Fillette retrouvée morte à Blois : la piste d'une intoxication médicamenteuse par son père privilégiée

Le procureur de Blois privilégie la piste d'un infanticide suivi d'une tentative de suicide. Le père de l'enfant, déjà condamné en 2025 pour des appels malveillants envers la mère, doit être placé en garde à vue dès que son état de santé le permettra.
Fillette retrouvée morte à Blois : la piste d'une intoxication médicamenteuse par son père privilégiée
Illustration. (Igor Paszkiewicz / Shutterstock)
Par Actu17
Le mercredi 23 septembre 2026 à 19:07

La fillette de 5 ans retrouvée morte lundi au domicile de son père, à Blois (Loir-et-Cher), aurait succombé à une intoxication médicamenteuse. Dans un communiqué diffusé ce mercredi, le procureur de la République de Blois, Stéphane Javet, estime que "l'hypothèse la plus vraisemblable demeure celle d'un infanticide suivi d'une tentative de suicide". Le père, âgé de 42 ans, se trouve toujours dans un état critique. Le magistrat prévoit un "placement en garde à vue du père dès que cela (sera) envisageable".

Selon le parquet, l'enfant a vraisemblablement été victime "d'une intoxication médicamenteuse". Elle ne présentait "pas de lésions traumatiques sur le corps", précise Stéphane Javet. Une importante quantité de médicaments a été découvert dans le logement, comme l'a révélé Actu17 mardi.

Le quadragénaire, lui, avait "attenté à ses jours en s'infligeant plusieurs coups de couteau" et a été retrouvé "dans un état médical critique", a indiqué le procureur. Il présentait "de nombreuses entailles", dont une à la gorge. Évacué en urgence absolue vers le centre hospitalier de Blois, il a ensuite été transféré à l'hôpital de Tours (Indre-et-Loire), où il a été opéré. Une enquête a été ouverte par le parquet de Blois.

Le père localisé grâce à son téléphone

La fillette avait passé le week-end chez son père, qui devait la conduire en classe lundi matin. Elle n'est jamais arrivée à l'école. L'établissement a signalé son absence à la mère, qui a alerté les forces de l'ordre. En localisant la ligne téléphonique du père, les enquêteurs ont établi qu'il se trouvait à son domicile, rue Lucien-Jardel, dans le quartier Saint-Georges.

En fin de journée, les policiers se sont présentés au pavillon. Faute de réponse, ils sont entrés avec les secours. Les fonctionnaires ont découvert l'enfant inanimée dans une chambre. Son père était allongé près d'elle, un couteau à proximité.

Un «conflit familial aigu»

Depuis leur séparation en 2024, le père et la mère entretenaient "des rapports difficiles", selon le parquet. Face à ce "conflit familial aigu", un juge des enfants avait placé la famille sous une mesure d'assistance éducative en milieu ouvert (AEMO). Ce dispositif permet à des travailleurs sociaux d'intervenir auprès des parents lorsqu'un mineur est jugé en danger, tout en le laissant vivre chez eux.

Le suivi de cette procédure "n'a donné lieu à aucun incident particulier ou signalement inquiétant au juge des enfants, notamment sur des suspicions de violences à l'égard de la jeune fille", souligne le procureur. Ni le père ni la mère n'avaient porté plainte l'un contre l'autre, ajoute le magistrat.

Déjà condamné pour des appels malveillants

Le père n'était pourtant pas inconnu de la justice. En 2025, le tribunal lui a infligé six mois de prison avec sursis pour avoir harcelé la mère de la fillette par des appels téléphoniques malveillants.

La mère et la grand-mère maternelle de l'enfant ont été prises en charge par une cellule médico-psychologique.

Logo Actu17

Suivez l'actualité Police-Justice en direct, où que vous soyez.

→ Installer l'appli Actu17

DISPONIBLE SUR iOS · ANDROID · GRATUIT