Le lundi 21 septembre 2026 à 12:30
Le policier qui conduisait le véhicule entré en collision avec un homme à moto lors d'un rodéo urbain, samedi soir à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), a été placé sous le statut de témoin assisté. La procureure de la République de Tours, Catherine Sorita-Minard, l'a annoncé ce lundi. La collision a été suivie d'une nuit de violences urbaines à Saint-Pierre-des-Corps, à Tours et à Joué-lès-Tours, au cours de laquelle neuf policiers et un gendarme ont été blessés et une vingtaine de véhicules incendiés, selon la préfecture et le parquet. Cinq jeunes ont été interpellés. Quatre d'entre eux ont vu leur garde à vue levée dimanche soir, tandis que le cinquième était toujours en garde à vue ce lundi.
Le fonctionnaire avait été placé en garde à vue samedi soir, dans le cadre d'une enquête ouverte pour blessures routières ayant entraîné une ITT inférieure à trois mois. Une information judiciaire a depuis été ouverte. Le statut de témoin assisté est un statut intermédiaire, entre celui de simple témoin et celui de mis en examen. Il signifie que le juge d'instruction n'a pas relevé à ce stade d'indices graves ou concordants à l'encontre du policier. Ce dernier peut être assisté d'un avocat et avoir accès au dossier, et il peut être mis en examen ultérieurement si les investigations le justifient.
«Dans des circonstances encore à déterminer»
Dans un communiqué, le parquet est revenu sur le déroulé des faits. "Le 19 septembre en fin de journée, un véhicule de police occupé par trois fonctionnaires de police était en intervention pour mettre fin à du rodéo urbain dans le quartier de la Rabaterie à Saint-Pierre-des-Corps (37). Dans des circonstances encore à déterminer, un choc se produisait entre le véhicule automobile et un deux-roues", a indiqué la magistrate.
L'homme qui était à moto est né en 2006. "Le conducteur du deux-roues a été pris en charge par les services de soin et hospitalisé. Blessé à la jambe, il devrait être entendu dans la journée", a précisé la procureure. Ses jours ne sont pas en danger, selon la préfecture. "Deux des trois policiers étaient blessés également et pris en charge", a ajouté le parquet.
Une expertise du freinage
Les deux véhicules vont être examinés en détail. "Le véhicule de police et le deux-roues ont été enlevés et vont faire l'objet d'une expertise pour déterminer leur bon fonctionnement, notamment de freinage", a expliqué Catherine Sorita-Minard. Selon une source proche de l'affaire, les policiers de la brigade spécialisée de terrain (BST) roulaient derrière les motos lorsque le conducteur aurait soudainement freiné, sans que les freins de la voiture répondent. Le jeune homme aurait eu la jambe coincée entre un mur et le véhicule, comme l'a rapporté Actu17 dimanche. "Des témoins sont identifiés et seront entendus", a par ailleurs fait savoir la procureure.
Actualisation. Le jeune encore en garde à vue pour participation à un attroupement avec visage dissimulé, est déféré ce matin pour un jugement en comparution immédiate cet après-midi. Outre cette infraction, celle de complicité de violences avec arme est également retenue. pic.twitter.com/fhpuwI5jYq
— Procureure Tours - Catherine Sorita-Minard (@ProcureureTours) September 21, 2026
Trois enquêtes ouvertes
Un deuxième volet vise les participants au rodéo. "J'ai fait ouvrir également une enquête pour rodéos urbains et refus d'obtempérer", a annoncé la procureure dans son communiqué. "L'enquête sur les rodéos urbains et refus d'obtempérer se poursuit", a-t-elle précisé ce lundi.
Une troisième enquête concerne les violences de la nuit. "Ces évènements sont à l'origine d'agitations dans la soirée et la nuit, avec des jets de projectiles sur les forces de l'ordre et des policiers blessés, et des dégradations par incendie de plusieurs véhicules de police et de véhicules de particuliers", a détaillé le parquet. "Une troisième enquête est ouverte sur ces faits : cinq interpellations ont eu lieu dans la nuit, de jeunes nés entre 2005 et 2010 (pas d'antécédents judiciaires) dont des mineurs, pour participation avec arme à un attroupement avec visage dissimulé. Les infractions susceptibles de leur être reprochées, ainsi que leur degré d'implication dans les faits, sont à affiner", a poursuivi la magistrate. Sur ces cinq gardes à vue, "quatre ont été levées hier soir", a-t-elle indiqué ce lundi, avant de préciser : "Une personne est toujours en garde à vue prolongée."
Retour au calme
Les affrontements se sont poursuivis jusqu'à 4 heures du matin environ, notamment dans le quartier du Sanitas, à Tours, et dans celui de la Rabière, à Joué-lès-Tours. La nuit de dimanche à lundi s'est déroulée dans le calme, selon une source policière.