Mort d'Ali Khamenei : l'Iran confirme le décès de son guide suprême, Trump menace d'une riposte «sans précédent»

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué samedi dans les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran. Sa mort, annoncée par Donald Trump samedi soir, a été confirmée dimanche matin par la télévision d'État iranienne. Un deuil de 40 jours a été décrété et un triumvirat assurera la transition. Le président américain a menacé Téhéran d'une riposte "avec une force sans précédent" en cas de représailles.
Mort d'Ali Khamenei : l'Iran confirme le décès de son guide suprême, Trump menace d'une riposte «sans précédent»
L’ayatollah Ali Khamenei le 26 juin 2016.
Par La Rédaction
Le samedi 28 février 2026 à 23:15 - MAJ dimanche 1 mars 2026 à 10:10

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué samedi 28 février dans les frappes israélo-américaines lancées contre l'Iran. Annoncée dans la soirée par le président américain Donald Trump, sa mort a été confirmée dimanche matin par la télévision d'État iranienne.

"Khamenei, l'un des personnages les plus malfaisants de l'Histoire, est mort", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social samedi soir. Un peu plus tôt, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré devant la presse qu'il y avait "de nombreux signes" indiquant le décès du dirigeant iranien. "Ce matin, dans une puissante frappe surprise, le complexe du tyran Ali Khamenei a été détruit au cœur de Téhéran (...) et il y a de nombreux signes que ce tyran n'est plus en vie", avait-il déclaré lors d'une allocution télévisée.

Dimanche, vers 5 heures du matin heure locale, la télévision d'État iranienne a confirmé le décès du guide suprême, âgé de 86 ans, sans toutefois évoquer les circonstances de sa mort ni mentionner les frappes. Un deuil de 40 jours et sept jours fériés ont été décrétés. La transition sera assurée par un triumvirat composé du président Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï et d'un membre du Conseil des gardiens de la Constitution, a annoncé Mohammad Mokhber, conseiller du guide suprême, cité par la télévision d'État. Les Gardiens de la Révolution ont promis "un châtiment sévère" aux responsables.

En réponse, Donald Trump a menacé dimanche matin l'Iran d'une riposte militaire "sans précédent" en cas de représailles. "L'Iran vient de déclarer qu'il allait frapper très fort aujourd'hui, plus fort qu'il n'a jamais frappé auparavant. Ils feraient mieux de ne pas faire ça cela dit, car s'ils le font, nous les frapperont avec une force sans précédent", a-t-il écrit sur Truth Social.

Les médias iraniens ont également fait état de la mort de la fille, du gendre et de la petite-fille d'Ali Khamenei. Des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche matin sur la place Enghelab à Téhéran, certaines en pleurs, brandissant des portraits du guide suprême et des drapeaux de la République islamique aux cris de "A mort l'Amérique !" et "A mort Israël !".

Plusieurs hauts responsables tués

Selon la chaîne de télévision israélienne Channel 12, une photographie du corps d'Ali Khamenei avait été montrée samedi soir à Benjamin Netanyahu après avoir été récupérée dans les décombres de sa résidence. Dans une interview accordée à NBC, Donald Trump avait affirmé que "la plupart" des hauts responsables iraniens étaient "partis". "Les gens qui prennent toutes les décisions, la plupart d'entre eux sont partis", avait-il déclaré.

Outre Ali Khamenei, Téhéran a confirmé dimanche la mort de plusieurs hauts responsables, tués lors d'une réunion du Conseil de défense visée par les frappes : le chef d'état-major des forces armées Abdolrahim Moussavi, le chef des Gardiens de la Révolution Mohammad Pakpour, le conseiller du guide suprême Ali Shamkhani, et le ministre de la Défense Aziz Nasirzadeh. D'autres noms seront annoncés ultérieurement, a précisé la télévision d'État. L'armée israélienne avait annoncé samedi soir l'élimination de sept hauts responsables iraniens. "Une attaque a visé un rassemblement au cours duquel sept responsables du régime terroriste iranien ont été éliminés", avait déclaré le porte-parole de l'armée israélienne, le général de brigade Effie Defrin.

Ali Khamenei occupait la fonction de guide suprême de la République islamique depuis 1989, succédant au fondateur du régime, l'ayatollah Rouhollah Khomeini. Plus haut responsable politique et religieux d'Iran, il détenait un pouvoir quasi absolu sur les questions militaires, politiques et religieuses du pays. Né le 19 avril 1939 à Machhad, dans le nord-est de l'Iran, il avait été président de la République islamique de 1981 à 1989 avant d'accéder à la fonction suprême.

Les frappes israélo-américaines sur l'Iran

La mort d'Ali Khamenei est intervenue au terme d'une journée de frappes massives menées conjointement par les États-Unis et Israël contre l'Iran. L'opération, baptisée "Epic Fury" côté américain et "Roaring Lion" côté israélien, a débuté samedi matin avec des bombardements visant des dizaines de sites à travers le pays, notamment à Téhéran, Ispahan, Tabriz, Qom, Chiraz et Kermanshah. Le complexe résidentiel d'Ali Khamenei, situé dans le quartier Pasteur au centre de Téhéran, a été visé par une trentaine de bombes, selon la télévision israélienne.

Donald Trump a annoncé dans un message vidéo diffusé sur Truth Social que les États-Unis avaient lancé des "opérations de combat majeures" contre l'Iran, appelant le peuple iranien à "s'emparer du pouvoir". "L'heure de votre liberté est à portée de main", a-t-il lancé. Le ministère de la Défense israélien a de son côté qualifié l'opération de "frappe préventive" visant à "éliminer les menaces pesant sur l'État d'Israël".

L'Iran a riposté en lançant plusieurs salves de missiles et de drones en direction d'Israël et de bases américaines dans les pays du Golfe. Des sirènes d'alerte ont retenti à Jérusalem et dans plusieurs régions d'Israël, où de fortes explosions ont été entendues. Des bases américaines au Bahreïn, au Koweït et au Qatar ont également été frappées. Selon le Croissant-Rouge iranien, les frappes israélo-américaines ont fait au moins 201 morts et 747 blessés en Iran, dont au moins 85 personnes tuées dans une frappe ayant touché une école primaire de filles à Minab (Hormozgan), selon les médias d'État iraniens.