Le mercredi 11 mars 2026 à 19:46
Trois femmes ont été tuées dans un incendie criminel survenu mardi soir dans un immeuble de Miranda de Ebro, dans la province de Burgos, en Espagne. Un homme d'une soixantaine d'années, ex-compagnon de l'une des victimes, a été interpellé mercredi matin après s'être présenté de lui-même au commissariat. Le ministre de l'Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, a confirmé qu'il s'agissait d'un crime lié à des violences conjugales.
Les faits se sont produits peu avant 22h45 dans un immeuble situé au numéro 10 de la calle Fuente, en plein centre-ville de Miranda de Ebro. Selon les premiers éléments de l'enquête, des matelas et d'autres objets entreposés dans le hall d'entrée de l'immeuble ont été enflammés, générant une épaisse fumée noire et toxique qui s'est rapidement propagée dans le bâtiment. D'après El Español, des images de vidéosurveillance montreraient le suspect en train d'empiler les matelas devant la porte de l'immeuble, d'y mettre le feu à l'aide d'un bidon d'essence, puis de refermer la porte du bâtiment. Au total, dix personnes ont été intoxiquées, dont deux enfants de 11 et 7 ans. Aucune d'entre elles n'a son pronostic vital engagé.
Les trois victimes sont Dolores, 58 ans, ex-compagne du suspect, Antonia, 78 ans, mère de Dolores, et Laura Valentina, 23 ans, une voisine de nationalité colombienne. Deux d'entre elles sont décédées sur place et la troisième est morte à l'hôpital.
Le suspect, un individu bien connu des forces de l'ordre locales, s'est présenté au commissariat de Miranda de Ebro mercredi matin en apprenant qu'il était recherché. "Il s'est présenté au commissariat à la première heure et a été placé en garde à vue", a précisé le commissaire en chef provincial de Burgos, José Carlos Donoso, lors d'une conférence de presse. L'homme n'a toutefois pas avoué les faits. Les enquêteurs poursuivent les investigations, notamment par des inspections sur les lieux et la collecte de preuves.
El Ministerio de Interior confirma que el incendio en Miranda de Ebro en el que han fallecido tres mujeres es un crimen machista provocado por la expareja de una de las víctimas.https://t.co/QDrcfRcZpX pic.twitter.com/ibcNx3Is98
— EFE Noticias (@EFEnoticias) March 11, 2026
Un suspect bien connu de la justice
L'individu interpellé présente de lourds antécédents judiciaires. Selon les informations d'elDiario, il avait été arrêté en 2015 pour avoir séquestré pendant quatorze heures une fillette de 9 ans à Miranda de Ebro. En avril 2017, le tribunal provincial de Burgos l'avait condamné à trois ans de prison pour détention illégale et trois ans pour agression sexuelle sur mineure. Il avait purgé cette peine jusqu'en décembre 2021. En novembre 2024, il a de nouveau été condamné, cette fois à un an et sept mois de prison pour avoir séquestré une femme en l'attachant avec une chaîne dans son domicile. Le Tribunal supérieur de justice de Castille-et-León a confirmé cette condamnation en 2025. La date de fin de peine avait été fixée au 20 février 2026, soit moins d'un mois avant l'incendie mortel.
Le ministre Fernando Grande-Marlaska a par ailleurs précisé que le suspect et son ex-compagne Dolores figuraient tous deux dans le système VioGén, le dispositif espagnol de suivi des victimes de violences conjugales, mais pour des relations avec d'autres personnes, respectivement en 2007 et 2008. Ces dossiers étaient inactifs au moment des faits.
Trois jours de deuil
La mairie de Miranda de Ebro a décrété trois jours de deuil officiel et une minute de silence a été observée mercredi à la mi-journée sur les lieux du drame. "Trois femmes, Antonia, Dolores, Laura Valentina, qui sont mortes hier dans un incendie volontaire", a déclaré le subdélégué du gouvernement à Burgos, Pedro de la Fuente, dénonçant "trois vies qui ont été volées".