Nantes : Une enseignante agressée sexuellement par un collégien de 12 ans dans sa salle de classe

Une enseignante du collège La Durantière, à Nantes, a été agressée sexuellement le 22 juin par un élève de 12 ans, alors qu'elle travaillait seule dans sa salle. Restée confidentielle plus de deux mois, l'affaire a été rendue publique le jour de la rentrée par les personnels de l'établissement, qui menacent de se mettre en grève le 8 septembre.
Nantes : Une enseignante agressée sexuellement par un collégien de 12 ans dans sa salle de classe
Le collège La Durantière à Nantes. (Google view)
Par Actu17
Le jeudi 3 septembre 2026 à 19:14

Une enseignante d'un collège de Nantes (Loire-Atlantique) a été victime d'une agression sexuelle commise par un élève de 12 ans, à la fin du mois de juin. L'affaire, restée confidentielle plus de deux mois, a été rendue publique par les personnels de l'établissement le jour de la rentrée scolaire, mardi 1er septembre, alors que l'enseignante reprenait les cours. Une expertise pédopsychiatrique doit désormais déterminer si l'adolescent peut être déclaré pénalement responsable.

Les faits se sont produits le 22 juin, dans une salle du collège La Durantière, situé entre les quartiers des Dervallières et de Bellevue. L'enseignante travaillait seule, assise à son bureau, quand un élève est entré et s'est avancé vers elle. Selon le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, l'adolescent lui a d'abord proposé un massage, ce qu'elle a refusé. "Une fois à sa hauteur, il a commis un geste d'une extrême violence en lui empoignant et en lui pétrissant la poitrine", a raconté Amélie de Schepper, professeure d'histoire-géographie chargée de livrer le récit de la victime, dans des propos rapportés par Presse Océan.

Toujours selon la version relayée par ses collègues, l'élève lui aurait ensuite entouré le cou de son bras pour la maintenir courbée sur son bureau. L'enseignante s'est débattue, a crié et a fini par le repousser, avant de le sommer de la suivre jusqu'au bureau de la direction. Dix jours d'incapacité totale de travail (ITT) lui ont été notifiés. Elle a porté plainte au commissariat, où elle a été accompagnée. Le parquet a été saisi d'un signalement et le rectorat lui a accordé la protection fonctionnelle. Convoqué en conseil de discipline, l'élève a été définitivement exclu de l'établissement.

Une expertise pédopsychiatrique en cours

Sur le plan judiciaire, où une enquête est ouverte, le collégien a été placé sous le régime de la retenue, une procédure qui se substitue à la garde à vue pour les mineurs de 10 à 13 ans. "Les faits ont été reconnus dans leur matérialité mais il s'agit à l'évidence d'un jeune extrêmement fragile", a précisé Antoine Leroy au Figaro. Or la loi pose une présomption d'irresponsabilité pénale pour les mineurs de moins de 13 ans. Seule une expertise pédopsychiatrique, demandée par le parquet et actuellement en cours, est susceptible de la lever. Selon ses conclusions, "des suites pénales pourront être données si le psychiatre estime que ce jeune est pénalement responsable ; dans le cas contraire, et le cas échéant, une mesure d'assistance éducative pourra être ordonnée, avec, donc, la saisine d'un juge des enfants", a expliqué le magistrat.

La victime a demandé que l'affaire soit rendue publique

Si l'affaire est sortie de l'établissement, c'est à la demande de la victime elle-même. Un courrier avait été adressé au ministère de l'Éducation nationale le 3 juillet pour signaler la gravité de la situation, sans réponse à ce jour. "Hier (lundi), la victime nous a dit qu'elle se sentait maintenant tellement accablée par ce manque de considération qu'elle souhaitait qu'on mette l'affaire sur la place publique", a expliqué au FigaroSylvain Marange, professeur au collège et co-secrétaire départemental du SNES-FSU. Les personnels estiment en revanche que les responsables locaux et académiques ont "tout fait pour prendre en charge l'enseignante victime", rapporte Presse Océan.

Ce courrier réitérait une revendication ancienne. Le collège, qui accueille 350 élèves et est classé en réseau d'éducation prioritaire (REP), réclame depuis 2019 son passage en REP+, le réseau d'éducation prioritaire renforcé. Ce classement permettrait le recrutement de trois à quatre enseignants supplémentaires, ainsi qu'une indemnité pour les personnels. Ces derniers laissent désormais une semaine au ministère pour prendre l'arrêté. À défaut, la grève débutera le mardi 8 septembre.

Le rectorat de Nantes, qui soutient le classement, indique de son côté au Figaro que "l'actualisation de la carte de l'éducation prioritaire ne pourra être engagée qu'après la prochaine échéance électorale". Il rappelle qu'une dotation supplémentaire de 18 heures a été accordée au collège à la rentrée, et que l'établissement bénéficie d'un assistant de prévention et de sécurité à plein temps ainsi que d'un agent d'équipe mobile de sécurité affecté en permanence.

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