Le rappeur Moha La Squale conduit au dépôt en vue d'un déférement, une jeune femme retrouvée avec un «visage tuméfié»

Soupçonné d'avoir frappé deux jeunes femmes dans la nuit du 26 au 27 mai dans son appartement du XVIIIe arrondissement de Paris, le rappeur Mohamed Bellahmed, alias Moha La Squale, a été conduit au dépôt du tribunal en vue d'un éventuel déférement ce vendredi devant un magistrat du parquet.
Le rappeur Moha La Squale conduit au dépôt en vue d'un déférement, une jeune femme retrouvée avec un «visage tuméfié»
Moha La Squale lors de son concert à Nyon en Suisse, le 25 juillet 2019. (photo Melanie Lemahieu/shutterstock)
Par Actu17
Le jeudi 28 mai 2026 à 20:46

Le rappeur Moha La Squale, de son vrai nom Mohamed Bellahmed, a vu sa garde à vue prendre fin ce jeudi 28 mai au soir. Il doit être déféré vendredi devant un magistrat du parquet de Paris, après avoir été interpellé dans la nuit de mercredi à jeudi dans le XVIIIe arrondissement, soupçonné de violences sur une jeune femme rencontrée quelques jours plus tôt. Une seconde femme dit également avoir été giflée par l'artiste.

Selon le parquet de Paris, "dans la nuit du 26 au 27 mai 2026, la police a été requise rue Championnet par des voisins entendant des bruits de coups et une femme appelant à l'aide". "Personne ne leur ouvrant la porte, ils ont dû forcer l'entrée."Dans l'appartement, "ils ont découvert une femme présentant de multiples traces de coups, tandis que le suspect avait pris la fuite par la fenêtre". "Interpellé dans la rue, celui-ci s'est avéré être Mohamed Bellahmed, connu sous le surnom de 'Moha la squale'". Le rappeur a été placé en garde à vue, "alcoolisé".

Une soirée qui dégénère autour d'une Rolex

Toujours selon le parquet, "la femme a indiqué connaître le mis en cause depuis quelques jours, et avoir passé la soirée chez lui avec une autre femme, qui avait consommé de la cocaïne avant de quitter les lieux". L'élément déclencheur de l'agression aurait été la disparition d'une montre de luxe : "Mohamed Bellahmed ne retrouvant plus sa Rolex, il s'en était très violemment pris à elle". "Des photographies de ses blessures montrent son visage tuméfié", précise le parquet.

"La deuxième femme présente au début de la soirée, identifiée, a ajouté avoir été giflée elle aussi", indique encore le parquet de Paris.

Au terme de la mesure, "le parquet a ordonné la fin de la garde à vue de Mohamed Bellahmed le 28 mai 2026 au soir, et qu'il soit conduit au dépôt du tribunal, afin de permettre son déférement devant un magistrat du parquet le lendemain". Le parquet précise qu'une décision de déférement, soumise à des règles procédurales, ne peut pas être annoncée à l'avance et ne sera prise que vendredi. L'enquête a été confiée au commissariat du XVIIIe arrondissement.

Déjà condamné en 2024 pour des violences conjugales

Mohamed Bellahmed est déjà bien connu de la justice. En septembre 2020, plusieurs jeunes femmes ont porté plainte contre le rappeur, qui s'est retrouvé au cœur du mouvement #BalanceTonRappeur sur les réseaux sociaux. Le parquet de Paris a alors ouvert une enquête pour violences et agressions sexuelles, avant sa mise en examen en juin 2021. L'artiste a ensuite enchaîné les déboires : placement en détention provisoire en juillet 2022 pour violation de son contrôle judiciaire, puis une nouvelle mise en examen pour viol, ajoutée au dossier le même mois.

Assigné à résidence, il a pris la fuite à l'étranger fin 2023, avant d'être arrêté par la police allemande en vertu d'un mandat d'arrêt européen et remis à la France début 2024. Le 5 juillet 2024, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis probatoire pendant deux ans, pour des faits de violences par conjoint ou concubin, séquestration et menaces de mort sur conjoint ou concubin, commis entre 2017 et 2021 sur six anciennes compagnes. Le rappeur a été libéré le 25 août 2025.