Limoges : Un militant «d'ultragauche fiché S» interpellé par le RAID après l'incendie de la mairie

Trois jours après l'incendie qui a ravagé l'hôtel de ville de Limoges, un Creusois de 40 ans présenté comme proche de la mouvance d'ultragauche a été arrêté par le RAID. La Sous-direction antiterroriste est chargée des investigations.
Limoges : Un militant «d'ultragauche fiché S» interpellé par le RAID après l'incendie de la mairie
L'hôtel de ville de Limoges a été ravagé par les flammes samedi 17 octobre 2026. (capture écran vidéo / DR)
Par Actu17
Le mardi 20 octobre 2026 à 11:02 - MAJ mardi 20 octobre 2026 à 11:31

Un homme soupçonné d'être impliqué dans l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges a été interpellé ce mardi matin à Val-d'Issoire (Haute-Vienne) par les policiers de l'antenne du RAID de Bordeaux. Âgé de 40 ans, il serait un militant d'ultragauche fiché S. La Sous-direction antiterroriste (SDAT) a été saisie des investigations, trois jours après la destruction du bâtiment historique.

Les policiers de l'antenne bordelaise du RAID sont intervenus peu après 6 heures, dans cette petite commune située au nord du département, à l'ouest de Bellac. La procureure de Limoges a confirmé l'interpellation de cette "personne suspectée dans les faits d'incendie".

La SDAT saisie

Originaire de la Creuse, le suspect appartiendrait à la mouvance d'ultragauche et serait fiché S, selon une source proche du dossier. Il serait également déjà connu pour des faits de violences sur personne dépositaire de l'autorité publique.

Les enquêteurs de la SDAT travaillent en co-saisine avec la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Limoges, précise le quotidien. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) ne "s'est pas saisi" du dossier à ce stade. Il suit toutefois l'affaire aux côtés du parquet local, afin d'évaluer s'il doit s'en saisir. Il s'appuie pour cela sur des "éléments du renseignement", a expliqué ce mardi sur franceinfoSacha Straub-Khan, porte-parole du ministère de la Justice. "Le terrorisme d'ultragauche, comme le terrorisme d'ultradroite, ça existe", a-t-il ajouté, tout en se gardant de relier cette menace à ce qui s'est passé à Limoges. La veille, le garde des Sceaux Gérald Darmanin avait dénoncé "les factieux d'ultragauche" qui cherchent selon lui à "déstabiliser nos institutions".

Le campanile et la toiture effondrés

L'hôtel de ville a été pris pour cible samedi en fin d'après-midi, en marge de la journée de mobilisation contre la vie chère, émaillée de violences dans plusieurs villes du pays. Après avoir pénétré dans le bâtiment en passant par les caves, des individus ont mis le feu, qui s'est ensuite étendu jusqu'aux combles. Les pompiers ont lutté contre les flammes toute la nuit, sans pouvoir empêcher l'effondrement de la toiture et du campanile, haut de 43 mètres. Les flammes n'ont épargné que l'aile administrative, à l'arrière de cet édifice inauguré en 1883 et classé au patrimoine historique. Aucune victime n'est à déplorer.

Pour le maire (LR) de Limoges, Guillaume Guérin, l'attaque a été préparée. "La volonté d'incendier a été préméditée. Il y a forcément eu des repérages", a-t-il affirmé au micro de plusieurs médias ce lundi. L'élu chiffre les dégâts à "des dizaines", voire "plus d'une centaine" de millions d'euros. Ce mardi, il n'a pas souhaité réagir à l'interpellation, préférant s'en remettre aux enquêteurs et à la justice, rapporte France 3.

Des peines de prison ferme pour les pillages

Les violences de samedi ont également été marquées par des pillages dans le centre-ville. Le parquet de Limoges a ouvert plusieurs enquêtes de flagrance, notamment pour des vols et recels aggravés au préjudice de commerçants. "Sur les 17 mesures de garde à vue en cours, 15 ont donné lieu à des présentations au parquet (10 majeurs et 5 mineurs)", a fait savoir le ministère public lundi. Tous les suspects majeurs "ont été poursuivis en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, à l'exception d'un seul prévenu qui ne reconnaissait pas les faits et qui a été traduit en comparution immédiate du chef de recel de vol et rébellion. Tous ont été condamnés à des peines d'emprisonnement ferme, avec ou sans aménagement de peine, selon les circonstances du dossier et les objets dérobés."

Par ailleurs, une femme de 20 ans au casier judiciaire vierge a écopé de 24 mois de prison, dont 18 mois avec sursis probatoire. Elle a été conduite en détention dès lundi après-midi. Les cinq mineurs étaient quant à eux présentés lundi aux juges des enfants. "Des réquisitions de placement sous contrôle judiciaire ont été prises par le parquet, avec interdiction de manifester et obligation de respecter un couvre-feu", a précisé le parquet.