Metz : Un collège incendié, le parquet privilégie la piste d'un acte volontaire

Le parquet de Metz privilégie la piste d'un acte volontaire après l'incendie qui a touché l'établissement du quartier du Sablon vendredi soir. L'enquête a été confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Metz.
Metz : Un collège incendié, le parquet privilégie la piste d'un acte volontaire
Un incendie s'est déclaré au collège Rabelais de Metz, vendredi soir. (capture écran vidéo / DR)
Par Actu17
Le samedi 3 octobre 2026 à 11:25

Un incendie a ravagé le préau et le bâtiment des sanitaires du collège François-Rabelais, dans le quartier du Sablon à Metz (Moselle), vendredi soir. Le feu, parti d'une voiture stationnée à proximité de l'établissement, n'a fait aucun blessé. La piste d'un acte volontaire est privilégiée par le parquet, alors que la mobilisation lycéenne se poursuit dans tout le pays depuis une semaine.

Tout est parti d'un feu de voiture vers 22h30, selon les pompiers. Les flammes ont ensuite gagné le préau du collège, puis le bâtiment qui abrite les toilettes et les casiers des élèves. Une dizaine d'engins de secours ont été engagés et le sinistre a été maîtrisé rapidement. Le bâtiment principal de l'établissement a été épargné. D'après une source policière citée par Radio France, l'incendie serait parti de véhicules appartenant au personnel du collège. Sur franceinfo, le maire LR de Metz, François Grosdidier, a de son côté évoqué deux voitures appartenant au concierge.

Les fonctionnaires de l'identité judiciaire se sont rendus sur place dans la soirée, et le procureur de la République de Metz, David Touvet, a été avisé peu avant minuit. "Une enquête de flagrance a immédiatement été ouverte hier soir du chef de destruction d'un bien par un moyen dangereux pour les personnes. Elle est désormais confiée à la DCOS de Metz (Division de la criminalité organisée et spécialisée). La piste d'un acte volontaire est en effet privilégiée. Le ou les auteurs ne sont pas identifiés à ce stade", a indiqué le magistrat à Actu17, samedi.

Peu de caméras dans le secteur

Les investigations s'annoncent toutefois délicates. "Le souci reste que la zone n'est pas très bien couverte par les caméras de surveillance. On attend d'avoir les résultats. On va examiner toutes les situations. Et sur place les enquêteurs recueillent tous les témoignages", a expliqué David Touvet à Ici Lorraine. Le procureur s'est par ailleurs montré prudent sur un éventuel lien avec les manifestations lycéennes. "Pour l'heure, c'est une hypothèse qui peut venir à l'esprit compte tenu du contexte, mais ce n'est pas établi pour l'instant. On va examiner tout ça", a-t-il précisé.

Le maire dénonce des «pratiques de guérilla urbaine»

François Grosdidier s'est montré beaucoup plus affirmatif. Présent devant le collège samedi matin, l'élu a estimé auprès du Républicain Lorrain que les faits étaient "à mettre en lien sans doute avec la manifestation lycéenne". Il a dénoncé l'action de "groupes qui agissent à part et sont organisés", parlant de "pratiques de guérilla urbaine". Le maire a annoncé que les enregistrements allaient être exploités. Selon lui, des "groupes d'individus très mobiles" seraient derrière ce type d'attaques.

Sur franceinfo, il a fait le rapprochement avec une tentative d'incendie qui a visé jeudi le lycée du bâtiment à Montigny-lès-Metz, une commune de la métropole messine. Il a dénoncé un "vandalisme absolument systématique" mené "par des petits groupes fanatisés". François Grosdidier a également rappelé que la ville avait déjà connu l'incendie d'une mairie de quartier et d'une bibliothèque, et que d'autres quartiers, dont Borny, avaient été touchés par ce type de faits.

Une réouverture prévue lundi

Le recteur de l'académie, Pierre-François Mourier, le directeur académique des services de l'Éducation nationale (DASEN), le président du conseil départemental de la Moselle, Patrick Weiten, et la principale du collège se sont réunis dans la cour samedi matin. Le Département, chargé des collèges, assure que les cours pourront reprendre. "Les agents ont sécurisé et on va pouvoir ouvrir lundi matin. Il y aura école sauf dans les bâtiments impactés évidemment", a affirmé Patrick Weiten. Des toilettes mobiles et des parements en bois pourraient être installés. Le maire a précisé que l'électricité devait également être rétablie avant la réouverture.

Le recteur a pour sa part déclaré lors d'une conférence de presse : "S'il se confirme que c'est criminel, c'est une attaque contre tous les collégiens et le personnel."Il a appelé à "renouer le dialogue" et a annoncé qu'il recevrait prochainement des élèves. Il a également salué les forces de l'ordre, qui ont selon lui "fait preuve d'une grande retenue".