Radar à 30 km/h sur le périphérique parisien : les automobilistes flashés ne paieront pas

Le radar de chantier de la porte de Montreuil, sur le périphérique parisien, ne rapportera rien. La préfecture de police annonce à Actu17 l'arrêt de la verbalisation et le classement sans suite de toutes les contraventions déjà envoyées.
Radar à 30 km/h sur le périphérique parisien : les automobilistes flashés ne paieront pas
Le radar de chantier était installé au niveau de la porte de Montreuil. (capture écran vidéo 40 millions d'automobilistes)
Par Actu17
Le vendredi 4 septembre 2026 à 19:22 - MAJ vendredi 4 septembre 2026 à 19:40

Les automobilistes flashés par le radar de chantier installé sur le boulevard périphérique parisien, au niveau de la porte de Montreuil, ne paieront finalement pas leurs amendes. Contactée par Actu17, la préfecture de police annonce la neutralisation de la production des procès-verbaux et le classement sans suite des infractions déjà relevées, une décision prise par le procureur de la République de Rennes (Ille-et-Vilaine). L'appareil, mis en service le 24 août 2026 dans une zone de travaux où la vitesse a été abaissée à 30 km/h, était contesté depuis plusieurs jours par l'association 40 millions d'automobilistes.

C'est un dysfonctionnement de l'équipement qui a conduit les services de l'État à interrompre la verbalisation, a fait savoir la préfecture de police ce vendredi 4 septembre en fin de journée. "Du fait de périodes de fonctionnement rendues aléatoires en raison de difficultés techniques sur l'appareil, la production de procès-verbaux a été neutralisée", indique-t-elle à Actu17.

Les conducteurs qui ont déjà reçu un avis de contravention sont eux aussi concernés. "Le procureur de la République de Rennes, après analyse de la situation relative à cet équipement, a décidé le classement sans suite des infractions concernées, compte tenu notamment des difficultés techniques de fonctionnement relevées sur l'appareil au cours de la période en cause", poursuit la préfecture de police. "Les justiciables pour lesquels un avis de contravention a d'ores et déjà été transmis recevront dans les meilleurs délais un courrier les informant de cette décision."

C'est ce parquet qui traite, pour l'ensemble du territoire, les infractions relevées par les radars automatiques : l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI) est installée dans la ville bretonne. "Il s'agissait pour moi de garantir l'égalité des citoyens devant la loi, entre les usagers verbalisés et ceux qui ne l'ont pas été du fait de ces difficultés techniques", a expliqué le procureur de la République à France Télévisions.

Un radar installé à la demande de la ville de Paris

Dans sa réponse à Actu17, la préfecture de police apporte une précision sur l'origine du dispositif, jusqu'ici passée sous silence. "Ce radar a été installé le 24 août 2026 à la demande de la ville de Paris, qui a autorité de police et de circulation sur le BP, en raison de travaux au niveau de la porte de Montreuil", écrit-elle, en employant l'abréviation du boulevard périphérique. La municipalité est donc bien à l'initiative de l'implantation de l'équipement.

La Délégation à la sécurité routière (DSR) et la préfecture de police "ne sont pas opposées par principe à l'installation des radars chantier censés attirer l'attention des automobilistes (danger sur la route, rétrécissement, protection des agents intervenants)", précise encore la même source, qui ajoute qu'une "signalétique adaptée a été mise en place pour une bonne prise en compte des conducteurs, notamment en retour de congé estival".

Placé sous un pont, le radar flashait depuis fin août les véhicules circulant à plus de 30 km/h. Le chantier a fait chuter la limitation de 50 à 30 km/h sur cette portion. Concrètement, un conducteur roulant à 32 km/h pouvait se voir verbalisé.

18 véhicules flashés en 4 minutes et 39 secondes

L'association 40 millions d'automobilistes s'est rendue sur place pour mesurer la cadence de l'appareil. Selon son comptage, 18 véhicules ont été flashés en 4 minutes et 39 secondes. À partir de cette observation, elle a établi une projection : "À 135€ par contravention, le radar pourrait ainsi générer théoriquement 752.516€ par jour et 274.668.340€ par an", écrit-elle, tout en précisant que cette "extrapolation repose sur une observation ponctuelle de 4 minutes et 39 secondes et ne constitue pas une estimation officielle des recettes du dispositif". Ce qui représenterait, toujours selon elle, plus de deux millions de procès-verbaux par an.

Dans un communiqué publié le 3 septembre, la veille de l'annonce de la préfecture de police, l'association a demandé à Estelle Balit, déléguée interministérielle à la Sécurité routière, le retrait du radar et l'annulation de toutes les contraventions envoyées depuis le 24 août. Elle a mis en cause la lisibilité de la signalisation dans un environnement de trafic dense et a estimé qu'il aurait été plus cohérent de neutraliser une voie, voire deux, pour éloigner physiquement les véhicules de la zone de travaux. Surtout, elle a interrogé la finalité même du dispositif, se demandant s'il avait été "réellement installé pour protéger les travailleurs" ou s'il s'agissait d'un équipement destiné avant tout à "produire des PV". "La sécurité routière mérite mieux qu'un radar qui piège les automobilistes à 32 km/h", concluait-elle.

Quelques minutes après l'annonce, l'association a salué sur le réseau social X une "victoire historique", estimant que le radar "va être déplacé" et que "TOUTES les amendes vont être annulées". "Une immense victoire pour chacun d'entre nous, automobilistes", a-t-elle écrit.

Rien n'indique en revanche que l'équipement disparaîtra du périphérique. "Des travaux et discussions sont en cours entre les services de l'État et la ville de Paris pour identifier un nouveau point d'implantation pour le radar et stabiliser son fonctionnement, notamment en rapport avec l'évolution du chantier dans le temps", conclut la préfecture de police.

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