Le mardi 3 novembre 2026 à 00:21
La copilote du Learjet 60 qui s'est écrasé dimanche à Greenacres, près de West Palm Beach, en Floride (États-Unis), a été identifiée par sa famille. Nathalia Gadelha Filgueiras avait 20 ans. Née en Floride dans une famille brésilienne, elle avait obtenu sa licence de pilote à 17 ans. Elle fait partie des neuf personnes mortes dans le crash, deux membres d'équipage et sept passagers.
Sa mère, Camila Corteleti, a confirmé son identité au New York Times, et son père, Allan Filgueiras, l'a fait auprès de la chaîne NBC6. Le jet privé, parti d'Austin, au Texas, à destination des Bahamas, a plongé presque à la verticale avant de percuter le sol.
Les proches des sept passagers ont eux aussi révélé leur identité lundi, dans un communiqué commun publié sur Facebook par Anthony Robinson. À bord se trouvaient son frère, Adam Robinson, un entrepreneur de la tech installé à Austin, fondateur des sociétés de logiciels Retention.com et RB2B, son épouse Helen Sharp, céramiste, et leurs deux enfants, Emma, 4 ans, et Charlie, 2 ans. Ils voyageaient avec deux amis, Rachael Reed et Charmi Fehr, ainsi qu'avec la nounou de la famille, Anita Maria Cetina. "Adam et Helen étaient des parents dévoués, et Emma et Charlie étaient la lumière de leur vie", ont écrit les familles, qui décrivent la nounou comme "véritablement un membre de la famille". Elles ont aussi eu une pensée pour "les familles des pilotes, qui sont en deuil à nos côtés". Selon le New York Post, le commandant de bord était Jeff Gregory, un pilote expérimenté de 55 ans. On l'entendrait réciter la prière du Notre Père dans les dernières secondes de l'enregistrement des échanges avec le contrôle aérien. Les autorités n'ont pas encore communiqué officiellement l'identité des victimes.
Sa licence de pilote avant son permis de conduire
Nathalia Gadelha Filgueiras s'est passionnée très tôt pour l'aviation, en volant avec son père, pilote amateur, à bord de son petit avion de tourisme. Deuxième d'une fratrie de trois sœurs, elle est un jour rentrée à la maison en annonçant qu'elle deviendrait pilote, a raconté sa mère au New York Post. "Je lui ai dit : non, tu ne le seras pas", s'est-elle souvenue en larmes. Son beau-père l'a au contraire encouragée.
Elle a commencé les cours théoriques en 2020, alors qu'elle était au lycée West Boca Raton, et sa formation a été financée par l'académie d'aviation du district scolaire. En 2023, à 17 ans, elle a décroché sa licence de pilote privé avant même d'avoir son permis de conduire. La chaîne locale CBS12 lui avait consacré un reportage à l'époque. "J'aime être différente de tout le monde", avait-elle déclaré.
BREAKING: The co-pilot killed in the fiery Florida Learjet crash has been identified as a 20-year-old aviation prodigy who earned her pilot's license before she could legally drive.
Nathalia Gadelha Filgueiras was aboard the private jet when it suddenly plunged into a South Florida neighborhood Sunday, erupting into a massive fireball and killing all nine people on board.
The aspiring airline pilot earned her wings at just 17 while still attending high school in Palm Beach County.
Investigators are now examining the deadly crash after the flight crew reported icing and turbulence before losing altitude.
See the young co-pilot's story and the aviation milestones she reached before turning 21: https://t.co/7g3KEOmnUT
— Fox News (@FoxNews) November 2, 2026
Elle a ensuite été formée à l'école de pilotage American Flyers, puis a été instructrice dans une école de Fort Lauderdale avant de rejoindre une société de vols charter. Selon sa famille, elle travaillait comme pilote professionnelle depuis neuf mois et comptait plus de 1 300 heures de vol. Elle devait fêter ses 21 ans en janvier. Son rêve était de devenir pilote de ligne, mais elle était encore trop jeune pour postuler chez American Airlines, selon ses proches.
"C'était une fille très bien, responsable, travailleuse. Elle était en train de travailler. Elle était copilote, elle ne pouvait prendre aucune décision", a déclaré sa mère à CNN Brasil. Au New York Post, elle a confié avoir toujours redouté ce drame. "Je savais qu'un avion allait me l'enlever. Je l'ai toujours su, mais j'étais tellement fière d'elle. Je sais qu'elle vivait son rêve", a-t-elle déclaré. "Je sais que si elle avait pu choisir sa façon de partir, ce serait celle-là, mais je ne voulais pas que ce soit si tôt."
«Nous allons nous écraser au sol»
Une dizaine de minutes avant le crash, la jeune femme avait envoyé un message à son petit ami : "J'ai des turbulences, j'ai de la glace", a rapporté son beau-père, Thiago Corteleti, au New York Post.
