Enlèvement à Toulouse : la victime appelle le 17 grâce au téléphone d'un ravisseur endormi, une AK-47 saisie

Six personnes ont été interpellées après l'enlèvement et la séquestration d'un homme entre Toulouse et Caussade. Une Kalachnikov et une arme de poing ont été saisies. Une information judiciaire a été ouverte.
Enlèvement à Toulouse : la victime appelle le 17 grâce au téléphone d'un ravisseur endormi, une AK-47 saisie
Illustration. (Arnaud Journois / PhotoPQR / Maxppp)
Par La Rédaction
Le mardi 10 mars 2026 à 12:54

Un homme a été enlevé et séquestré à Toulouse (Haute-Garonne) avant d'être transporté ligoté jusqu'à Caussade (Tarn-et-Garonne) le 5 mars dernier. La victime est parvenue à alerter la gendarmerie en pleine nuit, permettant l'interpellation de six personnes et la saisie d'armes de guerre, dont une AK-47. Le mobile de cette affaire : la reprise d'un trafic de stupéfiants. Une information judiciaire a été ouverte, selon un communiqué conjoint du procureur de la République de Toulouse, David Charmatz, et du commandant de la Section de recherches de Toulouse, le colonel Mikael Petit.

Les faits se sont produits le 5 mars dernier "en fin d'après-midi". Un homme a été victime "d'un enlèvement et d'une séquestration dans un appartement situé à Toulouse, où il était violenté par plusieurs protagonistes majeurs et mineurs". Ses ravisseurs l'ont ensuite transporté, "ligoté, vers un second logement situé sur la commune de Caussade".

La victime appelle le 17 avec le téléphone d'un ravisseur endormi

Le lendemain, à 04h45, la victime est parvenue "à contacter la Gendarmerie par le 17 à l'aide du téléphone d'un seul de ses ravisseurs, qui s'était assoupi", précisant avoir été amenée depuis Toulouse et décrivant le véhicule utilisé. L'homme a également indiqué "que l'individu qui le gardait était armé d'une arme à feu de type AK-47".

Les primo-intervenants de la brigade de Caussade ont alors "très rapidement" vérifié la présence du véhicule décrit et "un dispositif de bouclage était immédiatement mis en place". À 06h30, les militaires du peloton de surveillance et d'intervention (PSIG) de Montauban sont parvenus à interpeller le ravisseur "qui sortait du logement, dissimulant une AK-47 sous son manteau, tandis que la victime le suivait, menottée".

La Section de recherches de Toulouse a été "immédiatement saisie". Les investigations ont permis d'identifier le premier lieu de séquestration à Toulouse, où "un dispositif d'observation et d'intervention était engagé avec l'appui de l'Antenne GIGN et du Groupe d'Observation et de Surveillance de Toulouse". Quatre autres individus ont été interpellés dans le logement, dont "un mineur de 17 ans, porteur d'un revolver approvisionné". Le soir même, "un sixième individu âgé de 16 ans, identifié comme ayant participé à la séquestration et auteur de violences" a également été interpellé et placé en garde à vue.

Un projet lié à un trafic de stupéfiants

Plusieurs "vidéos des violences exercées sur la victime" ont été retrouvées "sur les téléphones portables saisis et sur des échanges de messageries cryptées". Les faits ont été reconnus par les différents protagonistes. Selon le communiqué, ils correspondent à un "projet de séquestration dirigé par un majeur et un mineur de 17 ans, destiné à permettre la reprise d'un trafic de stupéfiant auquel participait antérieurement la victime".

La "réactivité des unités de gendarmerie aussi bien dans les interpellations que dans les investigations a très certainement permis de mettre un terme à une activité criminelle soutenue de certains des protagonistes sur l'ensemble de la région Midi Pyrénées", souligne le communiqué.

Cinq des six personnes placées en garde à vue ont été présentées lundi devant un juge d'instruction dans le cadre d'une information judiciaire ouverte notamment pour "participation en bande organisée à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime", "arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire en bande organisée", "diffusion de l'enregistrement d'images relatives à des violences (happy slapping)", "violences aggravées par trois circonstances suivies d'ITT n'excédant pas 8 jours" ainsi que "détention et transport d'arme et munition de guerre (catégorie A) et de catégorie B et C". Deux des trois majeurs ont été placés en détention provisoire. Le mineur de 17 ans, à qui il est reproché "d'être co-initiateur du projet", a été incarcéré dans l'attente d'un débat sur sa détention provisoire. Un mineur au rôle moindre a été placé sous contrôle judiciaire. Un sixième individu a été "mis hors de cause à ce stade et libéré à l'issue de sa garde à vue".