Liban : Un second militaire français meurt des suites de ses blessures après l'embuscade attribuée au Hezbollah

Grièvement blessé samedi 18 avril dans une embuscade au sud du Liban attribuée au Hezbollah, le caporal-chef Anicet Girardin, 31 ans, n'a pas survécu à ses blessures. Son décès, annoncé ce mercredi par Emmanuel Macron, porte à deux le nombre de militaires français tués dans l'attaque contre une patrouille de la FINUL.
Liban : Un second militaire français meurt des suites de ses blessures après l'embuscade attribuée au Hezbollah
Anicet Girardin a succombé à ses blessures. (Armée de Terre)
Par Actu17
Le mercredi 22 avril 2026 à 16:25

Le caporal-chef Anicet Girardin, âgé de 31 ans et affecté au 132e régiment d'infanterie cynotechnique de Suippes (Marne), est décédé ce mercredi 22 avril au matin des suites de ses blessures. Il avait été grièvement blessé quatre jours plus tôt lors de l'embuscade visant une patrouille de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), qui avait également coûté la vie à l'adjudant Florian Montorio. La mort du sous-officier a été annoncée par Emmanuel Macron, qui attribue cette fois directement l'attaque à des combattants du Hezbollah.

Le caporal-chef Anicet Girardin avait été rapatrié ce mardi par avion militaire médicalisé vers la France "afin d'y poursuivre ses soins", selon le communiqué du ministère des Armées. "Malgré l'attention extrême du personnel médical, et sa prise en charge à l'hôpital, il n'a pas survécu à ses blessures", indique le ministère. Le sous-officier est "mort pour la France dans l'accomplissement de sa mission". Le chef d'état-major des armées, le général d'armée aérienne Fabien Mandon, "s'incline avec une profonde tristesse devant la mémoire de ce militaire mort en opération", adressant ses pensées à sa famille, à ses frères d'armes et à ses proches.

«Il est mort pour la France»

Le caporal-chef Anicet Girardin était déployé au Liban depuis le 23 janvier 2026 dans le cadre de l'opération DAMAN, nom donné à la participation française à la FINUL. Il y exerçait "en qualité de chef d'équipe cynotechnique", précise le ministère des Armées. Dans un message publié sur le réseau social X, Emmanuel Macron a salué "avec émotion la mémoire du caporal-chef Anicet Girardin et son sacrifice", adressant ses "pensées les plus sincères" et sa "profonde compassion" à sa famille, à ses proches, ainsi qu'aux familles des autres blessés. "Il est mort pour la France", a écrit le chef de l'État, rendant également hommage à "l'engagement exemplaire" des armées françaises au sein de la FINUL, "qui œuvrent avec courage et détermination au service de la France et de la paix au Liban".

Le caporal-chef Anicet Girardin et ses trois frères d'armes avaient été pris à partie par un groupe armé le samedi 18 avril à Ghandouriyé, localité située dans le sud du Liban, dans la région de Deir-Kifa. Les faits s'étaient produits au deuxième jour de la trêve conclue entre le Liban et Israël. Selon le communiqué du ministère des Armées, la patrouille française de la FINUL a été "prise à partie par un groupe armé dans le sud du Liban". "Lors de cette action de combat ayant entraîné le décès de l'adjudant Florian MONTORIO, le caporal-chef Anicet GIRARDIN et deux autres soldats sont blessés", détaille le ministère. L'adjudant Florian Montorio, du 17e régiment du génie parachutiste de Montauban (Tarn-et-Garonne), avait été tué sur place, touché par un tir direct à l'arme légère.

Un hommage national ce jeudi à Montauban pour l'adjudant Florian Montorio

Une cérémonie nationale d'hommage sera rendue ce jeudi 23 avril à 11h30 à l'adjudant Florian Montorio, au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, unité qu'il avait rejointe en 2021. La cérémonie sera présidée par la ministre des Armées Catherine Vautrin, en présence du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill. Les honneurs funèbres militaires seront rendus au sous-officier, élevé au grade d'adjudant à titre posthume. Une revue des troupes précédera l'arrivée du cercueil, avant une remise de décorations, une minute de silence et la Marseillaise. La dépouille de l'adjudant Florian Montorio avait été rapatriée en France le dimanche 19 avril.

Parmi les trois soldats français blessés dans l'embuscade, le caporal-chef Anicet Girardin avait été rapatrié le mardi 21 avril, en même temps qu'un second blessé. Le troisième "n'est plus hospitalisé", avait indiqué la ministre des Armées le même jour.

L'attaque du 18 avril est attribuée par la France et par l'ONU au Hezbollah, groupe chiite pro-iranien. Dès l'annonce de la mort de l'adjudant Florian Montorio, Emmanuel Macron avait estimé que "tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah", exigeant des autorités libanaises "qu'elles arrêtent immédiatement les coupables et prennent leurs responsabilités aux côtés de la FINUL". Quatre jours plus tard, le président de la République est allé plus loin, en désignant explicitement "des combattants du Hezbollah" comme auteurs de l'embuscade. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam avait de son côté fermement condamné l'attaque et ordonné l'ouverture d'une "enquête immédiate" en vue d'interpeller les responsables des faits.

Le caporal-chef Anicet Girardin est le troisième militaire français à perdre la vie depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février 2026. Le 13 mars dernier, l'adjudant-chef Arnaud Frion, du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère), avait été tué dans la région d'Erbil, en Irak, lors d'une attaque contre les forces françaises engagées dans la lutte contre Daech. Près de 700 militaires français sont actuellement déployés au Liban dans le cadre de l'opération DAMAN. Le contingent français arme principalement la Force Commander Reserve, unité de réaction rapide capable d'intervenir sur toute la zone d'action de la FINUL, qui compte au total environ 10 800 soldats déployés au sud du Liban depuis 1978.