Le mardi 30 juin 2026 à 00:55
Une explosion s'est produite lundi soir vers 21 heures, dans le hall d'un immeuble résidentiel de la rue du révérend père Louis Frolla, à Monaco, le long de la frontière avec la France. Trois personnes ont été blessées, dont deux grièvement. Le suspect, qui aurait déposé un sac à dos avant de prendre la fuite, est activement recherché. Le ministre d'État monégasque (chef du gouvernement), Christophe Mirmand, a déclaré à l'Agence-France-Presse qu'il s'agissait "vraisemblablement d'un attentat".
Un suspect a été aperçu sur les caméras de vidéosurveillance en train de déposer un sac à dos devant la porte d'entrée de l'immeuble. L'homme a ensuite pris la fuite à pied en direction de Beausoleil (Alpes-Maritimes), commune voisine située côté français. La déflagration s'est produite au moment où d'autres personnes pénétraient dans le bâtiment.
Le procureur général de Monaco, Stéphane Thibault, a indiqué qu'une personne avait déposé un sac ou un colis dans le hall de l'immeuble avant de repartir. Lors d'une conférence de presse, Christophe Mirmand a ensuite estimé que les victimes étaient possiblement visées. "On peut présumer que les victimes étaient ciblées. L'enquête permettra de le confirmer", a-t-il déclaré, précisant que les trois personnes se trouvaient dans l'entrée de l'immeuble au moment de l'explosion et qu'elles faisaient vraisemblablement partie de la même famille.
Un oligarque ukrainien parmi les victimes
Les victimes sont un homme et une femme âgés de 50 à 60 ans, ainsi qu'un adolescent de 13 ans, les trois en état d'urgence absolue, selon Monaco-Matin. Les deux adultes ont été transportés à l'hôpital Pasteur, à Nice, et le mineur à l'hôpital Lenval. Selon nos confrères, il s'agirait d'une même famille de nationalité ukrainienne. Monaco-Matin précise que l'une des victimes grièvement blessées serait Vadim Ermolaev, présenté comme l'une des plus grosses fortunes ukrainiennes. À ce stade, les autorités monégasques n'ont pas souhaité confirmer son identité.
«C'est la première fois qu'un tel acte se produit dans la Principauté»
L'engin explosif contenait vraisemblablement des boulons et de la grenaille, a ajouté le chef du gouvernement monégasque. "Les services de police sont en train d'établir les constatations", a-t-il expliqué. "C'est la première fois que dans l'histoire, à ma connaissance, un tel acte se produit dans la Principauté", a-t-il souligné.
Il a également indiqué que l'immeuble avait fait l'objet de mesures de sécurisation, raison pour laquelle les démineurs sont intervenus en priorité, et qu'il demeurait pour l'heure inaccessible, aucun occupant ne s'y trouvant. Les victimes habitaient vraisemblablement le bâtiment et rentraient chez elles.
Une mobilisation policière des deux côtés de la frontière
Des démineurs et des officiers de police judiciaire ont été déployés sur les lieux. Côté français, la direction interdépartementale de la police judiciaire des Alpes-Maritimes a été activée, tandis que le groupement de gendarmerie du département a positionné ses militaires sur les accès autoroutiers, jusqu'à La Turbie, afin de stopper une éventuelle fuite du suspect en France, rapporte Monaco-Matin. Des contrôles ont notamment été mis en place au péage de La Turbie.
Dans l'entourage du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, on a fait savoir que "des équipes de secours français sont en renfort sur les lieux et une collaboration policière a été mise en place pour retrouver l'auteur en fuite". Outre Christophe Mirmand et Stéphane Thibault, le président du Conseil national et un proche collaborateur du prince Albert II étaient présents sur les lieux.
Sur le réseau social X, le maire de Nice, Éric Ciotti, a réagi à "l'attentat commis", qu'il a qualifié de "tragédie". Le président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes, Charles Ange Ginésy, a pour sa part exprimé sa "profonde solidarité envers les victimes, leurs familles et le peuple monégasque".