Ile-de-France : Munis d’une fausse carte de police, les malfaiteurs dépouillaient les automobilistes


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Quatre suspects ont été interpellés par la Sûreté départementale de Seine-et-Marne et doivent comparaître devant la justice, ce lundi. Ils sont soupçonnés d’avoir commis des vols sur des automobilistes et des routiers étrangers en se faisant passer pour des policiers.


Certains malfaiteurs n’ont pas perdu de temps pour s’adapter à la situation de crise sanitaire actuelle. Plusieurs individus en ont profité pour mettre en place des faux contrôles du confinement dans le but de dépouiller les usagers de la route.

Les enquêteurs de la Sûreté départementale de Seine-et-Marne ont interpellé quatre d’entre eux, qui doivent faire l’objet d’une comparution immédiate ce lundi, devant le tribunal correctionnel de Meaux. Ils sont poursuivis pour « vol en bande organisée par usage de fausse qualité », rapporte Le Parisien.

Persuasifs dans leur rôle de policiers

Les malfaiteurs agissaient la plupart du temps en trinômes. En usant d’une fausse carte de police et d’un insigne, ils parvenaient sans difficulté à faire s’arrêter des automobilistes et des routiers étrangers.

Persuasif, le trio procédait alors à un simulacre de contrôle du confinement et en profitait pour dépouiller ses proies. Les malfaiteurs portaient souvent un masque de protection respiratoire, utile pour rendre plus difficile leur identification.


Près d’un mois d’investigations

Les investigations ont débuté le 7 avril dernier, lorsqu’un chauffeur routier polonais a déposé plainte après avoir été victime de faux policiers. Au volant de son camion, le plaignant avait subi un faux contrôle sur la route N 104, à Noisiel.

Au terme de leur jeu d’acteur, composé d’un contrôle d’identité et d’une fouille de véhicule, les voleurs s’étaient emparés de 1 500 euros aux dépends des routiers. Durant leur enquête, les fonctionnaires ont fait le rapprochement avec des signalements similaires enregistrés par les services de police.

De nombreuses victimes

Les usagers de la route, le plus souvent d’origine étrangère, avaient été interceptés par ce type d’individus le 24 mars à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), le 2 avril à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 7 avril à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise), le 15 avril à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) et le 22 avril à Paris (XIXe), relate le quotidien francilien.

L’une des victimes s’était fait voler sa carte de crédit, tandis que les autres avaient été dépouillées d’importantes sommes d’argent, dépassant les 12 000 euros pour l’une d’entre elles.

Une minutieuse enquête et des interpellations

Les enquêteurs ont pu s’appuyer sur des enregistrements de vidéosurveillance, qui leur ont permis de repérer un véhicule similaire lors de plusieurs méfaits recensés. Vu le peu de circulation actuelle en raison du confinement en vigueur pour lutter contre la pandémie de Covid-19, la tâche a été sensiblement facilitée.

Le propriétaire du véhicule a été identifié et les enquêteurs se sont attachés à produire un travail de téléphonie : écoutes, relevé du bornage, croisement d’informations.

Des investigations minutieuses qui ont mené à l’interpellation de trois suspects en pleine tentative de vol sur un automobiliste à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Un peu plus tôt, le trio avait contrôlé un autre véhicule à Louvres (Val-d’Oise) et s’était emparé de 3 000 euros en espèces et de bijoux.

Quatre Iraniens en garde à vue

Tous trois ont été placés en garde à vue. La perquisition de leur domicile, une maison située à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), a permis aux enquêteurs de saisir près de 12 000 euros en espèces ainsi qu’une comptabilité faisant état de plus de 40 000 euros. Une femme qui se trouvait sur place a été interpellée et placée en garde à vue à son tour.

Âgés de 27 à 36 ans, tous de nationalité iranienne, les mis en cause ont été déférés devant le parquet de Meaux, ce samedi. Deux sont connus par les services de police en Belgique, en Suisse et en Allemagne pour des faits de vol.

Trois d’entre eux ont totalement nié les faits qui leurs sont reprochés, sauf un qui a avoué son implication en la minimisant. Ils ont été placés en détention provisoire, en attente de leur jugement qui doit avoir lieu ce lundi.