Mort d'un conducteur après un refus d'obtempérer et violences urbaines à Chambéry, ce que l'on sait

Un homme grièvement blessé à la tête à l'issue d'un refus d'obtempérer à Chambéry a succombé à ses blessures ce mardi. Les premiers éléments de l'enquête, confiée à l'IGPN, écartent tout tir des policiers qui sont intervenus. Plusieurs quartiers de la ville ont été le théâtre de violences urbaines durant la nuit de lundi à mardi, après que la nouvelle des graves blessures de cet homme s'est répandue.
Mort d'un conducteur après un refus d'obtempérer et violences urbaines à Chambéry, ce que l'on sait
Illustration. (Jose Hernandez Camera 51 / Shutterstock)
Par La Rédaction
Le mardi 8 septembre 2026 à 17:52

Un homme est mort ce mardi 8 septembre, au lendemain d'un refus d'obtempérer à Chambéry (Savoie), au cours duquel il avait été découvert grièvement blessé à la tête à l'intérieur de son véhicule. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie et les premiers éléments de l'enquête écartent tout tir des fonctionnaires intervenus. Une autopsie doit être pratiquée ce mercredi. Dans l'intervalle, la nuit de lundi à mardi a été marquée par des violences urbaines dans plusieurs quartiers de la ville et dans la commune voisine de Cognin.

Tout commence lundi vers 19h45. Un équipage du commissariat de police de Chambéry repère à Cognin "un véhicule adoptant un comportement dangereux pour les autres usagers de la route", rapporte le parquet de Chambéry dans un communiqué ce mardi. Les policiers décident de procéder au contrôle du conducteur. Selon le ministère public, l'homme au volant "refusait d'obtempérer aux sommations de s'arrêter malgré l'usage des avertisseurs lumineux et sonores".

«Une flaque de sang conséquente et une blessure à la tête»

Le parquet décrit ensuite "une prise en compte sur quelques minutes de ce véhicule à une vitesse modérée", à l'issue de laquelle la voiture se retrouve à l'arrêt, "sans possibilité de s'échapper", rue des Tilleuls à Chambéry. "Les fonctionnaires de police observaient alors que le corps du conducteur tombait sur le côté, sur le siège passager ; intervenant en brisant la vitre conducteur du véhicule pour évaluer la situation de ce dernier, ils observaient alors une flaque de sang conséquente et une blessure à la tête", poursuit le procureur de la République de Chambéry, Xavier Sicot. Les policiers "prenaient soin d'activer immédiatement les secours qui intervenaient alors avec transport de la victime au centre hospitalier", ajoute le magistrat, qui indique que le pronostic vital de l'homme était alors "considéré comme engagé".

"Informé de façon immédiate de ces faits", selon ses propres termes, le procureur ouvre une enquête en recherche des causes des blessures graves, et la confie à l'IGPN. Mardi, dans un second communiqué, le magistrat annonce que "le décès du conducteur du véhicule a été constaté en ce début d'après-midi par un médecin du centre hospitalier de Chambéry". La procédure a été requalifiée en recherche des causes de la mort. L'âge de la victime n'a pas été communiqué à ce stade.

Aucun choc, aucun tir : ce que l'enquête a déjà écarté

Les premières constatations ont permis d'écarter plusieurs hypothèses. "Il ressortait qu'aucun choc n'était observé sur le véhicule de la victime, ni sur celui de la police nationale", détaille le parquet. La police technique et scientifique n'a par ailleurs relevé "aucun élément pouvant correspondre à l'usage de projectiles balistiques sur ce véhicule pouvant provenir de l'extérieur". Les armes de service des policiers présents sur ce refus d'obtempérer ont été vérifiées immédiatement : ces vérifications "démontraient que ces dernières n'avaient pas été utilisées puisque aucune munition ne manquait".

À ce stade, aucune responsabilité n'est établie. Le procureur souligne qu'aucun élément recueilli par l'IGPN, service d'enquête extérieur à la Savoie, "ne permet d'imputer à ce stade de l'enquête à un tiers, et encore moins aux fonctionnaires de police présents sur cette interpellation, la cause de cette blessure". Et d'ajouter : "La piste d'un geste auto-agressif ou accidentel est également étudiée."Dans aucun de ses deux communiqués, le parquet ne qualifie la blessure constatée à la tête de blessure par arme à feu, se bornant à évoquer une blessure dont les causes restent à déterminer.

Une nuit de violences urbaines au Biollay et à Cognin

Quelques heures après les faits, et avant même l'annonce du décès, des violences ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi dans les quartiers du Biollay et de Chambéry-le-Haut, ainsi qu'à Cognin. "Plusieurs dizaines d'individus déterminés" ont "mis, ou tenté de mettre, le feu à des véhicules, des poubelles, des bâtiments privés et des édifices publics", indique la préfecture dans un communiqué. "Certains commerces ont également fait l'objet de dégradations", ajoute-t-elle.

Le centre social du Biollay a été entièrement détruit par les flammes et le supermarché Aldi du quartier a été vandalisé, rapporte Le Dauphiné. Outre les sapeurs-pompiers, mobilisés sur les incendies, la police nationale a été déployée avant d'être renforcée par deux sections de la CRS 83, spécialisée dans les violences urbaines d'ampleur. Selon le quotidien local, des jets de projectiles ont visé les forces de l'ordre, sans faire de blessé.

La préfète appelle au calme, les habitants sous le choc

La préfète de la Savoie, Vanina Nicoli, a condamné ces violences et appelé la population au calme. Le dispositif engagé dans la nuit "sera maintenu et adapté aussi longtemps que nécessaire", a-t-elle fait savoir. Au Biollay, les habitants se réveillent sous le choc. "Je peux comprendre la colère des jeunes, mais de là à attaquer le centre social et le seul magasin du quartier que l'on a, c'est terrible et dramatique. Je pense qu'ils se trompent de combat", confie au Dauphiné une salariée du centre social.

L'autopsie médico-légale doit être réalisée ce mercredi. Les éléments recueillis à cette occasion "permettront très vraisemblablement de déterminer plus précisément les causes exactes du décès de la victime et d'orienter les suites de la procédure", précise le parquet. Des auditions doivent également être menées, de même que des vérifications sur "la situation médicale de la victime". En attendant ces résultats, le procureur de la République a annoncé qu'aucune autre communication ne serait faite, "dans l'objectif premier de préserver la famille et les proches du défunt et de leur permettre de débuter leur deuil".

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