C'est elle qui échangeait avec le contrôle aérien dans les dernières minutes du vol, selon le NTSB, le Bureau national de la sécurité des transports, et plusieurs médias américains. Vers 12h47 heure locale (18h47 à Paris), alors que l'avion volait à environ 10 700 mètres d'altitude, elle a signalé de la glace sur l'appareil, une température extérieure de -47 °C et des turbulences modérées. "Nous avons un peu de glace transparente, que nous gérons", a-t-elle indiqué. L'équipage a ensuite signalé des précipitations et obtenu l'autorisation de monter à environ 11 300 mètres.
Moins de 30 secondes plus tard, tout a basculé. "Mayday, mayday, nous descendons à 10 000 pieds par minute", a lancé la copilote, avant d'annoncer une survitesse et une descente à 20 000 pieds par minute, soit plus de 6 000 mètres par minute. Quelques secondes plus tard, elle a prévenu : "Nous allons nous écraser au sol."
WATCH: New video shows Learjet 60 business jet crashing near West Palm Beach, Florida.
The plane was completely disintegrated upon impact. Number of casualties unknown. https://t.co/l5JT9KEWnQ
— BNO News (@BNONews) November 1, 2026
L'enregistrement de ces échanges a été massivement partagé sur les réseaux sociaux et a suscité une avalanche de commentaires, des théories d'un tir de missile aux critiques visant la jeune copilote. Le NTSB a pourtant précisé qu'on ignorait qui était aux commandes au moment du crash.
Jared Isaacman, administrateur de la NASA et pilote expérimenté, a réagi sur X en précisant s'exprimer à titre personnel. Il s'est dit particulièrement choqué par les critiques visant les derniers messages radio de la jeune femme. "Elle faisait son travail, en communiquant avec le contrôle aérien jusqu'au bout, dans une situation terrifiante. Elle savait probablement, avant plusieurs de ces messages, qu'elle allait mourir", a-t-il écrit. Il a rappelé que les compagnies de vols charter recrutent couramment de jeunes pilotes en début de carrière, qui volent aux côtés d'un commandant expérimenté. Selon lui, tout le reste relève pour l'instant de la spéculation. "Laissez les enquêteurs travailler et établir les faits. Respectez ceux qui ont perdu la vie et les familles qui portent leur mémoire", a-t-il conclu.
Writing this in my personal capacity, but I have been flying these types of aircraft for more than 20 years, with over 8,000 hours, and have reasonable familiarity with how the charter world operates. I feel compelled to post after seeing commentary about the Lear 60 crash, from missile strikes to DEI to critiquing this poor woman’s final radio calls.
That last part is what I find most troubling. She was the second-in-command (SIC), and while she was empowered to point out mistakes as part of good crew resource management, she was doing her job, communicating with ATC right to the end in a terrifying situation. She likely knew before many of those calls that she was going to die. I have heard final calls from friends, from military pilots with thousands of hours in fighter aircraft, and they are just as heartbreaking because they know the end is approaching.
I understand the public interest given the footage and audio. But you do not know the aircraft’s maintenance history, whether there was a structural failure, if any failure was induced by turbulence, overspeed, or overcontrol, or everything happening in that cockpit. I am sure weather will be part of the investigation, but beyond that, it is speculation. The charter industry routinely hires commercial pilots very early in their careers to gain experience alongside an ATP-qualified captain before they move up to the airlines. She would still have the appropriate training, qualifications, and checkouts by an FAA examiner or designee.
Let people investigate, learn, and share the facts. Be respectful to those who perished and the families who carry their memories. God bless them and their loved ones.
— Jared Isaacman (@rookisaacman) November 2, 2026
Des indices d'une dislocation en vol
L'avion était exploité par Aurora Aviation, sous le nom commercial Upper Jets, une société de vols charter basée à Fort Lauderdale. Lors d'une conférence de presse lundi, Tom Chapman, membre du NTSB, a indiqué que les enquêteurs disposaient d'éléments montrant que l'appareil avait commencé à se disloquer avant l'impact. Les débris sont dispersés sur une zone d'environ 800 mètres sur 650, qui comprend des terrains de sport, des commerces et des habitations. Il n'a pas précisé quelles pièces avaient pu se détacher. Au sol, un automobiliste qui quittait les lieux a été blessé à la jambe, et environ 600 habitants d'un parc de mobile homes voisin ont dû être évacués.
Selon les registres de maintenance, l'avion était équipé d'un enregistreur des conversations du cockpit, mais il n'a pas encore été retrouvé. L'eau qui s'est accumulée dans le cratère complique l'accès à l'épave. Le NTSB, qui prévoit plusieurs jours de travail sur place, examine notamment les conditions météorologiques mais ne se prononce pas sur les causes du crash à ce stade. Les enquêteurs chercheront à établir ce que savaient l'équipage et les contrôleurs aériens, à quel moment, et quelles décisions ont été prises dans les dernières minutes du vol.