La Fédération sportive de la police nationale victime d'une cyberattaque, plus de 224 000 personnes concernées

Plus de 224 000 personnes, en grande majorité des policiers, pourraient être concernées par une importante fuite de données visant leur fédération sportive. Certificats médicaux, licences et matricules figureraient parmi les informations exposées. La FSPN a porté plainte.
La Fédération sportive de la police nationale victime d'une cyberattaque, plus de 224 000 personnes concernées
Le site de la Fédération sportive de la police nationale. (A17)
Par Actu17
Le dimanche 21 juin 2026 à 17:27

Une base de données attribuée à la Fédération Sportive de la Police Nationale (FSPN) circulerait sur un forum clandestin, exposant potentiellement les informations personnelles de plus de 224 000 personnes, en grande majorité des policiers. La fédération a confirmé avoir été visée par une cyberattaque et avoir déposé plainte.

Révélée par le site spécialisé FrenchBreaches, cette fuite de données toucherait précisément 224 076 personnes : pour l'essentiel des policiers, mais aussi des membres de la fédération et des sportifs ayant pris part à ses épreuves. Les enregistrements concernés s'étaleraient sur quatorze ans, de 2012 jusqu'à cette année.

Certificats médicaux, licences et matricules dans la nature

D'après FrenchBreaches, les fichiers comprendraient environ 180 000 certificats médicaux, plus d'un million de convocations et près de 380 000 licences sportives, auxquels s'ajoutent de nombreux documents administratifs. Pour chaque adhérent, ils contiendraient aussi des informations d'identité précises : nom, prénom et date de naissance, mais également grade, matricule et service d'affectation. Réunis pour un même agent, ces derniers éléments rendent la fuite bien plus sensible que la plupart des affaires de ce type.

La mise en ligne est revendiquée par un internaute se présentant sous le pseudonyme "Misère", déjà cité dans d'autres divulgations de données sensibles, dont celles liées à la messagerie Tchap, début juin. L'origine exacte reste à déterminer, mais une faille de sécurité informatique pourrait expliquer l'exposition, selon FrenchBreaches.

La FSPN porte plainte et appelle à la vigilance

De son côté, la FSPN a réagi dans un communiqué. "Nous vous informons avoir appris ce matin qu'une base de données de la Fédération Sportive de la Police Nationale a pu faire l'objet d'une cyberattaque", écrit la fédération, qui précise que "les données piratées pourraient remonter sur plusieurs années de licences FSPN". Elle indique qu'"une plainte a été déposée et des investigations sont en cours" et recommande à ses adhérents "d'être vigilant aux mails frauduleux ou toutes autres tentatives d'hameçonnage" dans les prochaines semaines.

Cet appel à la prudence s'explique. En s'appuyant sur des éléments véridiques — identité, grade, matricule ou affectation —, des escrocs pourraient rendre leurs tentatives d'hameçonnage particulièrement crédibles, faciliter des usurpations d'identité ou encore cibler certains agents.

La présence supposée de quelque 180 000 certificats médicaux constitue par ailleurs l'un des points les plus sensibles du dossier. Numérisés et le plus souvent signés par un médecin, ces documents pourraient être détournés pour fabriquer de faux certificats.

Qu'est-ce que la Fédération sportive de la police nationale ?

Créée le 16 novembre 1947, la FSPN, dont le siège est situé à Pantin (Seine-Saint-Denis), rassemble les policiers souhaitant pratiquer un sport, en compétition ou en loisir. Soutenue par les ministères de l'Intérieur et des Sports, elle revendique aujourd'hui environ 40 000 licenciés, répartis dans près de quarante disciplines et huit ligues régionales. Le nombre de personnes potentiellement touchées, très supérieur à cet effectif, s'explique par la profondeur des données, qui remonteraient jusqu'à 2012.

Si la fédération a confirmé la réalité de la cyberattaque, la véracité de l'ensemble des fichiers et l'étendue réelle de la fuite n'ont pas encore été établies, dans l'attente des résultats des investigations en cours.