Le mardi 3 mars 2026 à 20:18 - MAJ mardi 3 mars 2026 à 20:29
Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé ce mardi soir dans une allocution télévisée qu'il avait ordonné au porte-avions Charles-de-Gaulle "de faire route vers la Méditerranée". Le chef de l’État a également dévoilé un renforcement massif du dispositif militaire français dans la région, tout en appelant à un arrêt des frappes et à la reprise de négociations diplomatiques.
"Depuis samedi dernier, la guerre s'empare une nouvelle fois du Proche et du Moyen-Orient. Elle s'étend à présent dans la région", a déclaré Emmanuel Macron en ouverture de son allocution. Le président a estimé que "la République islamique d'Iran porte la responsabilité première de cette situation", rappelant son "programme nucléaire dangereux", son soutien à "des groupes terroristes" au Liban, au Yémen et à des milices en Irak, ainsi que la répression meurtrière de son propre peuple en janvier dernier.
Si le chef de l’État a pointé la responsabilité de Téhéran, il a toutefois regretté que les opérations militaires lancées par les États-Unis et Israël aient été "conduites en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons approuver". "Il reste que l'Histoire ne pleure jamais les bourreaux de leur peuple. Aucun ne sera regretté", a-t-il ajouté, en allusion au guide suprême Ali Khamenei, tué samedi dans les frappes. "Avec l'Allemagne et le Royaume-Uni, nous avons clairement souhaité un arrêt des frappes", a poursuivi Emmanuel Macron, appelant à "une paix durable" par "la reprise de négociations diplomatiques". Il a également mis en garde contre une opération terrestre d'Israël au Liban, qualifiée d'"escalade dangereuse et erreur stratégique".
La frégate Languedoc envoyée au large de Chypre
Sur le plan militaire, Emmanuel Macron a révélé que deux bases militaires françaises avaient subi des "frappes limitées" et que la France avait abattu des drones "en légitime défense" dès les premières heures du conflit pour défendre l'espace aérien de ses alliés. "En plus des moyens déjà présents, des radars et des Rafale ont été déployés ces dernières heures", a-t-il précisé, invoquant les accords de défense liant la France "avec le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis", ainsi que les liens avec la Jordanie et les "alliés kurdes". Le chef de l’État a également annoncé l'envoi de la frégate Languedoc au large de Chypre, visée par une frappe contre une base britannique deux jours plus tôt, ainsi que le déploiement de "moyens de défense antiaérienne supplémentaires" en coordination avec les partenaires européens, "en premier lieu nos amis grecs".
Guerre au Proche et Moyen-Orient : "Des Rafale, des systèmes de défense anti-aériennes et de radars aéroportés ont été déployés", Emmanuel Macron qui annonce aussi le déploiement de la frégate française "Le Languedoc" au large de Chypre pic.twitter.com/XG9vz8dwyj
— TF1Info (@TF1Info) March 3, 2026
Le président a par ailleurs alerté sur les conséquences économiques du conflit. "Le détroit d'Ormuz est aujourd'hui fermé", a-t-il déploré, rappelant que ce passage maritime assure le transit d'environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. "Le canal de Suez, la mer Rouge sont aussi sous tension et menacés", a-t-il ajouté. "Nous sommes à l'initiative pour bâtir une coalition afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ces voies maritimes essentielles à l'économie mondiale", a annoncé Emmanuel Macron, justifiant ainsi l'envoi du porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée.
«Près de 400 000 de nos compatriotes sont présents dans la région»
Concernant les ressortissants français, le président a rappelé que "près de 400 000 de nos compatriotes sont présents dans la région". "Nous sommes en train d'organiser en bon ordre le rapatriement de nos concitoyens qui le souhaitent, en commençant par les plus vulnérables", a-t-il assuré, annonçant que deux premiers vols de rapatriement arriveraient à Paris "dès ce soir".
"Face à cette guerre en train de s'étendre, ma responsabilité est d'agir pour protéger notre pays, garantir la sécurité de nos compatriotes et défendre l'intérêt national", a conclu le chef de l’État. "Beaucoup de choses sont encore instables, mais la France demeure une puissance qui cherche à préserver la paix, une force puissante et stable."