Le mercredi 7 octobre 2026 à 19:00
Deux frères de 21 et 25 ans ont été interpellés mardi dans le nord de la France. Ils sont soupçonnés d'avoir été les administrateurs principaux de NudeLeaksTeens, une plateforme qui vendait des contenus intimes volés appartenant à plus de 17 000 femmes, dont certaines mineures. Trois sites associés à ce service ont été fermés ce mercredi, dans le cadre d'une opération menée conjointement par la France et les États-Unis, a annoncé le parquet de Paris dans un communiqué.
"Dans le cadre d'une coopération conjointe avec les autorités policières et judiciaires des États-Unis d'Amérique dans la lutte contre la pédopornographie et contre la diffusion et la vente de contenus sexuels privés volés concernant des femmes, trois sites web associés à un service dénommé NudeLeaksTeens ont été fermés ce jour : nlthub.pk, nltvids.com et nudeleaksteens.com", a indiqué la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau.
Une note de «beauté» sur 10
Selon le parquet, l'enquête a révélé un système bien rodé. "Elle a mis au jour une plateforme proposant à la vente des "packs" de contenus intimes volés, provenant de diverses sources : piratage informatique de comptes de réseaux sociaux, "grooming", "revenge porn", au préjudice de plus de 17 000 femmes dont certaines mineures, de toutes nationalités", a détaillé la magistrate. Les contenus provenaient notamment du piratage de comptes, du pédopiégeage, où des adultes manipulent des mineurs en ligne, ou de la vengeance pornographique, c'est-à-dire la diffusion d'images intimes par un ex-partenaire.
Les victimes étaient également fichées. "Les utilisateurs du site étaient incités, contre récompense en monnaie virtuelle, à fournir des informations d'identification de chaque victime, recensée individuellement sous leur vrai nom, indexée par âge, lieu de résidence, métier et niveau de "beauté" noté sur 10", a précisé le parquet.
Les deux frères "sont suspectés d'avoir été les administrateurs principaux du service NudeLeaksTeens", selon le communiqué. Les enquêteurs ont également saisi des cryptoactifs, dont du Bitcoin, du Litecoin, de l'USDT et de l'Ethereum, pour une valeur totale de plus de 700 000 euros.
Pédopornographie et blanchiment en bande organisée
L'enquête préliminaire est dirigée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris (J3). Elle a été confiée aux militaires de l'Unité nationale cyber (UNC) de la gendarmerie. Elle porte notamment sur des faits d'atteinte à l'intimité de la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l'image d'une personne présentant un caractère sexuel. Les autres infractions visées sont toutes retenues en bande organisée : atteinte à un système de traitement automatisé de données, fourniture d'une plateforme en ligne pour permettre une transaction illicite, détention et diffusion de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique, et blanchiment de crime ou délit.
Le FBI a saisi les noms de domaine
Côté américain, le message désormais affiché sur les sites précise que les noms de domaine ont été saisis par le FBI, la police fédérale américaine. La saisie s'est appuyée sur un mandat délivré par le tribunal fédéral du district Est de la Virginie (États-Unis). Elle s'inscrit dans le cadre des opérations "Inevitable" et "Torch" ("Inévitable" et "Torche" en français). Ces opérations visent la diffusion de contenus pédopornographiques et le partage non consenti d'images intimes.
Le parquet a lancé un appel aux victimes. "Les personnes victimes de la diffusion non consentie de contenus intimes sur la plateforme NudeLeaksTeens, françaises ou étrangères, sont invitées à contacter l'Unité nationale cyber, à l'adresse [email protected]", a conclu Laure Beccuau.