Le mercredi 9 septembre 2026 à 14:44
Un trentenaire est entré dans l'église Saint-Rémi de Forbach (Moselle) en criant "Allah Akbar" et en cherchant le prêtre, ce mardi vers midi. Âgé de 35 ans, il a été interpellé sur place par les policiers, qui ont retrouvé un couteau près de lui. Il a été placé en garde à vue pour apologie du terrorisme, port d'arme et usage de stupéfiants.
Les fonctionnaires sont intervenus après avoir été alertés "par les parents d'adolescentes de 14 ans, scolarisées dans un collège à proximité, qui avaient entendu le mis en cause crier à plusieurs reprises 'Allah Akbar' tout en cherchant manifestement le prêtre", a indiqué ce mercredi 9 septembre le procureur de la République de Sarreguemines, Olivier Glady, dans un communiqué, confirmant une information du JDD.
L'archiprêtre était absent de l'église à ce moment-là. Les policiers ont trouvé l'homme retranché dans un coin de l'édifice, et l'ont interpellé. Il était "en possession d'un couteau de type Opinel, couteau qui n'avait cependant à aucun moment été exhibé", a souligné le procureur. Les fonctionnaires ont par ailleurs saisi une "petite quantité de résine de cannabis".
«Il n'y a eu ni agression, ni violence, ni dégradation dans l'église»
"Il n'y a eu ni agression, ni violence, ni dégradation dans l'église", a déclaré à l'Agence France-Presse l'archiprêtre Laurent Pidolle, curé de Forbach. Le religieux a assuré au Républicain Lorrain qu'il allait bien et qu'il n'avait jamais été menacé. Il estime avoir eu affaire à une personne en souffrance psychologique qui souhaitait parler à un prêtre.
Le mis en cause, né en ex-Yougoslavie en 1991, est "inconnu des services des renseignements territoriaux et n'est pas l'objet d'une fiche S", a précisé le magistrat. "Son casier judiciaire comporte deux mentions sans lien avec des infractions relevant du terrorisme ou d'atteintes aux intérêts de l'État", a ajouté le parquet. Il vit chez sa mère, à Stiring-Wendel, où les enquêteurs ont procédé à une perquisition. Les investigations se poursuivent pour déterminer quel est son "environnement religieux" et son "profil psychiatrique".
«S'en prendre à un prêtre ou à une église, c'est s'en prendre à la République»
Sur Facebook, Alexandre Cassaro a réagi le lendemain. Le maire de Forbach a condamné "avec la plus grande fermeté cet acte lâche et odieux, qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques". "L'apologie du terrorisme, comme toutes les idéologies de haine et de violence, n'a aucune place dans notre société", a-t-il écrit, estimant que "s'en prendre à un prêtre ou à une église, c'est s'en prendre à la République".
Il a également tenu à saluer "le courage et la lucidité" des jeunes filles qui ont alerté leurs parents et remercié les policiers "pour leur réactivité et leur efficacité". L'édile a exprimé son "soutien le plus entier" à l'archiprêtre, aux prêtres de la paroisse et à l'ensemble de la communauté catholique, "profondément éprouvés par cet événement".