États-Unis : Il tue l'homme accusé d'avoir agressé sexuellement sa fille et remporte une élection pour devenir shérif

Poursuivi pour avoir abattu l'homme accusé d'agressions sexuelles sur sa fille de 13 ans, Aaron Spencer, 37 ans, a remporté la primaire républicaine pour le poste de shérif de son comté dans l'Arkansas. Une affaire qui enflamme les États-Unis.
États-Unis : Il tue l'homme accusé d'avoir agressé sexuellement sa fille et remporte une élection pour devenir shérif
Aaron Spencer, 37 ans, a remporté la primaire républicaine pour le poste de shérif du comté de Lonoke, dans l'Arkansas. (Facebook)
Par Actu17
Le vendredi 6 mars 2026 à 16:33

Un père de famille de l'Arkansas (États-Unis), poursuivi pour le meurtre de l'homme accusé d'avoir agressé sexuellement sa fille de 13 ans, vient de remporter une élection locale pour devenir shérif de son comté. Aaron Spencer, 37 ans, vétéran de l'armée et agriculteur, est devenu en quelques mois une figure nationale aux États-Unis, son affaire relançant le débat sur les limites de la légitime défense et le droit d'un parent à protéger son enfant.

Les faits remontent à la nuit du 8 octobre 2024. Selon les éléments rapportés par CNN et l'agence AP, Aaron Spencer découvre que sa fille de 13 ans a disparu de sa chambre en pleine nuit. Il monte dans son pick-up et sillonne les routes environnantes jusqu'à repérer l'adolescente à bord du véhicule de Michael Fosler, un homme de 67 ans. Aaron Spencer force le véhicule à quitter la route, une altercation éclate, et il abat Michael Fosler par arme à feu avant d'appeler les secours.

Michael Fosler n'était pas un inconnu de la justice : selon CNN, il faisait à ce moment-là l'objet de 43 chefs d'accusation, parmi lesquels des agressions sexuelles sur mineure, du harcèlement en ligne d'un enfant, des actes d'indécence sexuelle et de la détention de pédopornographie. Malgré la gravité des charges, il avait été remis en liberté sous une caution de 50 000 dollars, avec interdiction formelle d'entrer en contact avec la fille d'Aaron Spencer.

Aaron Spencer a été inculpé de meurtre au second degré (comparable en droit français à un homicide volontaire sans préméditation, ndlr) avec une circonstance aggravante liée à l'usage d'une arme à feu. Il a plaidé non coupable. Ses avocats assurent que leur client a agi "conformément à la loi de l'Arkansas pour protéger sa fille et lui-même", selon des propos rapportés par NBC News. Mais c'est la suite qui a stupéfié l'Amérique : tout en étant poursuivi pour meurtre, Aaron Spencer a annoncé sa candidature au poste de shérif du comté de Lonoke, contre le shérif sortant John Staley, en poste depuis plus de treize ans et dont les adjoints l'avaient arrêté la nuit des faits. Selon les résultats officiels publiés par le secrétaire d'État de l'Arkansas, Aaron Spencer a remporté la primaire républicaine le 4 mars avec 53,5 % des voix, loin devant le shérif sortant (26,5 %).

Un procès avant l'élection de novembre

L'affaire divise profondément. Le procureur du comté de Lonoke, Chuck Graham, a réagi sur la chaîne locale KATV en rappelant que la justice ne pouvait être rendue par des citoyens de manière individuelle. Il a également affirmé que les faits réels du dossier ne correspondaient pas à ce qui circule dans l'opinion publique, et que son bureau présenterait sa version lors du procès. Si Aaron Spencer est reconnu coupable, il ne pourra pas se présenter à l'élection générale de novembre, où il doit affronter le démocrate Brian Mitchell Sr. Le procès, initialement prévu en janvier, a été reporté après le retrait du juge de l'affaire par la Cour suprême de l'Arkansas.

Deux nouvelles dates sont envisagées : fin avril ou fin juin 2026. En attendant, l'affaire a suscité un immense élan de solidarité sur les réseaux sociaux, avec une pétition dépassant les 380 000 signatures pour réclamer l'abandon des poursuites.