Toulon : Deux soldats disparus, des ossements retrouvés… une famille mise en examen pour meurtres et traite d'êtres humains

Une information judiciaire ouverte à Toulon a mis au jour un système de traite et de séquestrations dont auraient été victimes de jeunes militaires originaires d'Outre-Mer. Deux d'entre eux ont vraisemblablement été tués.
Toulon : Deux soldats disparus, des ossements retrouvés… une famille mise en examen pour meurtres et traite d'êtres humains
Illustration. (Victor Velter / Shutterstock)
Par Actu17
Le mercredi 1 juillet 2026 à 21:25

Une famille du Var soupçonnée d'avoir tué et séquestré de jeunes militaires ultramarins qu'elle hébergeait a été mise en examen. Cinq de ses membres ont été placés en détention provisoire, un sixième sous contrôle judiciaire, comme l'a détaillé le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, dans un communiqué diffusé ce mardi 1er juillet.

Tout est parti du travail de la section de recherches (SR) de la gendarmerie maritime, qui a établi un lien entre deux disparitions inquiétantes de jeunes hommes survenues en 2022 et en 2023.

Le premier disparu, né en 1997 à Nouméa (Nouvelle-Calédonie), avait quitté son territoire pour effectuer ses classes au sein de la Marine nationale à Saint-Mandrier-sur-Mer. Selon le communiqué du parquet, il "n'avait plus donné de signe de vie à sa famille depuis le mois de mai 2022". Le second, né en 1988 à Papeete (Polynésie française), "était considéré comme déserteur par la Légion Etrangère depuis le mois de mai 2023, malgré d'excellents états de service et alors qu'il venait de renouveler son contrat", précise le procureur. Sa famille n'avait elle non plus aucune nouvelle de lui depuis cette période.

Sept autres jeunes militaires affirment avoir été dépouillés et séquestrés

Les investigations ont progressivement orienté les soupçons vers une famille qui avait hébergé les deux disparus. Composée du couple parental, de deux fils et de deux filles, elle est originaire de Nouméa pour la mère, du Vanuatu et de Wallis-et-Futuna pour le père, mais réside dans le Var depuis de nombreuses années.

Cette famille avait accueilli plusieurs autres jeunes militaires originaires d'Outre-Mer entre 2011 et 2023. Sept d'entre eux, indique le communiqué du procureur, affirment avoir été "progressivement dépouillés de leurs moyens de paiement et de leurs documents d'identité, violentés et séquestrés".

Des ossements découverts sur deux sites dans les Bouches-du-Rhône

Le 26 mai, les membres de la famille ont été placés en garde à vue pendant 96 heures, conformément aux dispositions relatives à la criminalité organisée. La piste des meurtres a été confortée par plusieurs éléments, dont, selon le parquet, "la découverte dans les Bouches-du-Rhône, sur deux sites différents, d'ossements susceptibles de correspondre aux deux soldats disparus". "Des expertises approfondies sont toujours en cours pour identifier ces ossements", ajoute le communiqué.

Le 29 mai, le père, la mère, les deux fils et l'une des deux filles ont été mis en examen des chefs de traite des êtres humains commise en bande organisée et de séquestrations de plusieurs personnes commises en bande organisée. La mère et les deux fils ont en outre été mis en examen pour les meurtres des deux militaires disparus. Les cinq ont été placés en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention. La plus jeune des filles a, quant à elle, été mise en examen uniquement du chef de non-dénonciation de crimes et placée sous contrôle judiciaire.

Les investigations se poursuivent sous l'autorité du magistrat instructeur.