Canicule : Au moins treize morts par noyade en France depuis samedi soir

Alors que la France suffoque sous une chaleur exceptionnelle, les baignades se transforment en drames. La Sécurité civile a recensé au moins treize morts par noyade entre samedi soir et lundi, et appelle les Français à la plus grande vigilance.
Canicule : Au moins treize morts par noyade en France depuis samedi soir
Illustration. (Adobe Stock)
Par La Rédaction
Le lundi 22 juin 2026 à 11:16

Au moins treize personnes sont mortes par noyade en France depuis samedi soir, alors que le pays traverse une vague de chaleur d'une intensité exceptionnelle. Le porte-parole national de la Sécurité civile, Jérôme Boulanger, a dressé ce lourd bilan lundi 22 juin, appelant la population à la plus grande prudence face à la multiplication des drames. L'Île-de-France a payé un tribut particulièrement lourd, avec deux décès survenus à un quart d'heure d'intervalle dans des communes de Seine-et-Marne.

Selon la Sécurité civile, treize personnes au total ont perdu la vie par noyade entre samedi 21 heures et lundi matin, dont dix pour la seule journée de dimanche. Le porte-parole s'est exprimé sur l'antenne d'Ici Paris Île-de-France, puis sur BFMTV. Ces drames sont survenus alors que la canicule a continué de s'intensifier : lundi, 49 départements ont été placés en vigilance rouge et 40 autres en vigilance orange.

Deux noyades à un quart d'heure d'intervalle en Seine-et-Marne

Tout a commencé peu avant 21 heures, quai de la Gourdine, à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne). D'après des témoins, un homme de 38 ans, en état d'ébriété, aurait voulu se rafraîchir en se jetant dans la Marne, avant d'être emporté sous la surface. D'importants moyens ont aussitôt été déployés, avec une vingtaine de sapeurs-pompiers et plusieurs équipes de plongeurs. Sortie de l'eau, la victime a fait l'objet d'une réanimation cardiopulmonaire, restée vaine. "Malheureusement, cela s'est avéré infructueux puisque le médecin du SAMU l'a déclaré décédé quelques minutes plus tard", a confié une source proche du dossier au Parisien.

À peine un quart d'heure plus tard, une nouvelle alerte parvenait aux secours. Il était 21 heures lorsqu'une adolescente de 13 ans a perdu la vie dans la Seine, non loin du pont de Fontaine-le-Port, où elle se baignait avec ses proches. "C'est une jeune fille qui se baignait avec sa famille au bord de la Seine mais qui, au dire de la famille, ne savait pas nager", a précisé la même source à nos confrères. La jeune fille aurait plongé sans jamais refaire surface. Une vingtaine de pompiers ont de nouveau été mobilisés. Malgré la réanimation, le praticien n'a pu que constater son décès. Avant même l'arrivée des secours, son frère de 16 ans avait plongé à son tour pour essayer de la secourir.

Des drames recensés dans plusieurs départements

D'autres familles ont été endeuillées ce week-end ailleurs dans le pays. Un homme de 28 ans s'est noyé dimanche soir dans le lac d'Hommes, à l'ouest de Tours (Indre-et-Loire), alors qu'il s'y trouvait en compagnie d'amis, sur ce plan d'eau dépourvu de surveillance, selon franceinfo.

La veille, samedi, deux enfants de 11 et 13 ans ont péri dans le Doubs, à Besançon, l'un en tentant de porter secours à l'autre.

«Un enfant dans l'eau, c'est un adulte qui le surveille»

Face à cette série de noyades, Jérôme Boulanger a multiplié les mises en garde. "Lorsqu'on va se baigner, il faut vraiment que ce soit dans un lieu surveillé", a insisté le porte-parole, rappelant que la surveillance des plus jeunes doit être constante. "Un enfant dans l'eau, c'est un adulte qui le surveille et qui ne fait que ça", a-t-il martelé. Dans les zones de baignade non autorisées, le responsable a appelé à ne pas s'improviser sauveteur : "Il ne faut pas chercher à porter secours. La première chose à faire, c'est de contacter les secours dès qu'une personne est en difficulté", en composant le 18 ou le 112.

La Seine-et-Marne était déjà endeuillée avant ce week-end. Vendredi déjà, un jeune homme de 17 ans, originaire de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), avait trouvé la mort dans le plan d'eau de l'île de loisirs de Vaires-Torcy, à hauteur de Chelles. Réservé à la pratique de l'aviron, ce site est normalement interdit aux baigneurs. Évacué par hélicoptère vers l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, il n'avait pas survécu. À la fin du mois de mai, une précédente vague de chaleur avait déjà coûté la vie à quatre personnes dans le département, dont trois sur un même week-end, dans des secteurs là aussi proscrits aux baigneurs, selon Le Parisien.

Pour faire face à ces fortes chaleurs, environ 250 000 sapeurs-pompiers sont mobilisés à travers le pays. Le danger ne se limite pas aux noyades : lundi, le risque de feux de forêt était jugé élevé dans 17 départements, principalement situés dans le centre, l'ouest et le sud. En Île-de-France, plusieurs feux de champs et de chaume se sont déclarés ces dernières heures, en pleine période de moisson.