Le dimanche 27 septembre 2026 à 12:32 - MAJ dimanche 27 septembre 2026 à 18:36
Cinq hommes ont été placés en garde à vue pour préparation d'un acte terroriste, après leur interpellation dans la nuit de samedi à dimanche près de la base aérienne de RAF Fairford, en Angleterre, utilisée par l'armée américaine pour mener des frappes contre l'Iran. Les suspects ont d'abord été arrêtés pour des infractions à la législation sur les explosifs dans le village de Whelford, situé en bordure de la base, près de Swindon, à environ 130 kilomètres à l'ouest de Londres. Ils ont ensuite été placés en garde à vue pour préparation d'un acte terroriste, selon la police antiterroriste citée par la BBC, une information confirmée par la Metropolitan Police auprès du Guardian. L'enquête est menée par le Counter Terrorism Policing, l'organisation qui coordonne la lutte antiterroriste au sein de la police britannique. Environ 85 foyers situés dans le secteur de la base militaire ont été évacués par précaution.
Tout est parti d'un appel reçu vers 00h45, heure locale (01h45 à Paris), signalant "trois véhicules suspects qui se dirigeaient vers RAF Fairford", a précisé dans un communiqué Richard Ocone, chef adjoint de la police du Gloucestershire. "Des policiers armés sont intervenus et ont interpellé cinq hommes dans le secteur de Whelford", a-t-il ajouté. Un périmètre de sécurité de 400 mètres a été mis en place autour des véhicules, examinés par l'unité de déminage de l'armée britannique.
Une riveraine aurait donné l'alerte
Selon un habitant de Whelford interrogé par Sky News, une riveraine aurait repéré les trois camionnettes et tenté de joindre la police de la base, sans succès. "Ça a simplement sonné dans le vide, alors elle a composé le 999", le numéro d'urgence britannique, a-t-il raconté. L'opération n'a pas été déclenchée à partir de renseignements, a indiqué la BBC, ce qui laisse penser que les enquêteurs n'avaient pas connaissance de cette possible attaque en amont.
Dans l'après-midi, des images aériennes des médias anglais ont montré un robot de déminage télécommandé inspectant les trois camionnettes blanches. Les portes arrière de deux d'entre elles étaient ouvertes, et de gros objets noirs étaient éparpillés autour. Selon SkyNews, du matériel aurait été saisi lors des interpellations, et il serait en cours d'analyse pour déterminer sa dangerosité et s'il pouvait techniquement servir à commettre un attentat. Un journaliste de l'agence Reuters a par ailleurs constaté que des policiers armés bloquaient l'accès à l'entrée principale de la base.
Un éventuel lien avec l'Iran examiné
En vertu de la loi antiterroriste britannique de 2000, les suspects peuvent être maintenus en garde à vue jusqu'à 14 jours sans être inculpés, soit jusqu'au 11 octobre. La police antiterroriste chercherait notamment à déterminer si l'Iran est lié à ce projet présumé d'attentat, selon Sky News, qui précise que son origine n'est pas encore connue. D'après le Guardian, les enquêteurs examinent si le projet a pu être commandité par l'Iran ou par un autre État, et des sources sécuritaires n'écartent aucune hypothèse. "Le travail pour établir la nature exacte de ces faits se poursuit", a déclaré Richard Ocone, qui a demandé au public "de ne pas spéculer".
Donald Trump, lui, a salué des arrestations "fantastiques". Interrogé par des journalistes dans l'Illinois, le président américain a affirmé que les suspects "cherchaient à faire de gros dégâts", et que la coopération entre Washington et Londres avait "très bien fonctionné". "Nous les avions sous surveillance depuis longtemps, et nous les avons eus", a-t-il assuré, ajoutant que l'opération avait peut-être été menée par Scotland Yard, sans en être sûr. Des propos qui contrastent avec les informations de la presse britannique sur l'absence de renseignement préalable.
BREAKING: Donald Trump responds to the suspected bomb plot at RAF Fairford
"Working with Britain, it was an amazing job. We had them under investigation. They were looking to do big damage to our fort, and working with the British worked out great and we got them" pic.twitter.com/PlChiTQlSx
— Politics UK (@PolitlcsUK) September 27, 2026
Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a estimé sur X que la situation était "profondément préoccupante pour les riverains", et a remercié la police, les services antiterroristes et les forces armées. "L'enquête se poursuit, et j'exhorte chacun à ne pas spéculer", a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement a été tenu informé depuis Liverpool, où se tient le congrès du Parti travailliste. Le ministre de la Défense, Wes Streeting, a indiqué s'être entretenu tout au long de la journée avec son homologue américain, Pete Hegseth, tout en refusant de commenter "une opération en cours". De son côté, l'US Air Force a refusé de s'exprimer sur les mesures de protection de la base, assurant que ses unités stationnées au Royaume-Uni "restent vigilantes".
I know today's incident near RAF Fairford will be deeply concerning for local residents and for many people following developments across the country.
My thanks go to Gloucestershire Police, Counter Terrorism Policing, our Armed Forces and all those working to keep the public…
— Andy Burnham (@andyburnham) September 27, 2026
Les habitants évacués ont été accueillis au centre de loisirs de Cirencester lorsqu'ils ne pouvaient pas être hébergés chez des proches. Julian Tudsbery a raconté avoir été réveillé vers 7 heures par des policiers, qui lui ont demandé d'évacuer sans pouvoir lui en dire davantage. La police assure travailler "aussi vite que possible" pour permettre aux riverains de regagner leur domicile, mais ces derniers pourraient devoir passer la nuit hors de chez eux, a prévenu Paul Hodgkinson, conseiller du comté du Gloucestershire, auprès de Sky News. "C'est clairement déstabilisant", a-t-il réagi.
Une base au cœur du conflit avec l'Iran
La base de RAF Fairford accueille des bombardiers américains depuis le début du conflit entre les États-Unis et l'Iran, le 28 février dernier. En mars, le gouvernement britannique, alors dirigé par Keir Starmer, a autorisé des opérations américaines qualifiées de "défensives" contre des sites de missiles iraniens depuis les bases britanniques. Selon Reuters, il s'agit de frapper les sites qui visent les navires dans le détroit d'Ormuz. En juillet, les Gardiens de la révolution iraniens ont averti Londres que "toute base utilisée pour une agression contre le territoire iranien constitue une cible légitime pour nos forces", a rappelé le Guardian. Le gouvernement britannique a alors assuré que ses forces armées étaient prêtes à protéger le pays contre toute attaque.