Le lundi 7 septembre 2026 à 16:43
Un caporal colombien de la Légion étrangère française, enlevé début août par des dissidents des FARC dans le sud-ouest de la Colombie, a réussi à s'échapper de ses ravisseurs après près d'un mois de captivité. José Olger Melo Charry a rejoint par ses propres moyens un poste de police après quatre jours de fuite, a révélé le quotidien colombien El Tiempo ce lundi 7 septembre. Le militaire, hospitalisé à Pasto, capitale du département de Nariño, doit être entendu par les enquêteurs dès que son état le permettra.
Le caporal a échappé aux hommes du front Franco Benavides, la structure armée qui le détenait, avant de se présenter samedi 5 septembre, vers 23h30, à la sous-station de police d'El Ejido, sur la commune de Policarpa, selon El Tiempo. Les policiers l'ont pris en charge et ont immédiatement renforcé le dispositif de sécurité aux abords, avant de le placer sous protection le temps de coordonner son transfert avec les militaires.
L'évacuation a eu lieu dimanche matin. Le caporal a été héliporté d'El Ejido vers Pasto, où il a été conduit dans un centre médical. "Arrivé à Pasto, il a été conduit dans un centre médical où il demeure sous observation, accompagné de sa famille", écrit le quotidien colombien. Sur une photographie diffusée par le journal, le trentenaire apparaît debout, sans blessure apparente.
Atención: miembro de la Legión Francesa que estaba secuestrado en Nariño escapó de las disidencias de 'Iván Mordisco' https://t.co/BiAS7zkxeU
— EL TIEMPO (@ELTIEMPO) September 7, 2026
Les enquêteurs attendent le feu vert des médecins
Le GAULA militaire de Nariño, l'unité colombienne spécialisée dans la lutte contre les enlèvements, et le Corps technique d'investigation (CTI), la police technique du parquet colombien, accompagnent la procédure. Les enquêteurs attendent le feu vert des équipes médicales pour recueillir sa déposition. Ils entendent reconstituer les circonstances de sa privation de liberté, identifier les membres du front Franco Benavides et établir comment il est parvenu à s'échapper du lieu où il était retenu.
José Olger Melo Charry était arrivé en Colombie le 5 août pour une permission. Le lendemain, il a été intercepté alors qu'il se rendait à Cumbitara, dans le nord du département de Nariño. Le caporal ne voyageait pas seul : une femme l'accompagnait, également retenue avant d'être relâchée. "La femme, ils l'ont laissée libre parce qu'elle est de la région", a expliqué le colonel Styk Amaral Reyes Monsalve, commandant du GAULA militaire, au quotidien El Espectador. L'officier a précisé qu'il s'agissait d'une amie du militaire, sans lien familial avec lui, et que sa trace a ensuite été perdue.
Selon le GAULA, la qualité de militaire de José Olger Melo Charry aurait été repérée au moment du contrôle, ce qui a entraîné sa rétention. Un rapport de l'armée colombienne consulté par l'Agence France-Presse indiquait pour sa part que les ravisseurs connaissaient son appartenance à la Légion étrangère. C'est son épouse qui a donné l'alerte auprès du GAULA, le 12 août, après six jours sans nouvelles.
La guérilla avait menacé de riposter à toute tentative de libération
L'État-major central (EMC), principale dissidence des ex-FARC, a revendiqué sa capture le 30 août. "Nous informons les autorités françaises, sa famille et ses amis que le caporal Melo Charry est vivant, en parfaite santé, et qu'il a reçu des soins médicaux et une alimentation adéquate", assurait le groupe armé, qui le qualifiait de "prisonnier de guerre" et rejetait "les termes d'enlèvement utilisés par les autorités colombiennes et les médias". Dans ce même communiqué, la guérilla prévenait que "son intégrité physique est pleinement garantie tant qu'aucune opération militaire hostile n'est menée dans la zone où il a été enlevé", menaçant de riposter à toute tentative de libération par la force. Fin août, le colonel Mauricio Osorio, chef de l'unité anti-enlèvement, avait indiqué à l'Agence France-Presse qu'aucune opération militaire n'était prévue pour le libérer.
Âgé de 35 ans, José Olger Melo Charry est engagé depuis quatre ans dans la Légion étrangère française. Originaire du département de Nariño, il réside à l'étranger et était revenu voir ses proches. Le ministère des Armées a précisé qu'il ne dispose pas de la nationalité française et que sa permission l'autorisait à séjourner en métropole, mais pas à se rendre à l'étranger.
Les opérations se poursuivent contre le front Franco Benavides dans ce département frontalier de l'Équateur. Dimanche, le gouvernement colombien a annoncé que sept membres de cette structure avaient été tués et cinq autres capturés lors d'opérations militaires menées dans la juridiction d'El Peñol.