Le mercredi 12 août 2026 à 23:42 - MAJ jeudi 13 août 2026 à 00:05
Le chef du commissariat de Saint-Louis, dans le Haut-Rhin, fait l'objet d'une enquête administrative après avoir diffusé sur Instagram une photo de lui aux côtés d'une actrice pornographique allemande, reçue dans ses locaux. La scène remonte au 26 juin. L'affaire a été révélée par Le Canard enchaîné. Une source policière a fait état mercredi de l'ouverture de cette enquête auprès de l'Agence France-Presse.
Le cliché a été pris dans le bureau du commandant divisionnaire qui dirige le service, sous le portrait officiel d'Emmanuel Macron. L'officier y passe un bras autour des épaules de sa visiteuse, vêtue d'un polo bleu marine floqué du logo de la police nationale. "Qui a dit qu'on ne faisait pas de rencontre intéressante dans la police... ?", a-t-il écrit en légende de la publication. La photo a depuis été effacée et l'officier a restreint l'accès à son compte Instagram.
Un pistolet-mitrailleur entre les mains d'une civile
Trois autres clichés de cette visite ont été mis en ligne sur un compte Instagram consacré à l'actrice, connue sous le nom de scène de Lara CumKitten. Sur l'un, elle est installée au volant d'un véhicule sérigraphié, en tenue. Sur les deux autres, elle manipule un lanceur de balles de défense (LBD), puis un pistolet-mitrailleur de type HK UMP9, sanglé en travers du buste. La légende de cette dernière publication, rédigée en allemand, se contente d'identifier l'arme comme un "pistolet-mitrailleur de Heckler & Koch". Géolocalisée à Saint-Louis, elle a été diffusée le 1er juillet. L'intéressée s'y félicite d'avoir pu effectuer ce qu'elle présente comme un stage au sein du commissariat.
Ce que dit le code de déontologie
Ces images placent l'officier en porte-à-faux avec le code de déontologie de la police nationale et de la gendarmerie nationale. Son article R. 434-12, inscrit dans le code de la sécurité intérieure, pose que le policier "ne se départ de sa dignité en aucune circonstance". Le texte précise qu'"en tout temps, dans ou en dehors du service, y compris lorsqu'il s'exprime à travers les réseaux de communication électronique sociaux, il s'abstient de tout acte, propos ou comportement de nature à nuire à la considération portée à la police nationale et à la gendarmerie nationale". C'est sur ce fondement que l'enquête administrative a été engagée. Une telle procédure peut déboucher sur une sanction disciplinaire.
Sollicité par Le Canard enchaîné, le commandant divisionnaire n'a pas donné suite. Interrogée par La Dépêche, la direction générale de la police nationale (DGPN) a indiqué qu'une "enquête administrative est actuellement en cours", destinée à établir et caractériser d'éventuels manquements déontologiques au regard du code de la sécurité intérieure.
La préfecture du Haut-Rhin a confirmé au quotidien que cette enquête devra permettre à la DGPN, "au regard des conclusions et des éléments recueillis", de déterminer "les éventuelles suites disciplinaires à donner". Les services de l'État n'ont pas précisé si une mesure de suspension provisoire avait été prise à l'encontre de l'officier. À ce stade, aucune procédure judiciaire n'a été annoncée.