Toulon : Les ossements retrouvés sont bien ceux des deux soldats disparus, séquestrés par une famille

Les analyses ADN ont confirmé que les restes osseux retrouvés fin mai appartiennent aux deux jeunes soldats disparus. Une famille du Var est soupçonnée de les avoir séquestrés puis tués.
Toulon : Les ossements retrouvés sont bien ceux des deux soldats disparus, séquestrés par une famille
Jacques Pakeso (g) n'avait plus donné de signe de vie depuis mai 2022. Mike Gineste était considéré comme déserteur par la Légion étrangère. Sa famille était sans nouvelles de lui depuis mai 2023.
Par Actu17
Le lundi 27 juillet 2026 à 15:57

Les ossements découverts fin mai dans les Bouches-du-Rhône ont été formellement identifiés comme étant ceux des deux jeunes militaires ultramarins disparus, Jacques Pakeso et Mike Gineste, a annoncé le procureur de la République de Toulon (Var), Raphaël Balland, dans un communiqué diffusé ce lundi 27 juillet. Une famille du Var est soupçonnée de les avoir séquestrés puis tués, dans le cadre d'un système de traite visant de jeunes soldats originaires d'Outre-Mer.

Les analyses ont levé les derniers doutes sur le sort des deux disparus. "Les expertises pratiquées sur les ossements découverts fin mai dans les Bouches-du-Rhône permettent d'établir qu'ils correspondent aux deux soldats disparus, Jacques Pakeso né en 1997 à Nouméa et Mike Gineste, né en 1988 à Papeete", a détaillé le parquet. Les deux hommes étaient originaires, pour le premier, de Nouvelle-Calédonie, et pour le second, de Polynésie française. "Les familles des défunts en ont été informées", précise le procureur.

Une identification au terme d'un long travail d'expertise

Cette identification est l'aboutissement d'un long travail d'analyses. Les ossements, découverts sur deux sites différents des Bouches-du-Rhône, ont fait l'objet d'expertises successives de différentes natures, menées par étapes. La dernière a consisté, comme l'avait indiqué le parquet le 20 juillet, à "prélever l'ADN sur les ossements pour les comparer avec les éléments d'identification génétique des deux soldats disparus". Les investigations se poursuivent désormais, sous l'autorité du magistrat instructeur, afin de déterminer les circonstances précises dans lesquelles les deux militaires ont trouvé la mort.

L'affaire avait été révélée le 1er juillet. Tout est parti du travail de la section de recherches (SR) de la gendarmerie maritime, qui a établi un lien entre deux disparitions inquiétantes survenues en 2022 et en 2023. Jacques Pakeso, né à Nouméa, avait quitté son territoire pour effectuer ses classes au sein de la Marine nationale à Saint-Mandrier-sur-Mer et n'avait plus donné signe de vie à sa famille depuis le mois de mai 2022. Mike Gineste, né à Papeete, était quant à lui "considéré comme déserteur par la Légion Etrangère depuis le mois de mai 2023, malgré d'excellents états de service et alors qu'il venait de renouveler son contrat", selon le parquet.

Sept autres militaires affirment avoir été séquestrés

Les soupçons s'étaient progressivement orientés vers une famille qui avait hébergé les deux disparus. Composée du couple parental, de deux fils et de deux filles, elle avait accueilli plusieurs jeunes militaires ultramarins entre 2011 et 2023. Sept d'entre eux affirment avoir été "progressivement dépouillés de leurs moyens de paiement et de leurs documents d'identité, violentés et séquestrés".

Le 29 mai, le père, la mère, les deux fils et l'une des deux filles ont été mis en examen des chefs de traite des êtres humains commise en bande organisée et de séquestrations de plusieurs personnes commises en bande organisée. La mère et les deux fils ont en outre été mis en examen pour les meurtres des deux militaires. La plus jeune des filles a, elle, été mise en examen pour non-dénonciation de crimes et placée sous contrôle judiciaire. À ce jour, cinq membres de la famille demeurent en détention provisoire.

Un appel à témoins

En parallèle, le parquet de Toulon maintient son appel à témoins "aux fins d'être informé d'éventuelles autres disparitions de personnes originaires des îles pacifiques alors qu'elles séjournaient dans le Var au cours de ces dernières années". Les personnes disposant d'informations sont invitées à écrire à la section de recherches de la gendarmerie maritime, à l'adresse [email protected].