Brésil : Une Française retrouvée morte dans une valise, son compagnon décapité par un gang

Chantal Etiennette Dechaume, médecin française à la retraite de 73 ans, a été assassinée par son compagnon à Joao Pessoa, dans le nord-est du Brésil. Le suspect, retrouvé décapité quelques jours plus tard, aurait été exécuté par une faction criminelle locale. Ce que l'on sait de cette macabre affaire.
Brésil : Une Française retrouvée morte dans une valise, son compagnon décapité par un gang
Chantal Etiennette Dechaume était âgée de 73 ans. Son compagnon de 59 ans, Altamiro Rocha dos Santos, a été retrouvé décapité. (police de Paraíba)
Par Actu17
Le jeudi 19 mars 2026 à 16:11 - MAJ jeudi 19 mars 2026 à 16:23

Une Française de 73 ans, Chantal Etiennette Dechaume, médecin à la retraite, a été tuée par son compagnon à Joao Pessoa, ville côtière et capitale de l'État de Paraiba, dans le nord-est du Brésil. Son corps a été placé dans une valise puis brûlé en pleine rue. Le suspect, Altamiro Rocha dos Santos, un artisan de 59 ans originaire de Canoas (Brésil), a été retrouvé mort quelques jours plus tard, décapité et ligoté. L'affaire est traitée comme un féminicide par la police civile de Paraiba.

Le meurtre a eu lieu le dimanche 8 mars dans l'appartement du couple, situé dans le quartier de Tambaú, un secteur aisé de Joao Pessoa. Selon les enquêteurs, la septuagénaire avait décidé de mettre fin à la relation car elle n'acceptait pas la consommation récente de stupéfiants de son compagnon. Ce conflit serait le mobile du crime. Le commissaire Thiago Cavalcanti a toutefois précisé à l'AFP qu'il n'était "pas encore possible d'établir si le crime a été prémédité". L'expertise médico-légale n'est pas encore achevée, mais le médecin légiste Flavio Fabres a rapporté que la mort avait été causée par "des lésions au thorax (...) causées par un objet contondant, probablement un couteau".

«Elle l'avait accueilli chez elle pendant la pandémie»

Chantal Etiennette Dechaume avait choisi Joao Pessoa pour s'installer après sa retraite. La police n'a pas encore pu déterminer à quelle date elle était arrivée au Brésil. Elle percevait une retraite mensuelle estimée à environ 40 000 réaux (environ 6500 euros), qui servait aussi à couvrir les dépenses de son compagnon, lequel ne disposait pas de revenus stables, selon le magazine brésilien ISTOÉ. Les deux s'étaient rencontrés sur le front de mer de la ville, où Altamiro Rocha dos Santos vendait de l'artisanat. "Durant la pandémie (de Covid-19), vers 2020, ils se sont rapprochés et ont vécu en couple chez elle", a indiqué le commissaire Thiago Cavalcanti à l'AFP. Mais la relation s'est détériorée "car il a commencé à consommer récemment des stupéfiants", a-t-il ajouté.

Les caméras de vidéosurveillance de l'immeuble ont permis de reconstituer précisément la chronologie des faits, comme le détaillent le Jornal da Paraíba et ISTOÉ. Le samedi 7 mars à 18h30, Chantal Dechaume est vue pour la dernière fois rentrant dans l'appartement. Le lundi 9 mars vers 22 heures, le suspect sort acheter de l'alcool avec un bidon, puis revient. Le mardi 10 mars à 22h06, il quitte l'immeuble avec le corps de la victime dans une grande valise, à l'aide d'un chariot. Selon le commissaire, "il a marché pendant environ une demi-heure avec la valise, mais a dû l'abandonner dans la rue quand une roulette s'est cassée". Entre-temps, une voisine s'était plainte d'une odeur de putréfaction provenant de l'appartement, ce qui aurait poussé le suspect à se débarrasser du corps. "Il est ensuite revenu trois heures plus tard, à vélo, portant un bidon d'alcool", a détaillé le commissaire.

Dans la nuit du mardi au mercredi, vers 01h50, l'homme retourne sur les lieux et propose de la drogue à un sans-abri pour qu'il mette le feu à la valise contenant le corps de la victime. Ce sans-abri a été identifié par les enquêteurs mais il est toujours activement recherché.

«En représailles pour avoir attiré la police»

Le 12 mars, alors que la police venait de solliciter un mandat d'arrêt contre Altamiro Rocha dos Santos, ce dernier a été retrouvé mort dans le quartier de João Agripino. Selon le Jornal da Paraíba etISTOÉ, le corps était décapité, les mains et les pieds attachés. La commissaire Maria das Dores a précisé qu'il présentait "une lésion profonde dans le cou" et "ne présentait pas d'autres lésions". Ce sont des habitants du quartier qui ont découvert le corps et alerté les forces de l'ordre. Une des hypothèses retenues par les enquêteurs est qu'il aurait été exécuté par des membres d'une faction criminelle implantée dans le secteur, "en représailles pour avoir attiré la police" dans le quartier où le corps de la Française avait été brûlé.

L'enquête sur le meurtre de Chantal Etiennette Dechaume est considérée comme élucidée par la police civile de Paraiba. Un second dossier reste en revanche ouvert pour déterminer les circonstances exactes de la mort du suspect. La victime n'ayant pas de famille connue dans l'État de Paraiba, le consulat de France au Brésil a été contacté par la police pour tenter de retrouver d'éventuels proches pouvant prendre en charge les démarches funéraires.