accident. La session du jour réunissait environ 100 participants, et plusieurs sauts s'étaient déroulés sans difficulté avant la chute mortelle.

Originaire de Jandira, en banlieue de São Paulo, Maria Eduarda Rodrigues de Freitas s'était rendue sur place avec son compagnon. Quelques heures avant sa mort, elle avait publié des photos du pont sur les réseaux sociaux, où figurait notamment un panneau signalant un "risque de mort". L'enquête se poursuit : la Police civile doit entendre d'autres témoins et attend les conclusions de l'expertise.