Le dimanche 18 octobre 2026 à 11:21
Au total, 720 personnes ont été interpellées à Paris dans le cadre des manifestations du samedi 17 octobre, selon un bilan provisoire transmis ce dimanche par le parquet de Paris. Parmi elles, 517 ont été placées en garde à vue : 346 majeurs et 171 mineurs. Le parquet précise que ce bilan n'est "pas encore consolidé". Vingt-cinq gardes à vue concernent les dégradations commises au siège de CNews, et quatre autres des tirs de mortiers aux abords de la prison de la Santé.
Les forces de l'ordre ont multiplié les interpellations tout au long de la journée et de la nuit. "Les interpellations ont duré toute la nuit, et jusqu'aux alentours de 06h du matin", a indiqué le parquet. Les personnes placées en garde à vue ont été réparties dans l'ensemble des commissariats parisiens et de la petite couronne. Une partie des personnes interpellées à partir de 04h00 ont reçu une convocation. Samedi à 11 heures, la préfecture de police faisait déjà état de 61 interpellations, après la dispersion de deux cortèges sauvages, l'un dans le secteur de la gare du Nord et l'autre rue de Rennes. Actu17 l'a rapporté dans son direct consacré à cette journée de mobilisation, lancée sur les réseaux sociaux pour dénoncer notamment le manque de pouvoir d'achat et la hausse du prix du carburant.
Le recel de vol en tête des infractions
Les chefs d'infraction retenus sont multiples. Le recel de vol arrive en tête, avec plus de 150 personnes concernées. Environ 130 personnes ont été interpellées pour groupement en vue de commettre des violences et environ 120 pour des dégradations. Une trentaine de personnes ont été interpellées pour provocation à attroupement et une trentaine d'autres pour attroupement. Viennent ensuite des faits de port d'arme, de violences et de détention d'explosifs, entre autres infractions. Ces chiffres concernent les majeurs comme les mineurs et restent "sous réserve des évolutions à venir", souligne le parquet.
Barricades et tags devant le siège de CNews
Au siège de la chaîne CNews, qui abrite également Europe 1 et Le JDD, une soixantaine d'individus se sont rassemblés samedi entre 06h50 et 07h00. Certains avaient le visage dissimulé. Ils ont monté des barricades avec des poubelles devant les portes de l'entrée principale. Le responsable de la sécurité a alerté les policiers qui se rendaient sur place pour procéder aux interpellations. Le groupe a eu le temps de taguer les inscriptions suivantes sur un mur des locaux : "pas de télé pour les fachos", "fuck les fachos", "ACAB", "PEDO" et "c'est nous l'ARCOM". Au total, 25 personnes ont été placées en garde à vue pour ces faits.
Des mortiers tirés vers la prison de la Santé
Dans le XIVe arrondissement, quatre personnes, deux hommes et deux femmes, ont été placées en garde à vue après des tirs de mortiers aux abords de la prison de la Santé. Selon les premiers éléments recueillis, une barricade a été dressée près de l'établissement pénitentiaire, puis les mortiers ont été tirés vers l'intérieur de la détention, "ce qui aurait eu pour effet d'agiter les personnes détenues, qui ont répliqué en jetant certains objets", a détaillé le parquet. "En revanche, aucune tentative d'intrusion dans l'établissement n'a été rapportée", a-t-il ajouté.