Le mardi 11 août 2026 à 11:18
La garde à vue de l'homme qui a attaqué au couteau des policiers municipaux, lundi en fin de journée dans le centre-ville de Toulouse (Haute-Garonne), a été levée à 1 heure du matin, selon les informations d'Actu17. Son état de santé mental a été jugé incompatible avec la mesure et il a été conduit aux urgences psychiatriques. Deux fonctionnaires ont été blessés au cours de cette attaque, l'un d'eux touché au niveau de la carotide. Une enquête pour tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique a été ouverte.
Le suspect, dont l'identité n'a pas encore été confirmée de source officielle, avait été placé en garde à vue pour "tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique", une qualification confirmée lundi soir par le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz. Peu après le début de la mesure, il a fait l'objet d'un examen médical obligatoire. Le praticien a constaté des troubles psychiques et jugé son état incompatible avec la garde à vue. L'homme a été transféré aux urgences psychiatriques de l'hôpital Purpan. Les enquêteurs de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) restent donc dans l'attente : tant que son état ne s'améliore pas, aucune audition n'est envisageable.
Un renseignement demandé, puis un couteau sorti
Les faits se sont produits lundi, rue d'Austerlitz. Une patrouille portée de trois policiers municipaux circulait dans le secteur lorsqu'un homme leur a fait signe. Les agents ont légèrement baissé leur vitre, l'individu leur demandant un renseignement, selon une source proche de l'affaire. C'est à ce moment qu'il a sorti un couteau. Les fonctionnaires sont alors descendus de leur véhicule pour tenter de le maîtriser.
L'homme n'a pas renoncé pour autant. Les policiers municipaux ont réussi à lui faire lâcher une première lame, mais il en a immédiatement sorti une deuxième, puis une troisième avant d'être finalement neutralisé. Il était porteur de trois couteaux, dont un couteau à huîtres avec lequel il s'en est pris aux agents dans un premier temps, selon l'adjoint à la Sécurité de Toulouse, Émilion Esnault. Face à la foule présente autour d'eux, les fonctionnaires n'ont pas fait usage de leur arme à feu individuelle et ont eu recours à leur bâton télescopique de défense, puis à une projection de gaz lacrymogène, qui a mis fin à l'attaque. Interpellé, l'agresseur a lui aussi été conduit à l'hôpital, escorté par des policiers.
Une vidéo amateur montrant une partie des faits a été publiée sur les réseaux sociaux en fin de soirée. On y aperçoit l'agresseur habillé en rouge, sur le trottoir, qui attaque les policiers en donnant des coups à hauteur de leur visage. Il est finalement amené au sol et maîtrisé difficilement.
Toulouse : des policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche en plein centre-ville hier soir. L'agresseur, qui a été interpellé, a proféré des propos "à caractère terroriste", sans que cette qualification ne soit retenue pour l'heure, annonce le maire. pic.twitter.com/PNnJ3mh8Mr
— Infos Françaises (@InfosFrancaises) August 11, 2026
Un policier touché au niveau de la carotide
Deux des trois policiers municipaux ont été blessés. Le premier a été touché à la carotide par la pointe du couteau et a dû recevoir des points de suture au bras. Sa collègue a reçu "une pointe du couteau au bras et une entaille dans son gilet pare-balles", a détaillé Émilion Esnault. Les deux blessés ont été évacués vers le CHU de Rangueil. Le bilan reste léger, alors que les coups portés auraient pu tuer. L'adjoint au maire a évoqué une "tentative de meurtre" sur BFMTV ce mardi matin et souhaite que les deux agents soient décorés de la "médaille de la sécurité intérieure".
Alliance réclame «tous les moyens nécessaires»
Le syndicat Alliance Police Nationale – Police Municipale a réagi ce mardi à Actu17 par la voix de son référent national, Augustin Dumas. Ce dernier a livré son récit des faits : l'assaillant "a pris attache avec l'équipage avant de tenter de porter des coups de couteau à l'un des occupants" puis, "armé de plusieurs couteaux, il s'en est violemment pris ensuite aux autres membres de l'équipage sortis pour l'interpeller". L'un des fonctionnaires "a notamment été protégé par son gilet pare-balles", souligne le syndicaliste, qui salue le "courage", le "sang-froid" et le "professionnalisme" des agents.
Augustin Dumas y voit le symptôme d'une exposition permanente. "C'est toute la réalité d'une police de proximité. Être au contact de la population, intervenir dans la rue, c'est accepter une exposition permanente à une violence qui peut surgir à tout moment", affirme-t-il, avant de rappeler que "des policiers municipaux ont déjà payé de leur vie leur engagement". Le référent national interpelle les pouvoirs publics : "Combien faudra-t-il encore de blessés ? Combien faudra-t-il encore de drames avant que cela change ?"Et de conclure : "Ceux qui protègent la population doivent enfin disposer de tous les moyens nécessaires pour se protéger eux-mêmes."
Toutes les polices municipales de France ne sont pas armées, à la différence de celle de Toulouse. Quatrième du pays par ses effectifs avec treize brigades, elle dispose d'armes de poing de calibre 9 mm, de pistolets à impulsion électrique, de bâtons de défense, de générateurs d'aérosol incapacitant lacrymogène et, depuis une délibération du conseil municipal de juin 2024, de lanceurs de balle de défense pour une partie des effectifs. La collectivité comptait 390 policiers municipaux armés en 2024.
Des propos à caractère terroriste signalés
Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a indiqué lundi soir sur ses réseaux sociaux que "des propos à caractère terroriste ont été signalés". Des témoins ont entendu l'assaillant lancer à plusieurs reprises "Allah akbar" tandis qu'il frappait. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) ne s'est toutefois pas saisi du dossier et, sollicité par Actu17 lundi soir, n'avait pas donné suite à l'heure de la publication de cet article.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a réagi ce mardi matin sur X. "J'adresse tout mon soutien aux policiers municipaux blessés hier à Toulouse par un individu armé, qu'ils sont parvenus à interpeller avec courage", a-t-il écrit, ajoutant son soutien au maire de Toulouse "dont les équipes ont été meurtries". Le ministre a précisé que "les investigations ont été confiées par le parquet à la police nationale pour déterminer les circonstances et les motivations de cette agression".
J'adresse tout mon soutien aux policiers municipaux blessés hier à Toulouse par un individu armé, qu'ils sont parvenus à interpeller avec courage. J'adresse également mon soutien au maire de Toulouse dont les équipes ont été meurtries.
Les investigations ont été confiées par le…
— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) August 11, 2026
Jean-Luc Moudenc avait pour sa part adressé lundi soir ses pensées "à nos deux agents, à leurs familles et à leurs collègues".