Metz : L'adolescente filmée lors de son interpellation dément toute agression sexuelle, le policier porte plainte pour diffamation

Le procureur de la République de Metz a fait le point mardi sur l'enquête ouverte après la diffusion de la vidéo de l'interpellation d'une adolescente. Les investigations visent désormais aussi à identifier l'auteur de la diffusion des images.
Metz : L'adolescente filmée lors de son interpellation dément toute agression sexuelle, le policier porte plainte pour diffamation
Une partie de l'interpellation a été filmée par un témoin. (capture écran vidéo / DR)
Par La Rédaction
Le mardi 6 octobre 2026 à 16:19 - MAJ mardi 6 octobre 2026 à 18:31

L'adolescente de 14 ans dont l'interpellation par un policier de la brigade anticriminalité (BAC) a été filmée à Metz (Moselle) a réfuté devant l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) tout acte de violence et toute agression sexuelle. Son représentant légal n'a pas porté plainte. Le fonctionnaire mis en cause a, de son côté, déposé plainte pour diffamation. Ces informations ont été annoncées ce mardi après-midi par David Touvet, procureur de la République de Metz, dans un communiqué.

La jeune fille a été interpellée lundi en marge de la mobilisation lycéenne. Sur les images, vues plusieurs millions de fois, elle apparaît maintenue au sol par le policier, qui semble lui toucher les cheveux puis la poitrine. La diffusion de cette séquence avait conduit le parquet à ouvrir une enquête mardi matin. "Une vidéo réalisée lors de l'interpellation d'une jeune fille de 14 ans par un fonctionnaire de police à Metz a été diffusée lundi 5 octobre 2026 dans la soirée sur divers réseaux sociaux. Cette vidéo est accompagnée de commentaires mettant en cause ce fonctionnaire, dont le visage n'est pas masqué, pour avoir commis à cette occasion une agression sexuelle sur la personne interpellée", rappelle le magistrat.

L'adolescente «a réfuté tout acte de violence»

"Interrogée ce jour par l'IGPN, la jeune fille a réfuté tout acte de violence et tout acte d'agression sexuelle sur sa personne dans le cadre de son interpellation", indique le procureur. "Son représentant légal, également entendu, n'a pas déposé plainte", ajoute-t-il.

L'enquête ouverte mardi matin se poursuit néanmoins. "Informé ce jour de la mise en cause publique de ce fonctionnaire de police, j'ai décidé d'ouvrir une enquête et en ai saisi l'IGPN, avec l'appui de l'office anti-cybercriminalité (OFAC) rattaché à la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de la Moselle", explique David Touvet. "Cette enquête a pour objet de faire toute la lumière sur les conditions de l'interpellation de la jeune fille, et d'établir l'existence ou non d'actes pouvant être qualifiés d'agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans", précise-t-il.

Le policier porte plainte pour diffamation

"Parallèlement, le policier mis en cause a déposé plainte ce jour du chef de diffamation publique envers un dépositaire de l'autorité publique par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique. Cette plainte a été jointe à l'enquête en cours", poursuit le procureur. Plus tôt dans la journée, une source policière avait indiqué à franceinfo que le fonctionnaire comptait engager cette démarche.

«Un véritable lynchage médiatique»

Auprès d'Actu17, David Ghisleri, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale en Moselle, dénonce "un véritable lynchage médiatique" visant ce policier de la BAC de Metz, intervenu en marge des manifestations lycéennes. "Les manipulations de l'extrême gauche sur chacune des actions de police jettent le discrédit sur une profession déjà en grande difficulté. Ces manœuvres nauséabondes ont eu un impact considérable sur l'aspect psychologique de ce policier ainsi que de sa famille", déplore le responsable syndical.

La procédure suit désormais son cours. "Les investigations se poursuivent afin notamment d'identifier l'auteur de la diffusion de la vidéo. Une décision sera prise sur la base de la transmission au parquet de l'entière procédure d'enquête", conclut le magistrat.

L'adolescente a, pour sa part, été placée en garde à vue pour "dégradations" et "participation à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations", selon les précisions du procureur rapportées par franceinfo.