Le mercredi 19 août 2026 à 11:59
Le cadavre d'une femme, nu et brûlé sur une partie du corps, a été retrouvé au milieu de vignes le mercredi 12 août dernier à Saint-Gilles, une commune du Gard implantée à une vingtaine de kilomètres au sud de Nîmes. Une enquête pour assassinat a été ouverte par le parquet de Nîmes. Mardi, la procureure de la République a évoqué la probabilité qu'il s'agisse de Sonia Bellina, une influenceuse de 29 ans portée disparue depuis le 10 août, sans que son identification soit encore formellement établie. Dans le même temps, la famille de la jeune femme a annoncé, par l'intermédiaire de son avocat, des poursuites contre les auteurs des rumeurs et des propos outrageants diffusés en ligne depuis plusieurs jours.
C'est un ouvrier agricole qui a fait la macabre découverte, au matin du 12 août, en prenant son service dans une parcelle de vignes. Un autre ouvrier agricole, interrogé par Midi Libre à proximité des lieux, a rapporté les propos de son collègue : "Quand il est arrivé sur la parcelle, il a vu le cadavre, il y avait encore des fumerolles au-dessus du corps, cela ne devait pas faire longtemps que le feu avait été mis."Un produit inflammable a été répandu sur le corps, selon le quotidien régional. Une manœuvre qui visait, selon toute vraisemblance, à empêcher toute reconnaissance rapide de la victime et à freiner ainsi le travail des enquêteurs.
Les investigations ont été confiées à la section de recherches (SR) de la gendarmerie de Nîmes, avec l'appui de la brigade de recherches et du groupement de gendarmerie du Gard. Une autopsie a été pratiquée le jeudi 13 août. D'après nos confrères, jusqu'à quarante militaires ont été mobilisés sur ce dossier dans les premiers jours. Leurs missions se sont réparties entre l'exploitation de la scène de crime, la présence aux opérations d'autopsie, les auditions de témoins et l'exploitation des images de vidéosurveillance. Une douzaine d'enquêteurs seraient toujours déployés. Aucune piste n'est écartée à ce stade.
L'identification suspendue aux analyses ADN
L'identification de la victime demeure l'un des enjeux centraux des investigations. Interrogée mardi par BFMTV, la procureure de la République de Nîmes, Cécile Gensac, a confirmé "la probabilité" que le corps "soit celui de l'influenceuse des réseaux sociaux, Sonia Bellina, évoquée ces dernières heures". "La certitude ne pourra cependant intervenir qu'avec le retour de l'analyse comparative ADN dont les résultats devraient intervenir prochainement", a précisé la magistrate.
Âgée de 29 ans, Sonia Bellina partageait sa vie entre Paris et Nîmes. Elle était très suivie sur les réseaux sociaux, avec environ 260 000 abonnés sur un compte TikTok, près de 120 000 sur un second et 13 000 sur Instagram. Selon Midi Libre, la jeune femme portait des prothèses mammaires et une bague, des éléments qui correspondraient à ceux relevés sur la dépouille.
Avant que la famille ne confie sa communication à un conseil, la sœur aînée de la jeune femme, qui se fait appeler Mia, s'était exprimée à plusieurs reprises. Reçue lundi 17 août dans les locaux nîmois de Midi Libre, elle a confié que la famille s'apprêtait à organiser le trentième anniversaire de sa sœur, prévu le 30 septembre. "Elle est tombée sur le mauvais gars au mauvais moment", a-t-elle déclaré au quotidien. Toujours selon Midi Libre, les proches sont parvenus à localiser le téléphone portable de la jeune femme grâce au partage de position. Auprès du Progrès, la sœur a par ailleurs expliqué que Sonia Bellina avait rendez-vous, dans la nuit du mardi 11 au mercredi 12 août, avec "quelqu'un qu'elle fréquentait". "Elle nous a dit qu'elle sortait un soir, elle n'est jamais revenue", a-t-elle ajouté. Elle s'est également confiée lundi lors d'une émission diffusée en direct sur TikTok. Dans Midi Libre, elle avait lancé un appel : "On demande que les gens nous aident à trouver le coupable et à l'arrêter", insistant pour que toute personne détenant une information la porte à la connaissance des gendarmes.
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Une avalanche de publications visée par le cabinet d'avocats
En parallèle des investigations, l'affaire a donné lieu à un déferlement de publications sur les réseaux sociaux. Des photographies issues du compte TikTok de la victime ont été reprises et diffusées en masse, des rumeurs ont circulé sur une prétendue activité d'escort-girl, et des messages hostiles ont visé la jeune femme après sa mort. "Il y en a même qui disent qu'elle a mérité ce qui lui est arrivé. Des gens utilisent les photos de ma sœur pour faire du buzz", avait dénoncé Mia dans Midi Libre, expliquant avoir signalé plusieurs comptes à la plateforme sans obtenir leur fermeture.
Tant que l'identification n'est pas officielle, aucune identité ni aucun portrait ne peuvent être diffusés sans que les proches y aient expressément consenti, avait rappelé une source judiciaire à Midi Libre. C'est précisément un communiqué diffusé au nom des proches qui a levé cette réserve. Mardi 18 août en début d'après-midi, Maître Mourad Battikh, avocat au barreau de Paris, a fait savoir qu'il avait été saisi par la famille de Sonia Bellina pour assurer la défense de ses intérêts dans le cadre de l'enquête. "La famille traverse une épreuve d'une violence extrême. Elle sollicite le respect de son intimité et de son deuil et ne fera aucune déclaration", indique le texte, qui renvoie toute sollicitation vers le cabinet. Le conseil y vise les publications diffusant "en masse rumeurs, spéculations, propos outrageants et mises en cause, accompagnés d'images et d'éléments relevant de la vie privée". "Ces agissements ajoutent une souffrance inutile à celle des proches et sont de nature à nuire au bon déroulement de l'enquête", poursuit-il.
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Le communiqué détaille les qualifications pénales susceptibles d'être retenues contre les auteurs de ces publications : des faits de diffamation et d'injure publiques, y compris lorsqu'ils visent la mémoire d'une défunte et rejaillissent sur l'honneur de ses proches encore en vie, sur le fondement de la loi du 29 juillet 1881 ; harcèlement moral, y compris commis en ligne et à plusieurs, prévu par l'article 222-33-2-2 du code pénal ; atteinte à la vie privée et au droit à l'image, réprimée par les articles 226-1 et suivants ; ainsi qu'atteinte au respect dû aux morts, visée à l'article 225-17.
"Le cabinet procède d'ores et déjà à la constatation et à la conservation des preuves. Chaque publication fera l'objet, selon les cas, de signalements aux plateformes et à PHAROS, de demandes d'identification de leurs auteurs, de plaintes et d'actions devant les juridictions compétentes, civiles comme pénales", conclut Maître Mourad Battikh, qui avertit : "La suppression ultérieure d'un contenu ne mettra pas fin aux poursuites engagées."