Tournefeuille : Un lycée pris d'assaut et incendié, la proviseure dénonce une «vraie guérilla»

Le feu a pris dans le local de la vie scolaire, qui a été détruit. Les sapeurs-pompiers ont eux aussi essuyé des tirs de mortier pendant leur intervention. Le ministre de l'Éducation nationale dénonce un "comportement criminel".
Tournefeuille : Un lycée pris d'assaut et incendié, la proviseure dénonce une «vraie guérilla»
Le lycée Marie-Louise Dissard-Françoise de Tournefeuille a été attaqué et incendié ce jeudi 5 novembre 2026 dans la matinée. (captures écran vidéo / DR)
Par Actu17
Le jeudi 5 novembre 2026 à 15:21

Une trentaine d'individus ont attaqué ce jeudi matin le lycée Marie-Louise Dissard-Françoise de Tournefeuille (Haute-Garonne), à l'ouest de Toulouse, et ont mis le feu au local de la vie scolaire. Personne n'a été blessé, mais l'établissement a dû fermer ses portes. Les faits se sont produits durant cette nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère, alors que le mouvement lycéen perturbe régulièrement les cours dans ce lycée depuis son lancement.

Selon la préfecture de la Haute-Garonne et le rectorat de l'académie de Toulouse, les assaillants, "particulièrement violents, équipés et préparés", ont attaqué le lycée vers 8 heures, puis ont envahi son enceinte. Ils ont ensuite déclenché un incendie "dans le local de la vie scolaire, situé dans le hall principal". Les élèves n'étaient pas encore entrés dans les bâtiments. "Nous avons des jeunes qui ont escaladé le portail pour venir en découdre avec l'établissement. Ils sont venus avec des mortiers artificiers, ils ont voulu brûler une partie du lycée", a raconté Kamel Chibli, vice-président de la région Occitanie chargé de l'éducation, au micro d'Ici Occitanie. La proviseure a fait fermer le lycée et a renvoyé les élèves chez eux.

Les pompiers visés par des tirs de mortier

Pas moins de 60 sapeurs-pompiers et 14 engins ont été mobilisés. Les soldats du feu ont circonscrit l'incendie à 10h20, puis l'ont éteint vers 11 heures. Pendant leur intervention, ils ont essuyé des tirs de mortier et plusieurs individus ont tenté de dérober leur matériel, a indiqué la préfecture. Les flammes ont détruit la vie scolaire ainsi qu'une partie de l'accueil du lycée.

Les forces de l'ordre étaient pourtant présentes sur place en début de matinée. Elles ont ensuite été appelées sur d'autres interventions, la préfecture faisant état "d'actions violentes simultanées dans cinq établissements de l'agglomération". D'après les services de l'État, elles sont "rapidement revenues pour disperser les individus violents et procéder à leur interpellation".

Un lycée déjà pris pour cible

Sur place, la proviseure a évoqué une situation "de catastrophe, de vraie guérilla", rapporte La Dépêche. D'après le quotidien régional, le lycée avait déjà été visé par des casseurs lors de précédentes manifestations. La proviseure avait été blessée lors de l'une de ces attaques et transportée à l'hôpital.

«Ce comportement criminel est absolument scandaleux»

"Ce comportement criminel est absolument scandaleux", a réagi sur X le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray. "Cet incendie volontaire aurait pu avoir des conséquences humaines dramatiques. [...] Aucune revendication ne peut servir d'excuse ou de paravent à des criminels. Les auteurs répondront de leurs actes devant la justice", a-t-il ajouté. La région Occitanie va déposer plainte et remettre à la justice les images de vidéosurveillance. "Tout a été filmé", a souligné Kamel Chibli.

Le lycée reste fermé et "la reprise des cours ne sera assurée qu'une fois les conditions de sécurité réunies", a précisé la préfecture. Le préfet de la Haute-Garonne a par ailleurs interdit la manifestation prévue cet après-midi dans le centre-ville de Toulouse. Le tribunal administratif a rejeté le référé déposé par les syndicats contre cette interdiction. Les syndicats ont malgré tout annoncé maintenir leur parcours au départ de Saint-Cyprien, à 14 heures.