Le samedi 8 août 2026 à 22:21
Un homme de 22 ans qui circulait en trottinette se trouve dans un état grave, son pronostic vital toujours engagé, après avoir heurté un fourgon de CRS vendredi 7 août en fin de journée dans le sud de Rennes (Ille-et-Vilaine). Le parquet de Rennes a livré samedi les premiers éléments de l'enquête, qui décrivent une course engagée par le jeune homme, lequel aurait au préalable outragé les policiers du véhicule. Les investigations se poursuivent pour établir précisément les circonstances du choc.
Les faits se sont produits vers 18h30 dans le quartier de la Pommeraie, rue Michel-Gérard, comme l'a précisé Ouest-France. Le jeune homme a été grièvement blessé. Vingt-quatre heures plus tard, son état restait critique, a indiqué le parquet ce samedi 8 août au soir.
Des outrages à l'origine de la course
Selon le récit livré par le procureur de la République adjoint Jean-Marie Blin, tout part d'outrages. "Des premières investigations, il ressort que ce jeune homme a suivi un fourgon de CRS en outrageant les occupants du véhicule", explique le magistrat. Le fourgon se serait alors immobilisé et l'un des policiers en serait sorti, tandis que le véhicule effectuait un demi-tour un peu plus loin. Le conducteur de la trottinette aurait contourné ce fonctionnaire pour continuer sa route.
C'est quelques instants plus tard que le choc s'est produit. "Il aurait doublé à vive allure une voiture dans sa course et, en se retournant pour vérifier qu'il n'était pas suivi, n'aurait pas vu le fourgon des CRS qui revenait sur les lieux à vitesse réduite", poursuit le communiqué du parquet. "Malgré la tentative du conducteur du fourgon pour éviter le choc, le jeune homme en trottinette heurtait violemment le véhicule", ajoute Jean-Marie Blin.
Une riveraine, qui a assisté à la scène, a décrit à Ouest-France un conducteur circulant sans casque. Selon son récit, le fourgon était en train de redémarrer lorsque la collision s'est produite, et le jeune homme a été projeté contre une automobile en stationnement.
Ouest-France, présent sur place, a décrit une scène dont les traces restaient visibles plus d'une heure durant : l'engin renversé sur la chaussée, le pare-brise arrière d'une voiture éclaté et l'aile avant droite du fourgon enfoncée. Le quotidien régional a également relevé, aux alentours de 20h pendant les constatations, des baskets et un sweat gris abandonnés au sol.
Une unité déployée face au narcotrafic
Le fourgon impliqué appartient à la CRS 82, a identifié le quotidien. Cette compagnie fait partie des unités dites de nouvelle génération, créées fin 2023 sur le modèle de la CRS 8. Basée à Saint-Herblain, en Loire-Atlantique, elle a été conçue comme une force à projection rapide, capable de se déployer en moins de trente minutes dans son rayon d'action, de jour comme de nuit. Ses missions cumulent le maintien de l'ordre, la lutte contre les violences urbaines et l'appui aux effectifs de police locaux. Dans les faits, son activité s'est rapidement concentrée sur le harcèlement des points de deal.
Rennes figure parmi ses terrains d'intervention réguliers. La compagnie avait déjà été envoyée dans le quartier de Villejean en mai 2025 après des coups de feu, sur décision du préfet d'Ille-et-Vilaine, puis de nouveau en décembre de la même année, à la suite de nouveaux tirs près d'un point de deal et de la découverte, dans le quartier du Blosne, du corps d'un homme de 28 ans présentant plusieurs plaies par balles. La maire de la ville, Nathalie Appéré, réclame depuis plusieurs mois qu'une unité de ce type y soit affectée en permanence.
Aucune caméra de vidéosurveillance ne couvre le lieu exact de la collision, ce qui complique le travail des enquêteurs. "L'enquête se poursuit par les auditions de tous les policiers présents sur place, la recherche de témoins, notamment la conductrice du véhicule dépassé juste avant le choc, qui aurait assisté à l'accident, par une enquête de voisinage et par la recherche et l'analyse d'images de vidéosurveillance sur le trajet de la trottinette suivant le fourgon des CRS avant l'accident", a détaillé le parquet. Ce dernier n'a pas précisé quel service est saisi des investigations.