Mouvement lycéen : 504 interpellations et 48 policiers et gendarmes blessés, Beauvau note une «augmentation des violences urbaines»

Incendie dans un lycée, cantine saccagée, proviseur adjoint brûlé au visage : la place Beauvau a dressé jeudi soir le bilan d'une nouvelle journée de mobilisation lycéenne, marquée par des violences visant particulièrement les enseignants et les établissements scolaires.
Mouvement lycéen : 504 interpellations et 48 policiers et gendarmes blessés, Beauvau note une «augmentation des violences urbaines»
Des manifestants face à des forces de l'ordre, à Paris, ce jeudi 8 octobre 2026. (Clément Lanot / CLPress)
Par Actu17
Le jeudi 8 octobre 2026 à 20:02

Au total, 504 personnes ont été interpellées et 48 policiers et gendarmes ont été blessés en marge de la mobilisation lycéenne de ce jeudi, selon le bilan communiqué dans la soirée par le ministère de l'Intérieur. La place Beauvau constate "une augmentation des violences urbaines", qui ont particulièrement visé les enseignants et les établissements scolaires. Un proviseur adjoint a notamment été brûlé au visage par un mortier d'artifice à Saint-Chamond (Loire). Le ministre a réuni dans la soirée les préfets de zone, les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationales ainsi que le préfet de police.

Selon le ministère, "le mouvement des lycéens a comptabilisé 71 500 personnes dans les cortèges et manifestations statiques, dont 24 500 à Paris". Par ailleurs, "on estime que 55 000 personnes ont participé à des actions devant des établissements scolaires, une partie seulement ayant rejoint les manifestations". Mardi, 266 000 personnes avaient été recensées, dont 56 000 dans la capitale, "l'immense majorité des personnes regroupées sur des blocages ayant rejoint les cortèges". Les cortèges déclarés ou organisés par les syndicats se sont déroulés sans heurts majeurs, selon Beauvau. Des débordements se sont toutefois produits lors des dispersions, notamment place de la Bastille, à Paris.

«Des tirs de mortiers ont atteint des enseignants»

Ces violences ont eu lieu "en marge des mobilisations pacifiques de lycéens, venant entacher leur expression légitime", souligne le ministère. À Poitiers (Vienne), un incendie s'est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi dans l'enceinte d'un lycée et s'est propagé au véhicule d'une enseignante. Jeudi matin, à Saint-Étienne, "plusieurs dizaines d'individus se sont introduits dans le lycée et ont saccagé la cantine". À Saint-Chamond, "le proviseur adjoint a été brûlé au visage par un mortier d'artifice".

À Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), "des vitres du logement du gardien ont été détruites et des tirs de mortiers ont atteint des enseignants", rapporte la place Beauvau. À Toulouse (Haute-Garonne), "un proviseur a été frappé par un adulte manifestant". Le ministère évoque également des "intrusions violentes" dans des établissements scolaires, à Lormont (Gironde) et à Lorient (Morbihan), "où des exactions ont eu lieu".

Un véhicule de police incendié à Strasbourg

Le ministère déplore aussi "de nombreuses attaques contre les forces de l'ordre, notamment par jets de mortiers". À Gleizé (Rhône), un policier a été blessé par un projectile reçu à l'épaule et a été visé "à hauteur de la tête par un tir de mortier". Dans la matinée, à Reims (Marne), un policier a été blessé à l'œil par un tir de mortier devant un lycée.

Les bâtiments et les véhicules des forces de l'ordre ont également été pris pour cible. À Strasbourg (Bas-Rhin), un véhicule de police a été incendié. Des dégradations ont été commises sur l'hôtel de police de La Rochelle (Charente-Maritime), et le commissariat des Capucins, à Bordeaux, a été visé par une tentative d'incendie.

Le ministre de l'Intérieur "condamne fermement ces violences et salue le travail des forces de l'ordre, qui ont systématiquement entravé ces actions". La réunion de jeudi soir avait pour objectif de "faire un point précis de la situation sur l'ensemble du territoire et sur les dispositifs de sécurité déployés pour faire face à ces violences et garantir l'ordre public".

Lundi, 984 personnes avaient été interpellées et 65 policiers et gendarmes blessés. Le bilan établi lundi soir faisait état de 6 059 interpellations et de 715 policiers et gendarmes blessés depuis le 28 septembre.

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