Le vendredi 25 septembre 2026 à 21:22 - MAJ vendredi 25 septembre 2026 à 21:50
Un sous-officier de gendarmerie, chef de la brigade de Nanteuil-le-Haudouin (Oise), a été mis en examen pour voyeurisme. Il est soupçonné d'avoir filmé de nombreuses personnes dans les toilettes de sa brigade, à l'aide de caméras endoscopiques. Une quinzaine de plaintes ont été déposées contre lui, selon une source judiciaire citée par l'AFP, qui a confirmé jeudi des informations du Courrier Picard. Placé en détention provisoire en mai, le militaire aurait été remis en liberté mercredi et placé sous contrôle judiciaire strict, d'après actuOise.
C'est une gendarme qui a surpris le sous-officier le 22 mai dernier. Selon une source proche de l'enquête, ce major était en train de faire passer une caméra endoscopique sous la porte des toilettes réservées aux femmes, dans les locaux de la brigade. Après le signalement de sa collègue, il a été interpellé le soir même à son domicile par des gendarmes de l'Oise.
«En attendant l'issue des procédures disciplinaires et pénales»
Lors de la perquisition, les enquêteurs ont découvert trois caméras endoscopiques. Des fichiers à caractère pédopornographique auraient également été retrouvés dans son matériel informatique. Selon actuOise, le quadragénaire aurait admis avoir capté, sans qu'elles le sachent, les images de nombreuses personnes venues aux toilettes de la brigade. Certaines d'entre elles n'appartenaient pas à la gendarmerie.
Le sous-officier avait pris le commandement de cette brigade territoriale autonome à l'été 2024. L'unité est compétente sur 19 communes. La gendarmerie nationale a indiqué à l'AFP que le mis en cause était suspendu "en attendant l'issue des procédures disciplinaires et pénales" le concernant.
Les plaintes déposées visent des captations d'images réalisées sans le consentement des personnes filmées. Côté victimes, la gendarmerie évoque des faits commis "au préjudice de militaires" de la gendarmerie "et de personnels civils". L'institution a exprimé sa "totale solidarité" avec elles.
Un dossier dépaysé à Paris
Le parquet de Senlis avait requis son incarcération. Au terme de sa garde à vue, le chef de brigade a été mis en examen puis placé en détention provisoire. L'affaire a depuis été confiée à la justice parisienne, la Cour de cassation ayant ordonné son dépaysement vers le tribunal judiciaire de Paris.
Les investigations ont été réparties entre deux services. La section de recherches (SR) de Lille (Nord) est chargée du volet concernant les victimes civiles. Le bureau des enquêtes judiciaires de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) traite celui des victimes militaires.
Selon actuOise, le militaire serait sorti de détention mercredi. Il aurait été placé sous contrôle judiciaire strict, alors que l'instruction se poursuit.