Le dimanche 4 octobre 2026 à 12:56 - MAJ dimanche 4 octobre 2026 à 15:47
Un adolescent de 15 ans et demi est déféré ce dimanche 4 octobre à Marseille, en vue de sa mise en examen pour acte de barbarie. Il est soupçonné d'avoir projeté des flammes au visage d'une auxiliaire de vie de 40 ans, jeudi, en marge des manifestations lycéennes. La victime tentait d'empêcher un groupe de jeunes de dégrader un abribus. Le parquet de Marseille requiert le placement du suspect en détention provisoire.
L'agression s'est produite jeudi 1er octobre, place du 4-Septembre, dans le 7e arrondissement, "aux alentours de 10h, dans un contexte de manifestations lycéennes aux abords du lycée Colbert", selon le communiqué du parquet. La quadragénaire "se trouvait à l'arrêt de bus et tentait de s'interposer face à des jeunes qui s'apprêtaient à briser l'abribus avec une barrière métallique". "Une fois le groupe écarté, le jeune mineur s'avançait vers la victime, et projetait en direction de son visage un spray qu'il enflammait à l'aide d'un briquet", a détaillé le procureur de la République, Nicolas Bessone.
La scène a été filmée et la vidéo a largement circulé sur les réseaux sociaux. On y voit une personne au visage masqué actionner un aérosol et un briquet. Un jet de flammes part alors en direction du visage de la victime. Dès vendredi, les services de la préfète de police déléguée ont indiqué que l'auteur "a fait usage d'un spray et d'un briquet pour asperger le visage de la victime et y mettre le feu". Ils ont ajouté : "Aucune revendication, qu'elle soit lycéenne, sociale, agricole, déclarée ou non, ne saurait justifier de tels actes de violence". La victime a déposé plainte.
FLASH | À Marseille, un jeune cagoulé a utilisé un spray comme lance-flammes, brûlant une femme au visage lors des émeutes hier. https://t.co/UBEP7N9NOm
— Cerfia (@CerfiaFR) October 2, 2026
Le suspect a exprimé «de profonds regrets»
L'enquête a été confiée au groupe "atteintes aux personnes" du SLPJ centre. Les enquêteurs ont mené "des investigations minutieuses, basées notamment sur l'exploitation de la vidéosurveillance urbaine". Elles leur ont permis d'identifier le suspect, qui a été interpellé vendredi en fin de journée.
Pendant sa garde à vue, l'adolescent "reconnaissait immédiatement les faits et, en saisissant la portée, exprimait de profonds regrets", a indiqué le parquet. "Élève au lycée Colbert, en seconde service d'aide à la personne, il était inconnu des services de police et de justice", a ajouté le magistrat.
Une enquête requalifiée en acte de barbarie
L'enquête avait d'abord été ouverte pour violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) inférieure ou égale à huit jours. Trois circonstances aggravantes étaient retenues : l'usage d'une arme, la commission en réunion et la dissimulation du visage. Le parquet a finalement saisi un juge d'instruction du chef d'acte de barbarie, une qualification criminelle. "Le parquet de Marseille requiert ce jour son placement en détention provisoire, au regard du trouble à l'ordre public", a conclu Nicolas Bessone. Il appartiendra au juge d'instruction, puis le cas échéant au juge des libertés et de la détention (JLD), de se prononcer.
Le mouvement de contestation lycéenne est né le 17 septembre en région parisienne. Il s'est depuis étendu à l'ensemble du pays, avec des violences et des dégradations dans plusieurs villes. Plus de 5 000 personnes ont été interpellées depuis le début de la semaine en lien avec ces mobilisations, a indiqué le ministère de l'Intérieur.
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