Paris : Un intervenant en anglais soupçonné de viols sur des enfants de maternelle placé en garde à vue

Plus d'une vingtaine de plaintes auraient été déposées contre cet intervenant de l'organisme CapEnglish, soupçonné de viols et d'agressions sexuelles sur des élèves de maternelle. Des familles reprochent à la direction de l'école d'avoir tardé à réagir.
Paris : Un intervenant en anglais soupçonné de viols sur des enfants de maternelle placé en garde à vue
L'école Saint-Laurent est située dans le Xe arrondissement de Paris. (Google view)
Par Actu17
Le mardi 22 septembre 2026 à 20:06 - MAJ mardi 22 septembre 2026 à 20:24

Un intervenant en anglais d'une école maternelle privée catholique du Xe arrondissement de Paris a été placé en garde à vue ce mardi matin. Selon Le Parisien, qui a révélé l'affaire, il est soupçonné de viols, d'agressions sexuelles et de violences sur des enfants, filles et garçons, âgés de 3 à 5 ans. Les investigations ont été confiées à la Brigade de protection des mineurs (BPM) de la police judiciaire parisienne. Son avocat, Me Hugo Latrabe, a confirmé son placement en garde à vue.

Le suspect travaillait pour CapEnglish, un organisme de cours de langues installé à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), et intervenait à l'école maternelle Saint-Laurent. Les agissements qui lui sont reprochés auraient eu lieu pendant les cours d'initiation à l'anglais qu'il dispensait aux enfants de petite et moyenne sections. D'après Le Parisien, ces cours d'une demi-heure se déroulaient en demi-groupe, sans que l'institutrice soit présente.

Plus d'une vingtaine de plaintes

L'enquête a été ouverte au début du mois de juillet dernier, après la plainte des parents d'une fillette de 3 ans et demi. L'enfant aurait confié à sa famille que l'intervenant était "méchant" et qu'il avait touché ses parties intimes. Plus d'une vingtaine de plaintes auraient été déposées depuis, selon le quotidien. Le mis en cause, de nationalité algérienne, n'a pas été interpellé pendant l'été, le recueil de la parole des jeunes enfants par les policiers de la BPM nécessitant une procédure particulièrement longue. Toujours selon Le Parisien, il aurait même décroché un poste dans une école de gestion pour la rentrée.

Une première alerte dès le mois de mai

Des familles mettent désormais en cause la réaction de la direction de l'établissement. Les parents de la fillette auraient prévenu la directrice dès le 11 mai. Celle-ci aurait alors interrogé elle-même des élèves, réunis par petits groupes, pour savoir si l'intervenant se montrait "méchant" avec eux. Des parents dénoncent cette démarche : selon eux, seuls des spécialistes sont habilités à entendre de si jeunes enfants susceptibles d'avoir été victimes. La justice n'aurait pas été saisie à ce stade, et l'enseignant aurait continué à intervenir auprès des élèves.

Le 22 mai, la directrice aurait même adressé un courriel aux parents pour étendre les cours d'anglais au mercredi, rapporte Le Parisien. Entre la première alerte et la fin de l'année scolaire, les enfants auraient ainsi passé environ trois heures supplémentaires avec l'intervenant. C'est le 22 juin que la famille de la fillette a déposé plainte. L'école n'en a été informée que le jour suivant. CapEnglish a alors écarté l'enseignant à titre conservatoire, et l'école a effectué un signalement auprès du parquet.

La directrice n'est plus à la tête de l'école

La directrice, qui était en arrêt maladie, a été remplacée par une responsable par intérim, selon nos confrères. Contactée par le quotidien, la direction de l'école n'a pas souhaité s'exprimer, et le diocèse de Paris n'a pas répondu.

Auprès d'Ici Paris Île-de-France, CapEnglish affirme que l'enseignant a "été immédiatement écarté de toute intervention auprès des élèves à titre conservatoire dès que la cheffe d'établissement a informé CapEnglish des faits reprochés". L'organisme assure aussi que, lors de son recrutement, "les vérifications prévues dans le cadre de ses procédures de recrutement avaient été effectuées, sans qu'aucun élément porté à sa connaissance ne fasse alors obstacle à son intervention auprès de mineurs".

"Cette affaire n'a pas été gérée en interne comme elle aurait dû. Au drame humain s'ajoute la légèreté blâmable de responsables manifestement inconséquents", a dénoncé Me Antonin Gravelin-Rodriguez, avocat de plusieurs familles, auprès du Parisien. "Nous veillerons à ce que la lumière soit faite sur les dysfonctionnements institutionnels et à ce que toutes les responsabilités qui doivent l'être soient engagées", a-t-il ajouté.